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BUDGET 2011 : LA PENURIE ORGANISEE !

mercredi 29 septembre 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Budget 2011

Le budget 2011 a été présenté cet après-midi aux organisations syndicales.

D’un point de vue national, le budget présenté est un budget de régression sociale sans précédent ! Pendant que les cadeaux fiscaux faits aux riches continuent, le gouvernement supprime plus de 30000 postes dans la fonction publique ! Alors qu’on trouve le moyen de renflouer les banquiers quand ils jouent avec le feu, il faudrait que les travailleurs et travailleuses se serrent la ceinture ! Il faudrait que les fonctionnaires travaillent avec de moins en moins de moyens ! L’éducation, la santé, les services publics en général sont victimes d’une entreprise de destruction méthodique de la part du gouvernement Sarkozy / Fillon.

Pour la justice et la pénitentiaire, c’est un comble ! Madame le ministre nous explique qu’il faudrait être satisfait de ce budget, sous prétexte que la Justice est le seul ministère qui voit ses effectifs augmenter ! Mais c’est oublier que les 550 postes créés dans la pénitentiaire ne couvriront même pas les ouvertures d’établissements prévues ! La pénurie est donc non seulement connue, mais elle est maintenant organisée ! Comment l’administration pénitentiaire pourra assumer ses missions ? Comment les personnels de surveillance, les personnels administratifs, les personnels techniques et les travailleurs sociaux pourraient travailler dignement quand on officialise le sous-effectif ?

Du bout des lèvres, la Ministre évoque par ailleurs la possibilité d’économiser des personnels en fermant les miradors ! Tout à coup, et alors même que les derniers établissements battent des records de hauteur en la matière, la chancellerie nous explique que les miradors n’ont jamais prouvé leur utilité. Formidable ! Où sont les rapports qui le disent ? Nulle part ! Combien d’analyses faites sur la question ? Aucune ! Quand ont eu lieu les discussions avec les organisations syndicales ? Jamais ! A la CGT, nous sommes prêts à débattre de tout, à réfléchir sans tabou au fonctionnement des prisons. Sauf que cette mesure, si elle est décidée, ne serait pas la conséquence d’une telle réflexion mais aurait uniquement pour cause la recherche d’économies à tout prix !

Aujourd’hui, la politique immobilière, les organisations de service, les rythmes de travail, les fermetures d’établissements et d’antennes SPIP ; tout est décidé selon un même critère : les économies de personnels. Pendant que la construction des prisons privées remplit les poches de Bouygues et d’Eiffage, les personnels du service public pénitentiaire sont à l’agonie. Les personnels de surveillance en danger permanent du fait des effectifs insuffisants, les personnels administratifs en souffrance faute de renforts suffisants, les travailleurs sociaux qui produisent de l’aménagement de peine en série à flux tendu, les personnels techniques dont la disparition est organisée ... Et nous devrions nous satisfaire de ce budget ? Nous devrions nous satisfaire du message qui est adressé : continuez, les choses ne peuvent qu’empirer ?

Autre annonce d’effectuée à l’occasion : la bascule de certaines missions, auparavant dévolues au ministère de l’intérieur, vers la pénitentiaire. En l’occurrence, la responsabilité du transfert et de la garde judiciaire des PPSMJ devraient, d’ici 3 ans, revenir à l’administration pénitentiaire. Selon quelles modalités, avec quels moyens, dans quel intérêt, mystère …

En fait, le ministère continue sa politique d’affichage, multiplie les belles paroles et les mots creux. Aucun chiffre précis, aucune donnée vraiment fiable n’ont été pour l’instant transmis aux syndicats. Pourtant, ce camouflage ne dupe personne.


Non seulement, nous ne sommes pas satisfaits, mais nous disons haut et fort que le budget présenté aujourd’hui va qu’accroître les difficultés rencontrées dans la pénitentiaire et à la Justice et que, encore une fois, les personnels et les justiciables en paieront le prix.

Montreuil, le 29 septembre 2010

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