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COPIL métiers, 2e round : Une mascarade de dialogue social !

mardi 11 mars 2014  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le 28 février 2014, la direction de l’administration pénitentiaire réunissait pour la seconde fois les organisations syndicales dans le cadre des groupes de travail sur les métiers des SPIP.
Dans le prolongement de la première rencontre (http://www.ugsp-cgt.org/IMG/pdf/2014_01_10_METIERS_DES_SPIP_4_.pdf, la CGT ) pénitentiaire a continué de dénoncer les méthodes employées par la DAP et le manque d’association des personnels. Nous avons mis en avant nos revendications concernant les métiers : ratio de prise en charge, organigrammes, formation de qualité et abandon de la pré-affectation.

Dès le départ cette réunion s’est révélée laborieuse : aucun compte-rendu de la précédente réunion, aucun document de travail fourni et une présentation orale de l’état d’avancement des réflexions des trois commissions mises en place sans ordre du jour ni thématique de discussions. Charge aux organisations syndicales de réagir à brûle-pourpoint !

La méthode toujours la méthode !

D’emblée, toutes les organisations présentes ont dénoncé l’absence de méthode et de rigueur, exigeant que les documents de travail et un calendrier des travaux leur soient communiqués dans un délai raisonnable avant les rencontres. L’administration s’y est engagée en fin de réunion. On ne peut malgré tout s’empêcher de se questionner sur ses véritables intentions.

« On connaît les positions syndicales de chacun, on lit vos communiqués et on s’en nourrit ». Cette vision du dialogue social montre bien à quel point celui-ci est défaillant à l’administration pénitentiaire. En effet, ce n’est pas à l’administration de piocher dans nos orientations politiques ; mais de créer un cadre de discussions qui nous permettrait de porter un projet revendicatif construit.

« On ne peut pas communiquer tout et tout le temps à tout le monde ». Aucun compte-rendu des réunions des groupes de travail ne nous a été communiqué. Pourtant ceux-ci ne sont pas confidentiels et sont anonymisés. L’administration est très réticente sur la communication de ces comptes-rendus qui pourtant circulent. Il y a donc bien deux poids, deux mesures et les syndicats ne sont pas véritablement associées aux réflexions en cours.
Enfin, après avoir présidé ­– en partie – la première réunion, la directrice a confié l’animation aux directeurs des deux sous-directions RH et PMJ. Mais soyons rassurés cela ne montre en rien son désintérêt !

Des réflexions à deux vitesses

Le comité de pilotage a été installé le 18 octobre mais ne s’est pas réuni avant le 6 mars !

Les groupes « magistrats mandants » et « relations établissements/SPIP » ont eu quatre séances de travail depuis le mois de décembre chacun et doivent finir leur travaux en avril. Sur ces deux groupes de travail, le cloisonnement des réflexions a été constaté avec le souhait de les partager avec la commission métiers. Pour le moment ce sont des constats et des pistes qui sont portés à notre connaissance :

• Améliorer les relations SPIP/magistrats/établissements à travers des espaces et des formations communs ; une meilleure connaissance réciproque ;

• Nécessité d’associer les personnels aux projets de service, aux engagements de service ;

• La contrainte pénale et la libération sous contrainte telles que prévues dans le projet de loi ne sont pas à la hauteur des attentes suite à la conférence de consensus.

L’évaluation des publics : la marotte

La note du 17 février 2014 confirme la mort du DAVC massivement rejeté par la profession mais laisse malheureusement planer le spectre d’un nouvel outil d’évaluation. L’appel d’offre pour une recherche-action sur ce sujet doit être lancé prochainement.
Comme nous le pressentions, l’évaluation a été le sujet prioritaire proposé par l’administration à la commission métiers.

Tout comme dans le rapport d’inspection sur le DAVC, une fausse vérité se fait jour : le principe d’un outil d’évaluation ferait consensus dans la profession. Rien n’est moins sur !

Telles que restituées par l’administration, les réflexions de la commission métiers pourraient se résumer ainsi : un outil de prédiction de la récidive, non ; un outil de tri et gestion de flux, non plus ; mais un outil qui prend en compte les « risques de récidive » et qui définit le contenu de la prise en charge, ça oui ! Ce qui prouve bien que tout ça n’est pas si clair et qu’il est nécessaire de questionner les moyens utilisés pour cette évaluation ainsi que ses finalités.

Les causes de la situation actuelle nous les connaissons et la CGT pénitentiaire les dénonce depuis assez longtemps : charges de travail délirantes, perte de sens et d’autonomie, bureaucratisation et logiques de performance.

Comment prendre les problèmes à l’envers !
La CGT pénitentiaire revendique que soient assurés les fondamentaux :

• Le principe d’un ratio de prise en charge ;

• Des organigrammes ;

• Une formation de qualité avec l’abandon de la pré-affectation,

• L’affirmation de principes éthiques.

Nous pourrons alors travailler sur les questions de méthodologies de travail et non sur un outil d’évaluation !

Quitte à être présents, nous avons contraint
l’administration a abordé des questions RH

Les discussions budgétaires concernant le plan pluriannuel 2015-2018 seraient bien engagées avec Bercy : la création des 1000 postes pour les SPIP comme les moyens matériels afférents seraient inclus dans ce plan, sans qu’aucun chiffre en termes de budgets de fonctionnement, formation…ne soit pour autant avancé. Restent des incertitudes et des approximations sur la répartition entre personnels.

Sur les 1000 postes, entre deux-tiers et trois-quarts seraient des conseillers d’insertion et de probation et l’autre partie serait répartie entre des postes d’administratifs, de cadres, de surveillants, de coordinateurs — pas uniquement sur le champ culturel —, des psychologues et enfin des ASS ou ingénieurs sociaux.

Ce qui est certain c’est que 300 postes de CPIP sont inscrits au projet de loi de finances de 2014 avec un recrutement lancé de 390 élèves. L’administration nous informe au détour de cette réunion que 100 autres personnels seront affectés dans les SPIP courant 2014 au gré des CAP et des recrutements (environ 45 personnels administratifs, mais également des cadres, des surveillants et des psychologues).

Concernant les psychologues qui sont toujours des agents non titulaires, un projet de décret pour la création d’un corps de psychologues au niveau ministériel a été travaillé par l’administration. Le secrétariat général n’a quant à lui engagé aucune concertation à ce jour sur le sujet. La CGT ne manquera pas de l’interpeller sur cette question.

Du même acabit, le sort des assistants de service social en SPIP est toujours aussi flou. 25 postes sont ouverts dont la majeure partie correspond à ceux non pourvus à la CAP de 2013. Une nouvelle fiche de poste a été proposée par l’administration pénitentiaire sans aucune concertation en accompagnement de la note de mobilité pour la CAP ASS d’avril 2014.

Montreuil le 11 mars 2014

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