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Annonces 1er Ministre à l’ENAP : Encore et toujours des places de prison comme solution…

jeudi 6 octobre 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Ce matin, le Premier Ministre, Emmanuel VALLS, accompagné du Garde des sceaux, était en déplacement à l’ENAP d’AGEN. Il présidait la cérémonie de clôture de la 190ème promotion d’élèves surveillants. Cette visite était pour lui l’occasion de préciser les différentes annonces faites par notre Ministre de tutelle les semaines précédentes, notamment lors de la présentation du rapport relatif à l’encellulement individuel et du PLF 2017.

Au préalable, le Premier Ministre a tenu à rappeler toute la considération qu’il portait aux personnels qui œuvrent chaque jour dans la plus grande difficulté, à la bonne exécution du service public pénitentiaire.

Passées ces formalités d’usage, il entrait dans le vif du sujet pour évoquer le futur programme immobilier pénitentiaire, dont les grandes lignes nous avaient déjà été présentées par Mr URVOAS, la veille de la remise de son rapport sur l’encellulement individuel, le 19 septembre 2016.

Concrètement, c’est près de 33 nouveaux établissements pénitentiaires (32 Maisons d’Arrêts et 1 Centre de Détention) et 28 quartiers de préparation à la sortie (12 réhabilitations de sites et 16 créations) qui viennent de nous être annoncés. Une priorisation sera portée sur 9 agglomérations : Nîmes ou Alès, Strasbourg, Toulouse-Muret (site pénitentiaire existant), Nice, Avignon ou Carpentras, Nantes ou Saint-Nazaire ainsi que trois en Ile-de-France : en Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d’Oise.

Où sont passés les engagements de projets dit « prioritaires » fait sur certains sites lors de déplacements récents de membres du gouvernement ? Quid des fermetures ou non ? Que ce soit de la part d’élus, de collègues ou de journalistes, les questions fusent déjà sur les terrains !

Le ministère a demandé à plus de 40 préfets de départements, d’identifier sur leur territoire, les différents terrains, publics ou privés, qui pourraient accueillir les futurs établissements pénitentiaires. Ces propositions devront être transmises avant le 16 Décembre 2016 pour qu’un arbitrage définitif puisse être rendu début janvier 2017.

Présenté comme une mesure phare pour lutter contre la surpopulation pénale, ce futur projet de construction ne pourra résoudre à lui seul ce fléau qui gangrène notre administration.

Pour la CGT Pénitentiaire, s’il ne fait aucun doute que le parc pénitentiaire est vieillissant et qu’il nécessite donc de nombreuses rénovations ou remplacements sans ouvertures de places supplémentaires, l’axe principal doit être une évolution considérable de la politique pénale.

Quand pourrons-nous enfin mettre sérieusement en débat la question si prégnante de l’alternative à l’incarcération ?

De plus, à la lecture des différents projets énoncés ci-dessus, la CGT pénitentiaire ne peut que s’étonner de la trop grande capacité d’hébergement prévue pour ses nouveaux établissements, bien loin des structures à tailles humaines tant attendues et annoncées par le Ministre !

En définitif, ces annonces ne permettront jamais de lutter efficacement contre la surpopulation pénale et donc, de surcroît, de permettre à nos collègues, d’exécuter les missions de service public qui leurs sont confiées, dans de bonnes conditions.

A quelques mois de grandes échéances politiques, la CGT Pénitentiaire reste perplexe quand à l’objectif réel de cet intervention.
L’échéance des premières ouvertures n’étant possible qu’à un horizon d’au moins six à dix ans, comment allons-nous travailler jusque-là ?

Montreuil, le 06 Octobre 2016

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