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BUDGET 2013 :
ADMINISTRATION PENITENTIAIRE BALLADE A L’ASSEMBLEE

jeudi 11 octobre 2012  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Décidément le changement dans la continuité devient fort agaçant. Non seulement le projet de budget 2013 est assez identique à celui de 2012 (mise à part le point non négligeable sur le programme immobilier), non seulement les collègues depuis quatre mois non pas vu l’once d’un début de changement de leur situation, non seulement l’équipe DAP actuelle était déjà là sous le précédent gouvernement : pourquoi ferait elle alors une autre politique ? Mais cerise sur le gâteau, ça tourne de façon aussi caricaturale à l’Assemblée Nationale.

En effet, se tenait le mercredi 10 octobre 2012, à la dite assemblée, une rencontre avec le rapporteur du budget pénitentiaire. Quelle ne fut pas notre surprise de constater que le rapporteur de cette rentrée était un député de l’UMP.

Avenant, le personnage n’en n’avait cure que nous lui parlions d’emplois, de moyens des services, de statuts, d’indemnitaire, de ratios, de taux d’encadrement, d’indicateurs de performances, de surpopulation pénale, de sécurité, de démocratie locale, d’établissements vétustes… et encore moins de missions des personnels et de service public ! D’emblée, le député a été cash, nous expliquant que rapporteur ou pas il était dans l’opposition, et que tout ce qui l’intéressait était de mettre en avant dans son rapport l’inconséquence d’une ministre qui était revenue sur le programme immobilier voté lors de la précédente législature et son corollaire naturel pour le précédent gouvernement : le partenariat public privé (PPP) « qui offrirait quelques avantages » et la nécessité de porter le parc pénitentiaire à 80000 places.

Il était devenu alors extrêmement complexe pour notre délégation d’amener cet échange sur le fond du projet de budget. Même si nous avons fait le job en rappelant que le niveau d’emploi proposé était insuffisant pour faire face aux charges de travail et répondre aux missions, que les budgets de fonctionnements étaient essentiellement absorbés par les gestions déléguées et autres loyers PPP… au bout d’une demi-heure, l’intéressé nous a dit qu’il ne nous restait que dix minutes ! Autant dire qu’avec pareil rapporteur, le gouvernement s’est doté d’une arme fatale qui va peu porter la parole des personnels et encore moins de la majorité devant l’hémicycle.

Décidément, c’est une grande déconvenue pour les collègues qui après cinq années difficiles étaient en droit de s’attendre à une rupture qui passait par une rupture budgétaire. Ceci sans compter que les personnels attendaient des gestes forts qui leur montrent que leur vie au travail et leurs missions s’améliorent…

Entre les grandes déclarations d’intention d’un côté et le dogme de la rigueur budgétaire de l’autre, les personnels vont se retrouver au milieu du gué. Cette absence de cap flagrante, comme l’absence de tout arbitrage du Ministère pouvant ramener la sérénité et des perspectives, offrent à l’administration pénitentiaire un chèque en blanc pour dérouler brutalement et dans la continuité sa politique du chiffre et de gestion des flux.
Cela se fera une fois de plus au détriment des charges et de l’intensité du travail des personnels, de la reconnaissance de leurs métiers et de la crédibilité d’un service public qui reste sous la menace de la restructuration.
Si les parlementaires n’amendent pas ce projet de budget et ne délivrent pas un avertissement au gouvernement lors des débats sur le projet de loi de finances, la rupture ne se fera pas là où elle est attendue. Nous les rappelons à leurs engagements à la veille du vote du budget et de la préparation du triennal à venir. Les grands discours sonneront creux si les moyens concrets ne sont pas mis sur la table.

La commission des lois examinera le projet de budget le 18 octobre. Il passera ensuite en plénière à l’assemblée nationale le 30 octobre. D’ici là, la CGT Pénitentiaire demande à ses militants d’interpeller les parlementaires de la majorité pour les rappeler à leurs engagements.

Montreuil, le 11 octobre 2012

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