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Boycott du conseil d’administration de l’ENAP du 24.03.2011

mardi 22 mars 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Monsieur le Directeur,

Je reviens vers vous pour vous confirmer que la position de la CGT Pénitentiaire consistant à boycotter le CA de l’ENAP est plus que jamais d’actualité.

Le 9 mars, je vous faisais savoir que vos choix arbitraires de restructuration de l’organisation de l’école, qui impacte fortement sur les personnels en créant une ambiance détestable et un marasme sans précédent ici, est malheureusement toujours d’actualité.

Depuis, chaque jour est une nouvelle occasion pour apprendre les rumeurs les plus folles, confortées par vos choix illisibles et l’ambiance apeurée qui règne à l’école. Après avoir réduit les élèves surveillants au silence par vos méthodes d’un autre temps, allant jusqu’à vous octroyer le droit de réviser arbitrairement la notation des stagiaires, voilà que les autres corps de métiers subissent votre management. Les 14ème et 15ème promotions de CIP, dont les élèves sont livrés à eux-mêmes sur des terrains dont tout le monde connaît la situation catastrophique, ont toutes les peines du monde à se concentrer sur l’objet même de sa présence à l’ENAP : l’apprentissage d’un métier complexe en pleine mutation. Maltraités dans les services où ils pallient à la surcharge de travail, et ce sans aucun soutien de l’ENAP face aux injonctions autoritaires des directions locales, ils doivent de plus attendre patiemment votre bon vouloir qui consiste à garder le silence sur vos projets pédagogiques et l’organisation des calendriers de la formation.

Il en va de même pour la 3ème promotion de DIP pour laquelle les remaniements des plans de masse imposés à la hussarde décrédibilise le contenu même de la formation, en réduisant les périodes d’application sur le terrain à la portion congrue.

Et que dire de la confusion autour de la situation statutaire des CIP chargés de formation à l’ENAP, situation ubuesque à laquelle personne ne semble en capacité d’apporter de réponse. Ce sont pourtant bien eux qui quotidiennement exercent cette mission fondamentale de transmission des savoirs !

Ce n’est pas en favorisant les petits arrangements entre amis, les rumeurs et le système D que vous allez parvenir à créer une ambiance sereine propice à une formation de qualité, indispensable pour garantir la professionnalisation des personnels. Compte tenu de la situation actuelle de l’administration pénitentiaire, qui connaît une surchauffe sans précédent et des conditions d’exercices exécrables, il serait plus que temps que vous compreniez que la lisibilité, mise à mal par vos choix politiques et pédagogiques autoritaires, est un gage de crédibilité.

L’ENAP est un lieu de formation, de réflexion, de prise de recul sur l’expérience rencontrée lors des stages de terrain. Ce n’est pas par la contrainte et l’autoritarisme que vous forgerez un esprit de corps durable et positif pour faire face aux réalités professionnelles, qui semblent bien éloignées des préoccupations de l’Ecole. Ce n’est pas avec une approche managériale inspirée par la seule obligation de résultats que vous favoriserez les nécessaires espaces d’apprentissage. Ce n’est pas en mettant les personnels en congés forcés pour éviter qu’ils ne viennent troubler la visite du Garde des Sceaux que vous favoriserez l’adhésion aux valeurs de l’institution. Je vous le redis, la CGT pénitentiaire ne cautionnera pas votre dictature sur l’école, consistant à museler le personnel y travaillant, et de ce fait maintien son boycott du conseil d’administration le 24 Mars 2011.

Nous souhaitons qu’un vrai débat soit organisé pour le devenir des personnels administratifs et des chargés de formation, ainsi que sur le contenu et l’organisation du programme de formation des élèves.

La CGT pénitentiaire défendra les personnels de l’école contre vos agissements qu’elle entend dénoncer ouvertement. L’ENAP est un service déconcentré de l’administration centrale, où les droits des agents sont garantis comme partout ailleurs, et non un électron libre du paysage pénitentiaire où il faudrait laisser sa dignité au vestiaire.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, mes salutations.

Agen, le 22 mars 2011

Pour la CGT Pénitentiaire, Karl CLAYES

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