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Antenne SPIP :
Silence... On ferme

jeudi 13 juin 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

« L’approche par le processus du parcours d’exécution de peine, du pré au post sententiel, présuppose de pouvoir appuyer la prise en charge sur un système d’information urbanisé qui présuppose l’interropérabilité des applicatifs « métier » en fonctionnement et/ou en développement fonctionnel ou en projet : CASSIOPEE, APPI, GIDE et futur GENESIS etc. » ; contribution de l’Administration Pénitentiaire à la conférence de consensus…

Et pendant que tout ce petit monde se congratule dans les salons feutrés, l’administration continue sa politique non concertée et souterraine de fermeture d’antennes SPIP, au mépris des conséquences pour les personnels et le service public rendu aux populations. La direction de l’administration pénitentiaire ne s’en cache même plus, puisqu’elle affirme elle-même à propos des créations d’antennes SPIP que « si c’était à refaire »…

Après une première tentative avortée sous Dati et Alliot-Marie, la DAP a resservi le couvert. Mais chat échaudé craignant l’eau froide, elle a pris bien soin d’élaborer une stratégie à la Ponce Pilate – bien connue de nos camarades de la PJJ – qui consiste à laisser les DISP évaluer elles-mêmes, avec la collaboration des directions locales qui se gardent bien d’en informer les représentants des personnels, la viabilité des antennes sur la base de critères connus d’elles seules. Elle prend bien soin de frapper les antennes une par une, jamais deux fois consécutivement sur la même région, pour éviter les réactions collectives.

Depuis plus de 3 ans, les antennes d’Abbeville et Péronne sont l’objet d’une lutte entre l’administration et les personnels locaux soutenus par la CGT Pénitentiaire. Aujourd’hui, c’est l’antenne de Lure qui est clairement dans le collimateur de l’administration. Ces combats sont emblématiques : si on lâche, des centaines de collègues feront demain les frais de la restructuration et de la flexibilisation.

CE COMBAT EST COLLECTIF, IL CONCERNE CHACUN D’ENTRE NOUS.

Les mobilisations locales des personnels et des élus, les pétitions et les multiples interpellations du ministère ne suffisent plus : le rouleau compresseur libéral s’affranchit des réalités territoriales, des aspirations et des conditions de travail des personnels, des règles du dialogue social et des principes fondateurs de notre service public. Demain, se sera probablement au tour de Saint Quentin, de Cambrai, de Bernay, de Carpentras, de Rochefort, de Fontainebleau… de passer à la casserole.

C’EST ENSEMBLE QUE NOUS POUVONS INVERSER LA TENDANCE

« Mutualiser », « départementaliser », c’est renoncer à revendiquer les moyens nécessaires au bon fonctionnement du service public, au profit de la flexibilité des agents, au détriment de leurs conditions de travail et de la pertinence de la prise en charge des publics. Nos missions ne peuvent se concevoir autrement qu’en prise directe avec et à l’écoute des territoires et des populations. Tout le reste, c’est du verbiage abscons de gestionnaires pour justifier, sous couvert de « recentrage sur un cœur de métier », la restructuration du service public et servir au passage quelques intérêts corporatistes.

Parlez-en autour de vous avec vos collègues de la PJJ, de la Santé, de l’UNEDIC, de l’Education Nationale, etc. Ils vous diront les conséquences désastreuses de ces politiques mises en œuvre hier par la droite conservatrice au détriment d’un modèle social fondé sur les solidarités, poursuivies aujourd’hui par la gauche libérale. La restructuration du service public ouvre grand les portes de da déqualification professionnelle et de la privatisation.

Exigeons LES VRAIS MOYENS d’exercer NOTRE METIER au bénéfice de NOS MISSIONS de SERVICE PUBLIC.

50 personnes suivies par travailleur social Ouverture de négociations sur les organigrammes des SPIP Arrêt du déploiement du DAVC Arrêt des fermetures d’antennes Fin de la pré-affectation sur postes vacants Remise à plat de la formation initiale sanctionnée par un titre qualifiant Allocations budgétaires répondants aux besoins de prise en charge des condamnés Recréation d’un espace de dialogue social spécifique aux SPIP Abolition du statut spécial hérité de la Guerre d’Algérie

STOP ! à la dérive gestionnaire qui vide de sens notre intervention en la coupant des territoires et des populations, pour répondre aux seules logiques sécuritaires et économiques libérales de court terme !

OHÉ, les « stratèges » de la « prévention de la récidive » perdus dans les méandres de vos « applicatifs métier » ! Redescendez sur terre avec les équipes et la population pénale, C’EST LA ET NULLE PART AILLEURS QUE ÇA SE PASSE !

Exigeons de pouvoir exercer dignement notre métier, en prise avec les réalités humaines et sociales des populations confiées au service public pénitentiaire dans une perspective de réinsertion dans la société. Ne laissons pas l’administration se débarrasser des actes professionnels qui apportent une valeur ajoutée à notre mission de service public, ne la laissons pas nous enfermer dans ses logiques sécuritaires et libérales déconnectées des acteurs du droit commun et des besoins des populations prises en charge. Notre intervention n’a pas pour finalité de faire de nous les « chevilles ouvrières » de la lutte contre la récidive, mais bien d’être des acteurs agissant au cœur des territoires et des établissements pour favoriser la réintégration sociale des condamnés.

LES FERMETURES D’ANTENNES SPIP REPONDENT A LA SEULE VOLONTE DE RESTRUCTURATION DU SERVICE PUBLIC ET A L’ABANDON PAR l’ETAT DE SES MISSIONS DE SOLIDARITE

ELLES DOIVENT IMMEDIATEMENT CESSER, SINON DEMAIN A QUI LE TOUR ?

RAS LE BOL DES ANNONCES DES ACTES, MAINTENANT !!!

Montreuil, le 13 juin 2013

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