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BUDGET 2012 Le déni de Justice

jeudi 29 septembre 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

L’annonce du projet de budget pour le ministère de la Justice par le Garde des Sceaux le 28 septembre 2011 est une provocation pour les professionnels et les justiciables.

Il consacre le programme de campagne électorale de Sarkozy, en déployant l’essentiel des moyens sur les mesures annoncées en fanfare ces derniers mois : jurés populaires, réforme de la justice des mineurs, accroissement du parc pénitentiaire.

Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, c’est un budget de pénurie, qui n’est pas prêt de répondre au manque criant de moyens qui s’accumule depuis une décennie. C’est même à une véritable mise en coupe réglée du service public que le ministre s’est livré, pour satisfaire exclusivement au populisme pénal.
Pour l’administration pénitentiaire, la pénurie de moyens mise en lumière lors des mouvements sociaux du premier semestre et l’incontestable dégradation des conditions de travail de tous les personnels, vont donc s’accroître.

Mis à part les 250 emplois déjà prévus, et déjà insuffisants, alloués aux nouvelles missions d’escorte judiciaire, il faudra se contenter de 290 emplois créés en 2012, alors même que 892 places de prison vont être mises en service, que le sous-effectif est criant dans les établissements existants, et que les SPIP croulent sous une charge de travail considérable et non maîtrisée.

Cette année, les marges de manœuvre budgétaires vont être englouties par le programme immobilier qui coûte aujourd’hui une fortune, encore plus demain avec les 30000 places supplémentaires promises par Sarkozy. En effet, le budget consacré au programme immobilier ne cesse de croître : loyers, partenariats public-privé, contrat en gestion déléguée … Tout ça au détriment des moyens alloués pour le bon fonctionnement des établissements pénitentiaires et les budgets d’insertion des SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de probation). C’est donc la capacité d’intervention du service public qui est chaque jour un peu plus paralysée.

Le projet de budget pour la Justice qui va être présenté au Parlement est donc un déni de justice et une véritable hérésie économique.


Les personnels et les usagers ne peuvent accepter une telle casse du service public au profit des marchands de béton. La meilleure réponse face à cette provocation est celle apportée en ce moment même par les personnels de Moulins, de Roanne ou du Havre : une mobilisation unitaire de tous les personnels, tous corps confondus, pour défendre le service public et nos conditions de travail.

Montreuil, le 29 septembre 2011

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