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COMPTE-RENDU La CGT Pénitentiaire visite la prison de Saint Gilles, à Bruxelles

lundi 31 mai 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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COMPTE-RENDU La CGT Pénitentiaire visite la prison de Saint Gilles, à Bruxelles

Le 28 février 2008, la FSESP (Fédération Syndicale Européenne des Services Publics) lançait sa première journée d’action européenne contre la surpopulation carcérale dans les pays de l’Union européenne. La CGT Pénitentiaire était bien représentée dans cette première euro-manif sur les prisons. Les problématiques européennes à ce sujet étaient assez similaires. Rencontrer des collègues européens et échanger avec eux étaient exceptionnel. En 2009, une deuxième journée contre la surpopulation carcérale a eu lieu à Bruxelles.

Depuis 2008, La CGT Pénitentiaire est en relation avec la FSESP dans le cadre du travail syndical européen sur les prisons. Notre camarade Christine se charge du dossier avec Nicolas, depuis peu.

Le 12 mai 2010, à l’International Trade Union House de Bruxelles, a eu lieu un meeting organisé par la FSESP via le groupe Prisons qui a regroupé des participants et des collègues de l’Union Européenne. Réunion entre les collègues de différents syndicats européens : échanges et discussions sur les conditions de travail et de détention en Europe. Visite de la Prison de Saint-Gilles à Bruxelles par les participants. L’objectif de la FSESP est "d’européaniser" et d’améliorer les conditions de travail du personnel pénitentiaire en essayant d’inclure, dans le livre vert des conditions de détentions réalisé par le commissaire européen des Droits de l’Homme et son équipe, des revendications spécifiques aux personnels.

L’objectif principal de cette réunion était d’améliorer, parallèlement à l’amélioration des conditions de détention, les conditions de travail du personnel pénitentiaire. Et à la CGT pénitentiaire nous savons que l’un ne va pas sans l’autre !

Nicolas y était présent pour la CGT Pénitentiaire. Vous trouverez ci-dessous le compte rendu de sa participation.

Voici les caractéristiques spécifiques que la CGT pénitentiaire, représentée par Nicolas, surveillant pénitentiaire au centre pénitentiaire de Meaux Chauconin, a relevées lors de la visite de la prison de St Gilles (Bruxelles) :

  • Maison d’arrêt d’une capacité de 560 places avec 600 détenus écroués ;
  • Même structure que les tri-pales françaises avec 5 unités de vie ;
  • Environ 300 personnels de surveillance ;
  • A chaque étage et dans chaque unité de vie il y a 3 surveillants pour environ 40 détenus ;
  • Les personnels de surveillance ont une qualification équivalente à la catégorie B de la France ;

Les syndicats attendent la mise en place effective d’une formation d’1 an ce qui était prévu avec le passage en catégorie B. Mais leur formation n’est souvent que de 2 mois à ce jour ; Dans cette prison, dès qu’un cas psychotique est détecté, il est directement transféré dans une prison spécialisée pour le recevoir ; Tout détenu présent sur cet établissement a le droit à un parloir intime par mois (dans une chambre aménagée pour l’occasion, avec préservatifs "fièrement" offerts par l’administration pénitentiaire) ; Aucune sanction disciplinaire en Belgique ne peut excéder 9 jours de quartier disciplinaire. La visite de cet établissement qui devait durer qu’une heure a, en fait, durée 3 heures.

Les représentants des différents syndicats des états ont présenté l’actualité et les difficultés rencontrées pour les conditions de travail des personnels pénitentiaires. En effet, le commissaire et son équipe sont en train de faire un livre vert sur les conditions de détention en Europe. L’objectif de la FSESP est "d’européaniser" et d’améliorer les conditions de travail du personnel pénitentiaire en essayant d’inclure dans ce livre vert quelques revendications. L’objectif principal de cette réunion était d’améliorer, parallèlement à l’amélioration des conditions de détention, les conditions de travail du personnel pénitentiaire. Pour la France, la CGT Pénitentiaire a synthétisé la loi pénitentiaire en montrant ses limites face à une politique basée sur le maintien de l’ordre plutôt que sur une justice sociale et économique :

l’administration pénitentiaire est un service public ; les détenus ont des droits ; les personnels ont des droits ; augmentation des aménagements de peine ; augmentation à 2 ans des petites peines aménageable (avant c’était 1 an) ; création d’une réserve civile pénitentiaire (ce que la CGT combat) ; création d’un code de déontologie et d’une prestation de serment (ce que la CGT conteste en l’état).

La CGT a rappelé que cette loi pénitentiaire ne va pas assez au fond des choses. Contre le tout carcéral, il faut une véritable alternative à l’incarcération : l’emprisonnement doit vraiment devenir l’exception, le dernier recours. De ce fait, il faut donc une véritable réforme de la politique pénale en France.

Le Commissaire Européen aux Droits de l’Homme a bien pris note de nos revendications en retenant surtout le manque de formation adéquate dans plusieurs pays comme leurs membres l’ont très bien dénoncé. Il a aussi fait une parenthèse sur le fait que les états ne respectaient pas l’article 3 des règlements pénitentiaires de l’Europe, en renvoyant des détenus dans leurs pays d’origine sans se préoccuper des risques qu’encourent ces personnes, ce qui devra être une décision cadre pour la commission.

On a aussi cité en exemple la plainte du syndicat pénitentiaire norvégien au conseil de l’Europe pour dénoncer le manque de formation et la différence de traitement salarial entre les jeunes recrus et leurs aînés. Ces injustices sont directement liées à la dégradation des conditions de détention selon le syndicat norvégien.

Le livre vert devrait être fini pour Novembre 2010 et approuvé par les différentes instances européennes pour une publication finale vers Mars 2011.

Le prochain rendez-vous de la commission européenne des syndicats de prisons est prévu pour le mois d’octobre 2010 et, d’ici là, diverses conférences dans différents pays d’Europe auront lieu.

La FSESP prison fait aussi appel aux candidatures de syndicats quant à l’organisation des prochaines commissions dans les autres états de l’Europe ; tout en précisant qu’il faudrait que le syndicat qui l’organise ait un dispositif de traduction.

Montreuil, le 31 mai 2010

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