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CTAP-AP du 13 septembre 2010 : Déclaration liminaire de l’UGSP-CGT

lundi 13 septembre 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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CTP-AP Septembre 2010

En dépit des congés et de la période estivale, certains dossiers sont revenus sous les feux de l’actualité de manière brutale et impromptue.

Plus précisément, les annonces de la ministre sur les fermetures de prisons, le 26 juillet 2010 à 19 heures, ont révélé, une fois de plus, combien ce ministère et cette administration se moquent des personnels et bafouent les règles d’un réel dialogue social.

Ce n’est pas en affichant un tel mépris vis-à-vis des syndicats, ici présents, que vous instaurerez un climat respectueux et apaisé.

Cette rentrée sociale, à très hauts risques pour le gouvernement, est un moment fort où l’offensive syndicale s’est préparée tout le long de l’été.

La manifestation du 7 septembre a d’ailleurs été un grand succès, et les futures mobilisations seront tout aussi fortes, voire même plus importantes.

Les salariés du privé ou du public, en ont assez de payer, cash, le prix d’une crise générée par un système économique parasitaire et rétrograde.

C’est ainsi, aussi, que les personnels pénitentiaires ne peuvent plus accepter de travailler dans des conditions de plus en plus dégradées.
C’est ainsi, aussi, qu’ils ne souhaitent pas travailler plus longtemps pour gagner moins, qu’ils ne se résigneront pas non plus à travailler dans des structures que nous qualifions, sans hésitations, d’usines carcérales tant elles symbolisent la déshumanisation des conditions de travail, la logique d’une industrialisation de la punition dans le secteur pénitentiaire.

En effet, dans le cadre de la politique de modernisation des prisons françaises, Michèle Alliot Marie décide unilatéralement une restructuration du parc immobilier pénitentiaire.

9000 places vétustes, soit plus d’une cinquantaine d’établissements, seraient fermées et remplacées par une vingtaine de grandes prisons de 700 places en gestion déléguée où quasi tous les services sont privatisés, sur le même modèle des derniers établissements ouverts depuis peu (Lyon-Corbas, Mont de Marsan, Roanne, Saint Denis, ... ).
Au total, ce serait 14000 nouvelles places qui émergeraient d’ici 2017, la France serait alors dotée de 68000 places de prison alors qu’elle en compte aujourd’hui 56000 !

En 20 ans déjà, pas moins de 30000 places supplémentaires de prison ont été créées. La machine de la sur-incarcération est lancée depuis de longues années. Si nous constatons qu’elle alimente parfaitement le « marché insatiable de la sécurité et de la prison », nous enregistrons aussi qu’elle est nourrie, en permanence, par une surenchère sécuritaire et une multiplication de nouvelles lois répressives.

Nous réprouvons cette politique irresponsable qui vise à élargir de manière inconsidérée le champ pénal et à développer outre mesure le contrôle et l’incarcération des personnes. Si ce traitement pénal de masse ne sert que les intérêts du complexe carcéro-industriel et une idéologie sécuritaire, elle perpétue, dans tous les cas, une prison de la violence et de la récidive.

Nous ne pouvons pas faire moins que de vous alerter sur les conséquences de certains choix : fermer un grand nombre de petites prisons pour les remplacer par des grandes structures n’améliorera ni les conditions de travail des personnels, ni les conditions de détention, ni la qualité du service public pénitentiaire.
Les dernières constructions de prisons du plan 13200 places révèlent très bien les difficultés que peut générer ce genre d’établissements.

Cette réforme de la carte pénitentiaire aura des conséquences extrêmement importantes pour tous les corps des personnels. Elle peut entraîner, pour tous, de nouvelles souffrances, pathologies et violences, pourtant déjà si prégnantes aujourd’hui.

Les personnels concernés se verront dans l’obligation de quitter leur lieu de vie ou de travailler à des centaines de kilomètres de leur domicile dans des prisons déshumanisées ou dans des services trop éloignés du réseau partenarial habituel.
Les personnels ne peuvent être traités de la sorte, expédiés n’importe où comme de vulgaires marchandises ou objets malléables à souhait.

Je le répète, vous ne pouvez pas, décemment, préparer une refonte totale de la carte pénitentiaire sans même vous soucier de l’avis, de l’expertise de professionnels que nous sommes.
Je vous demande à nouveau d’engager sans plus tarder de véritables négociations sur toutes les questions liées à la carte pénitentiaire.

Paris, le 13 septembre 2010

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