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BUDGET 2013 de l’Administration Pénitentiaire

mercredi 3 octobre 2012  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

S’il est évident que le ministère a parfaitement maîtrisé sa communication devant la presse, la déclinaison du budget 2013 pour l’administration pénitentiaire confirme les craintes déjà soulevées par la CGT pénitentiaire.

■ VOLET EMPLOI.

Hier soir, l’administration a annoncé 133 créations nettes d’emplois et 1220 recrutements tous corps confondus :

  • Pour la filière surveillance, 201 postes couvriront les nouveaux établissements (Rodez, Condé sur Sarthe, UHSI – UHSA, etc) et les départs à la retraite. La pénurie sur les coursives des autres établissements attendra.
  • 32 postes pour le PSE, sûrement pour parvenir à réaliser l’objectif fixé à 12000 placements par an. La CGT aimerait bien connaître le coût réel de cette politique considérée comme prioritaire pour vider les prisons à tout prix.
  • Pour la filière insertion et probation proprement dite, il faudra se contenter de 51 postes quand on attend toujours les 1000 de la loi pénitentiaire…
  • Pour les filières administrative et technique, les créations de poste sont à la hauteur de l’intérêt qui leur est porté : 3 créations de postes administratifs et 3 créations de postes techniques !!!
  • Enfin, 35 personnels contractuels seront recrutés : 20 psychologues pour les SPIP et 15 aumôniers.

En parallèle, on nous annonce le redéploiement de 160 emplois. Cela veut dire que l’administration entend faire tomber le couperet de restructurations afin de récupérer artificiellement de l’emploi selon des calculs qu’elle est la seule à connaître et qu’elle ne veut surtout pas partager : fermeture de miradors, délégation des permanences d’orientation pénale, plateformes interrégionales, mutualisation des services, moratoire sur la création de nouveaux PREJ… Ne nous avait-on pas annoncé la fin de la RGPP ?

L’annonce de la reconduction d’enveloppes (dont le montant ne nous a pas été communiqué) pour l’embauche de réservistes et de contractuels n’est pas à même de nous rassurer. La gestion « à la petite semaine » au détriment de la reconnaissance professionnelle des agents, de la réalité de leurs conditions de travail et d’une vision à long terme de la valeur ajoutée des missions du service public, tranche avec les ambitions affichées.

■ VOLET IMMOBILIER.

L’administration confirme que seuls les projets déjà engagés feront l’objet d’un financement sur 3 ans :

  • Projets en cours confirmés : rénovation Fleury, Orléans, Rodez, Draguignan, Baumettes 2, Papeari, Vendin-le-viel.
  • Ouverture des quartiers nouveau concept de Longuenesse, Brest, Lorient-ploemeur.
  • Extension des établissements de Ducos, Majicavo, Rémire-montjoly, Bonneville et du SPIP Réunion,
  • Ouverture des QSL de Nanterre, Bois d’Arcy, Poitiers, Toulon, Boulogne, Rennes.
  • Création des établissements de Valence, Riom, Beauvais.
  • Rénovation de La Santé.

Tous les autres projets sont pour le moment suspendus. L’administration projette une population pénale de 65000 pour 2013 et le ministère table pour une baisse à hauteur de 63500. Nous aimerions que les annonces définitives ne tardent plus afin que les collègues sachent à quoi s’en tenir.

■ VOLET MESURES CATEGORIELLES.

Une enveloppe de 7,2 millions d’euros est débloquée. A défaut de plus de précisions sur l’allocation réelle de cette somme et les projets de l’administration pour chaque corps, nous savons juste que cette enveloppe servira :

  • à la mise en place de l’IFO pour la filière insertion et probation (CSIP et DPIP normalement)
  • au financement de la réforme statutaire de la filière insertion et probation
  • aux mesures indemnitaires pour les CPIP et les personnels techniques
  • au projet de réforme du statut des personnels de surveillance dont l’enveloppe risque d’être bien maigre.

■ VOLET BUDGETS DE FONCTIONNEMENT ET D’INTERVENTION.

Les loyers versés aux bétonneurs et le coût de la gestion déléguée continueront de grever les capacités d’intervention du service public : rénovation, entretien, locaux, partenariats… vont toujours être soumis aux aléas du coût des dépassements d’honoraires générés par la gestion privée des établissements. La baisse annoncée de 7,5% des budgets de fonctionnement pèsera exclusivement sur le service public, alors que le privé ponctionnera encore 50% des budgets.

Le décalage entre le discours de la Ministre et les moyens mis sur la table risque vite de montrer les limites de l’exercice. Une ambition ne se construit pas avec une conférence de consensus sur la « prévention de la récidive » ou des idées généreuses. A moyens constants, avec une circulaire de politique pénale bien tiède, il n’y aura pas de miracle et la rupture tant attendue n’interviendra pas.

La rigueur budgétaire voulue par le gouvernement Ayrault contre les intérêts du service public et de ceux qui le servent sonne le glas des beaux discours : les contraintes budgétaires priment sur l’intérêt général. Les gestionnaires tiennent toujours les clefs de la boutique, bien loin des réalités du terrain, des aspirations des personnels et de la prise en compte de leurs conditions de travail.

La CGT Pénitentiaire appelle tous ses militants à saisir les parlementaires, et plus particulièrement ceux de la majorité, pour les rappeler à leurs engagements avant le débat budgétaire au Parlement.

Dans tous les cas, la CGT Pénitentiaire a jusqu’à présent rempli son rôle d’organisation en s’inscrivant dans le dialogue. Hélas, il est désormais clair que ce ministère n’est pas en capacité de rompre avec la logique antérieure de casse du service public et de paupérisation des fonctionnaires. Nous concernant, la sanctuarisation annoncée du budget de la Justice relève plus d’une stratégie d’enfumage.

Montreuil, le 3 octobre 2012

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