Accueil > Communiqués > Nationaux > AVIS ET PROPOSITIONS DU CONTROLEUR DES LIEUX PRIVATIFS (...)

AVIS ET PROPOSITIONS DU CONTROLEUR DES LIEUX PRIVATIFS DE LIBERTE : LA CGT PENITENTIAIRE CONFORTEE DANS SES REVENDICATIONS

mardi 12 juillet 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
PDF - 97.2 ko
Communiqué à télécharger en PDF

Dans son avis du 17 juin 2011 publié au JO-RF le 12 juillet 2011, Monsieur Delarue, Contrôleur Général des Lieux Privatifs de Liberté, met l’accent avec justesse et objectivité sur le lien entre les droits fondamentaux des personnes privées de liberté et les conditions de travail des personnels pénitentiaires.

La CGT Pénitentiaire soutient activement les propositions de Monsieur Delarue et cet avis en général. En ce qui concerne l’administration pénitentiaire, le respect des droits fondamentaux des personnes détenues est conditionné par les conditions de détentions qui impactent sur les conditions de travail des personnels, et inversement.

La CGT pénitentiaire n’a cessé de faire le lien depuis des années entre conditions de travail et de détention. C’est elle qui a finalement obtenu que cette question soit intégrée aux groupes de travail à venir sur le suicide des personnels pénitentiaires. La souffrance au travail est devenue au fil des années de la souffrance du travail. Plus les conditions de détention sont difficiles pour les personnes incarcérées plus leur souffrance est active, et plus la souffrance du travail et l’épuisement professionnel deviennent intolérables pour les personnels. La surpopulation pénale, l’augmentation de l’incarcération des personnes présentant des troubles psychiatriques importants et le manque de moyens alloué aux missions d’insertion, ont aussi démultiplié les difficultés des professionnels.

Si un nombre intolérable de personnes incarcérées mettent fin à leurs jours en détention, il en est de même pour les personnels de l’administration pénitentiaire ! Pour rappel, le taux de suicide des personnels pénitentiaires est de 31% supérieur à celui de la population générale et de 15% supérieur à celui de la police ! La santé au travail des personnels pénitentiaires s’est fortement dégradée. Et plus les conditions de détention sont déplorables et inhumaines, plus les personnels s’épuisent professionnellement en tentant de maintenir un équilibre toujours plus précaire en détention, au détriment du sens donné à leurs missions.

La CGT Pénitentiaire demande au Gouvernement et au Ministre de la Justice de suivre et d’acter les recommandations émises par monsieur le Contrôleur Général des lieux privatifs de liberté, et d’exiger de l’Administration Pénitentiaire qu’elle en tire les conclusions nécessaires. Les revendications de la CGT Pénitentiaire prennent tout leur sens dans l’avis de Monsieur Delarue, à savoir :

- revalorisation de notre métier et de nos missions via l’accès à la catégorie B, le recrutement, une formation initiale reconnue et qualifiante, l’accès encouragé à la formation continue ;

- revalorisation des droits des personnels et abolition du statut spécial qui fait des agents des fonctionnaires sans droits, soumis à un management d’un autre temps ;

- respect des règles du dialogue social à tous les niveaux (local, régional, national), prise en compte de l’avis et de l’expertise des personnels dans l’organisation du travail ;

- augmentation des effectifs des fonctionnaires de la pénitentiaire - toute catégorie confondue – pour répondre aux exigences d’une autre politique pénale à repenser intégralement. La politique ultra-sécuritaire en plus d’être inefficiente est dangereuse et coûteuse, tant au niveau économique, social et humain, qu’en terme de santé au travail des professionnels ;

- mise en place d’un véritable plan d’action pour la santé des personnels et la prévention des risques psycho-sociaux.

Recommandation n° 12  : « Il est souhaitable que les organisations professionnelles soutiennent ces initiatives de telle sorte que leurs mandants soient encouragés à en bénéficier. Elles n’exonéreront en rien les chefs d’établissement et les responsables administratifs de leurs obligations de contribuer par ailleurs à améliorer des conditions de travail difficiles, de renforcer le dialogue social et d’être attentifs à la gestion des ressources humaines en général. Il existe, dans les métiers de la sécurité, une tradition qui impose à chacun d’être fort ; elle peut sans aucun doute être maintenue sans faire obstacle, pour l’exercice de la profession, au possible appel à un tiers de confiance et à des confidences. Enfin la supervision peut contribuer à mieux concentrer l’encadrement sur les tâches qui sont les siennes à l’égard de ses collaborateurs. Ainsi sera mieux assurée une des conditions indispensables au respect dynamique des droits fondamentaux des personnes privées de liberté, par une mission mieux assumée des professionnels qui en ont la responsabilité. »

Montreuil, le 12 juillet 2011.

Plan du site | Infos légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page