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ASS dans les SPIP :
Les petites manoeuvres...

mardi 19 mars 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

De façon totalement opaque, la DAP est en train de déployer sa « pluridisciplinarité » au sein des SPIP, issue du protocole d’accord de 2009. Le sort qu’elle réserve aux assistants de service social est emblématique de sa volonté de cloisonner les services et d’éradiquer toute référence à l’accompagnement social des publics par les CPIP. La manœuvre utilisée témoigne une fois de plus de l’ignorance entretenue sur la réalité de nos métiers par les héritiers d’une époque que l’on croyait révolue.

Dans un premier temps, une publication de 18 postes en SPIP pour la CAP des ASS – aujourd’hui gérée par le ministère des affaires sociales – est envoyée aux personnels avec des délais extrêmement contraints pour faire des choix.
La circulaire mobilité du 20.02.2013 n’était pas accompagnée de la fiche de poste des ASS qui feraient ce choix. Cette fiche de poste d’ASS en SPIP, découverte au hasard d’une consultation de l’intranet justice, est totalement délirante. Les assistants de service social qui ont postulé ont donc clairement été trompés sur la marchandise !


La CGT a obtenu hier du Secrétariat Général le report du délai pour postuler au 28 mars au lieu du 19 mars, ainsi que la possibilité pour ceux qui n’ont pas eu le bon niveau d’information de modifier leurs vœux.

Dans un second temps, l’administration pénitentiaire nous explique que cette fiche de poste est « réservée » à ces 18 nouveaux venus. On verrait donc cohabiter au sein des SPIP des ASS sur des « missions de CPIP », et d’autres sur des « missions sociales ». A ce petit jeu là, la mobilité des ASS de la DAP va vite devenir une arme à double détente : ceux déjà en poste dans les SPIP qui demanderont leur mobilité en SPIP doivent savoir qu’ils le feront au prix d’un changement de leurs missions.

Qui peut croire, après plus de 3 ans de flou total sur l’avenir des ASS en SPIP, qu’il s’agit d’autre chose que d’une nouvelle volonté d’accélérer le processus de « recentrage sur le cœur de métier » élaboré dans le secret des alcôves de PMJ avec le SNEPAP-FSU ?

Encore une fois, tout ceci se fait sans aucune concertation avec les OS représentatives, sans aucun respect pour les règles régissant le dialogue social alors qu’il s’agit de réorganiser les services.


Au final, ce sont les attentes d’une majorité de professionnels CPIP et ASS, la pertinence de leurs interventions auprès des justiciables forcément en lien étroit avec les acteurs des politiques publiques, qui font les frais de choix politiques de la DAP.

Ces ASS interviendraient, depuis la RA où ils seront affectées, sur tout le département et plus particulièrement en milieu fermé.
Ils auront comme tâche l’appui aux CPIP en matière d’accès aux dispositifs de droit commun, de développer et évaluer les projets partenariaux, de participer à la rédaction des rapports sociaux à destination des partenaires, soutenir techniquement les CPIP pour la résolution des problèmes sociaux…

Se faisant, il s’agit clairement d’écarter les CPIP des réseaux partenariaux, de les cantonner dans une mission d’évaluation et d’aide à la décision judiciaire sans référence à l’accompagnement des publics, voire de suppléer aux tâches normalement dévolues aux cadres.


Pour rappel, le rapport Clément - Mounaud de mai 2011 évaluait – sur la base de ratios surréalistes d’un ASS pour 500 personnes incarcérées et d’un ASS pour 1000 personnes en milieu ouvert – le besoin en recrutements d’ASS à hauteur de 307. Depuis, la population pénale n’a cessé de croître…

C’est du grand n’importe quoi ! Une fois de plus, le bureau PMJ passe en force pour imposer sa conception gestionnaire déconnectée de la réalité des terrains et des besoins des publics pris en charge.
Comme si le cloisonnement pénitentiaire ne se suffisait pas, on va poser de nouveaux murs, saucissonner les prises en charge, segmenter les actes professionnels, traiter les usagers comme des dossiers à suivre et non comme des personnes à accompagner.

Les leçons du Pôle Emploi, de l’Hôpital Public… n’ont pas suffit pour qu’il faille continuer de faire cette même erreur avec la pénitentiaire quand on sait l’état du chantier !!!

Combien de fois faudra t-il répéter que la saturation des services déconcentrés de l’administration pénitentiaire est le résultat d’une décennie d’inflation pénale et de pénurie de moyens ? C’est à ces problèmes de fond qu’il faut s’attaquer, pas aux champs professionnels mis à mal par les logiques de gestion de flux !!!

Sous prétexte de « pluridisciplinarité », c’est donc bien à l’accélération des organisations tayloriennes que l’on assiste, et avec elles à l’appauvrissement organisé du contenu de nos métiers au profit de la poursuite d’une politique libérale de casse du service public et d’extension des champs du contrôle social.

Montreuil, le 19 mars 2013

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