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Annonces de M. URVOAS Concernant la sécurité pénitentiaire et l’action contre la radicalisation violente

mardi 25 octobre 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Jean Jacques URVOAS présentait ce matin aux organisations syndicales représentatives, son plan d’action sur « la sécurité pénitentiaire et l’action contre la radicalisation violente ».

C’est au pas de charge que le ministre a égrené une série d’annonce, pressé qu’il était de retrouver dans un deuxième temps la presse, qui l’attendait dans une salle attenante. Il faudra attendre une deuxième réunion de clarification puisque le ministre n’a répondu à aucune question posée.

La CGT aura besoin de recul pour lire l’intégralité du document support de 36 pages qui nous a été envoyé. Mais schématiquement, voilà ce qu’il en ressort sur la forme et le fond :

Ce qu’a annoncé le Garde des Sceaux :

-  Abandon des unités dédiées actuelles.

-  Création d’une sous-direction de la sécurité pénitentiaire prévue en février 2017.

-  Poursuite de la sécurisation des établissements pénitentiaires : 58,6 millions d’euros y seront affectés : 32,4 millions pour la sécurisation passive et active du parc pénitentiaire ; 14,7 millions pour les équipements de neutralisation des communications illicites ; 5,3 millions pour la vidéo protection des établissements ; 5,6 millions pour la sécurisation périmétrique des établissements, 0,6 millions pour le développement numérique en détention.

-  Armement : Les personnels seront armés pour toutes les missions extérieures à l’établissement.

-  Création d’équipes de sécurité pénitentiaire (ESP) : les PREJ seront intégrés dans ces ESP et participeront également au transfèrement et extractions médicales. Y seront intégrés également les ELAC. Sur ce point, indépendamment de ce que nous en pensons, cette annonce est scandaleuse : Le ministre tranche une question qui devait faire l’objet d’un nouveau débat avec les syndicats.

-  Recrutements : Un plan pluriannuel de recrutement sera défini afin d’assurer un déploiement progressif des ESP sur l’ensemble du territoire. Dès 2017, 51 recrutements auront lieu pour les équipes de renseignement et pour les CPIP, un recrutement de 90 contractuels aura lieu également.

Le garde des sceaux nous indique, concernant les protocoles de prise en charge des détenus radicalisés : 6 quartiers d’évaluation (pendant 4 mois) de la radicalisation (QRE) seront créés. Ces quartiers pourront accueillir au total 120 personnes détenues, soit 20 par quartier. Ils seront situés géographiquement sur : Fresnes, Fleury (2), Osny, et en création 1 sur la DI de BORDEAUX et l’autre sur la DI de MARSEILLE. Egalement, une structure sera dédiée à FLEURY pour les détenues femmes.

Après ce passage dans les QRE, un aiguillage sera effectué sur différents établissements ciblés avec un niveau de sécurité adapté :

-  Pour les détenus les plus violents, 100 places seront créées dans des maisons centrales,
200 places à l’isolement dans des MA et établissements pour peine.

-  Pour les détenus au profil moins dangereux, 27 établissements seront ciblés pour une prise en charge spécifique avec une sécurité adéquate et du personnel de surveillance supplémentaire.

La CGT prend acte de ces annonces et entend prendre le temps nécessaire pour une analyse plus conséquente. Pourtant, quelques interrogations et critiques lui viennent :

-  Pourquoi une telle annonce fourre-tout où la question du renseignement et de la radicalisation violente est annoncée en même temps que la structuration pénitentiaire des EJ, escortes, etc, qui devaient faire l’objet d’une nouvelle discussion post séminaire ?

-  Sachant qu’aucun crédit ni emploi n’est crédité au budget 2017 pour répondre à ce plan d’action, d’où le ministre sort-il ses annonces ? Seuls sont crédités au PLF les emplois issus du relevé de conclusions qui doivent servir au renfort des organigrammes de détentions ? Qu’aucun ne « s’amuse » à nouveau à prendre sur la bête ! La CGT n’oublie pas non plus la question des effectifs de PA et PT, qui seront touchés par ricochet.

-  Concernant le renseignement pénitentiaire qui aurait mérité un traitement à part et sauf à découvrir des lièvres dans le document support, la CGT considère que le choix fait par le ministre de ne pas regrouper les détenus radicalisés sur une ou deux structures va plutôt dans le bon sens.

-  La CGT reste toutefois inquiète sur le guide de repérage des détenus radicalisés qui doit être un outil d’aide à la détection pour les collègues en détention et en SPIP. La proposition faite aujourd’hui semble être de nature à ce que les collègues, au regard de l’absence de formation et des conditions de travail, multiplient des signalements contreproductifs.

La CGT a saisi l’occasion de dire au ministre que le dialogue social actuel ne convenait plus. Le temps des projets ficelés « tout en haut », sans débat possible, doit être révolu !

Nous voulons être des partenaires mais certainement pas des supporters !

Montreuil, le 25 octobre 2016.

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