Cette année encore, la CAP de mobilité sera l’occasion de pointer du doigt la gestion toujours aussi contestable des effectifs des SPIP par l’administration, et à travers elle la vision réductrice qu’elle se fait de notre métier et de la place des SPIP en son sein.
Alors que les charges de travail ne cessent d’augmenter, atteignant des niveaux inégalés malgré les vaines tentatives de se persuader du contraire par l’introduction de process bureaucratiques, le recrutement de 44 travailleurs sociaux de la 16ème promotion ne permettra pas de couvrir les départs, que ce soient ceux des collègues partant à la retraite ou ceux – toujours plus nombreux – qui ont choisi de quitter la profession.
Le recrutement d’environ 140 CPIP de la 17ème promotion n’offre pas plus de perspectives quant au renouvellement et au renfort nécessaire des équipes. Il ne masquera pas la pénurie, d’autant plus que plus de la moitié doit venir compenser les postes découverts dans des services déjà en sous-effectif par la création des « CPIP volants ». Cette nouvelle illustration d’une gestion à court terme pourrait se trouver aggravée par la délégation prévue des permanences d’orientation pénales au secteur privé, qui prévoit le redéploiement de 131 postes dont on peut être sûr qu’ils serviront de prétexte à la fermeture des recrutements lors des prochains concours…
La CGT Pénitentiaire conteste également les choix opérés par l’administration de « profiler » des postes comme ceux en centre national d’évaluation.Ceci n’apparaît pas justifié au regard des missions exercées dans ce type de structure. Par ailleurs, les dispositions concernant les postes de formateurs à l’ENAP et exigeant l’obtention de l’habilitation rencontrent des limites, elles doivent en conséquence être repensées afin de permettre aux CPIP de postuler sur les postes de formateurs.
Ce nouveau camouflé en matière de recrutement, de répartition et de vision à long terme, découle de l’absence d’avancée réelle sur l’élaboration des organigrammes, du choix de maintenir le système de pré-affectation sur postes vacants – dont les conséquences désastreuses ne sont plus à démontrer – et de l’absence totale de réel dialogue social depuis « l’affaire de Pornic ». La CGT Pénitentiaire, en signe de réouverture du dialogue social, demande donc la suspension de ces politiques, la mise à plat de la situation des services et l’engagement d’une politique de sortie de crise ambitieuse et à long terme :
Concernant les attentes immédiates des personnels, nous demandons à ce que certaines inégalités soient corrigées :
Les travailleurs sociaux sont aujourd’hui enfermés dans un statut inachevé et réducteur – dont la majorité n’a tiré aucun bénéfice perceptible immédiatement.
Ce serait là un premier signe fort confirmant la volonté politique affichée du nouveau gouvernement de sortir des logiques du tout carcéral, en valorisant les peines alternatives et les mesures de probation autour de SPIP renforcés et dotés des moyens d’une telle ambition.
La CGT Pénitentiaire est prête à ouvrir une discussion constructive et volontariste sur tous ces sujets avec l’administration. Forte du résultat obtenu lors des dernières élections professionnelles, qui ont confirmé avec plus de 53% des suffrages sa position majoritaire chez les travailleurs sociaux, la CGT Pénitentiaire attend que soit enfin respectées les règles du dialogue social. La réouverture d’un espace de négociation avec les organisations syndicales représentatives dans les SPIP sera nécessaire pour mener à bien ces discussions, et garantir la transparence nécessaire aux débats qui ne manqueront pas d’engager l’avenir de la filière. En un an, le CT-AP n’a jamais réussi qu’à proposer un seul « point d’information » sur les SPIP, caricature d’un dialogue social tronqué servant à justifier de décisions déjà prises sans concertation.
Après 4 années de mobilisations massives et continues pour la défense et la reconnaissance de notre métier, après des années de déqualification professionnelle subies et de remises en causes brutales et infondées de notre professionnalisme ; il est plus que temps de créer dans la transparence les conditions de nouvelles perspectives positives, tant statutaires que professionnelles. La CGT Pénitentiaire est désormais prête à lancer le débat pour construire et porter avec les personnels une nouvelle ambition pour la profession et le service public pénitentiaire.
Les élus à la CAP des CPIP Montreuil, le 6 juin 2012
CAP DE MOBILITE DES CPIP 6, 7 et 8 JUIN 2012 DECLARATION LIMINAIRE
6 juin 2012, PDF 103.2 ko