Accueil > Communiqués > Nationaux > Affaire criminelle de Pornic : LE BAL DES HYPOCRITES

Affaire criminelle de Pornic : LE BAL DES HYPOCRITES

mercredi 26 janvier 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
PDF - 81 ko

Les propos tenus hier par Nicolas Sarkozy, qui s’exprime à chaud dans une affaire criminelle en cours, font craindre la recherche urgente d’un bouc émissaire, en dehors de tout discernement et de tout sang-froid.

Depuis le début de ce tragique évènement, il a été dit tout et n’importe quoi, les informations fausses se disputant aux amalgames et approximations. Cette atmosphère n’est pas digne du respect dû à la victime et à ses proches. Elle ne favorise pas l’émergence sereine de la vérité. Il est inacceptable que le chef de l’état instrumentalise la situation pour servir ses propres intérêts.

Par ailleurs, il serait intolérable qu’on veuille trouver dans l’urgence des responsabilités du côté des personnels du SPIP. La seule chose évidente qu’illustre cette situation, c’est l’état lamentable des services d’insertion et de probation, qui connaissent une pénurie permanente de personnels et de moyens.

En effet, ce qui est « indicible », et « inacceptable », c’est que le président de la république qui s’exprime d’un air vengeur est celui-là même, qui, à la tête de son gouvernement, décide de recruter seulement 35 conseillers d’insertion et de probation quand il en faut plus d’un millier ! Ce qui est indicible, c’est que depuis trente ans, les services chargés de l’insertion et de la probation travaillent dans des conditions déficientes, ce qu’aucun pouvoir politique n’a jugé bon de résoudre. Ce qui est inacceptable, c’est qu’à l’occasion de ce drame, on puisse remettre en cause le professionnalisme des agents du SPIP !

La CGT pénitentiaire n’acceptera pas qu’un personnel du SPIP de Nantes soit sanctionné, remis en cause ou harcelé par qui que ce soit. Le SPIP de loire-atlantique est un exemple — très loin d’être isolé — de service qui n’est pas en capacité de prendre en charge l’ensemble des dossiers des personnes condamnées. Cette situation est d’ailleurs connue depuis de nombreux mois par l’administration pénitentiaire, les magistrats et le parquet.

Ce qui est dramatiquement mis en lumière, et ce que le gouvernement voudrait cacher sous le tapis, c’est la cruelle réalité des moyens des SPIP. Pourtant, la CGT Pénitentiaire tire la sonnette d’alarme depuis longtemps déjà. Plusieurs courriers, depuis novembre 2010, ont été adressés aux parlementaires, au garde des sceaux et au directeur de l’administration pénitentiaire. La CGT Pénitentiaire affirme que le gouvernement et le chef de l’état connaissent précisément l’état du manque d’effectifs dans les SPIP, et que les choix budgétaire récents aggravent cette situation.

Nombreux sont les « responsables politiques », à commencer par le président de la république, à gonfler les rangs du « bal des hypocrites ». Mais au lieu de chercher des coupables parmi les professionnels de la justice, ils feraient bien de commencer par regarder la réalité en face et assumer leurs politiques irresponsables !

Montreuil, le 26 janvier 2010

Plan du site | Infos légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page