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Communiqué CGT Pénitentiaire En juin 2016… Record battu ?

jeudi 26 mai 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Parues en retard le 16/05/2016, les statistiques mensuelles des personnes écrouées et détenues en France sont de nature plus qu’inquiétante. Avec 68 685 détenus au 1er mai 2016, seul le mois d’avril 2014 (68 859) empêchera que le record du nombre de détenus dans les prisons françaises ne tombe ! Certes, avec 58 683 places opérationnelles au 1er mai 2016, la densité (117 %) est moins importante qu’au 1er avril 2014 (119 %) avec ses 57680 places. Il faut également pondérer cette statistique mensuelle en constatant, à nouveau, que la densité moyenne en maison d’arrêt est de 139 %. Elle est de 91 % dans les centres de détention qui accueillent des condamnés et ne sont donc pas à capacité opérationnelle maximale. Il serait peut-être temps de prendre ce problème à bras le corps. Car la « souffrance pénitentiaire » en maison d’arrêt est conséquente. Certains établissements sont saturés : Densité à Fresnes : 185 % ; Nanterre : 181 %, Meaux : 176 % ; Villepinte : 178,5 % ; Nîmes : 221 % ; Perpignan : 221 % ; La Roche sur Yon : 200 % ; Fontenay le Comte : 205 %. Voici pour les plus gros « scores » d’établissements représentatifs, tous en maisons d’arrêt ! En ce dernier mois de printemps avant un été sûrement compliqué, tous les indicateurs sont au rouge et, avec 1580 détenus logés à même le sol, voilà « enfin » un triste record de battu ! Parallèlement, nous assistons à une poursuite de la baisse du nombre de personnes écrouées en aménagement de peine (Semi-liberté : - 10,1 %, PSE : - 4,8 %, placement extérieur : - 11,8 %) et des libérations sous contrainte par type d’aménagement (- 14,3 % en tout). Ce phénomène n’est pas conjoncturel mais croît depuis janvier 2016. Il est croisé avec une hausse continue du nombre de prévenus depuis janvier 2016 (+1500) et plus globalement, depuis novembre 2015 (Lié aux terribles évènements au Bataclan ?). Il y a également une hausse des condamnés due essentiellement à l’allongement de la durée de la détention, ancrée à un recours plus important à l’incarcération pour des condamnés à des courtes et moyennes peines de moins de trois ans. Dans ces conditions de travail, tout devient très tendu en maison d’arrêt. Chaque mission quotidienne est complexe à mettre en œuvre que ce soit en matière de gestion simple de la détention, de sécurité ou de prévention des risques. Mais également, toute situation de surpopulation entraîne tôt ou tard des phénomènes
difficiles à contenir : les cellules surchargées engendrent de la promiscuité,
développant ainsi un manque d’hygiène et d’insalubrité et, les tensions entre détenus mais également avec les personnels se multiplient, etc. Rappelons aussi que 30 % des détenus présentent des pathologies psychiatriques et psychologiques (Schizophrénies, bipolaires, psychotiques) complexes, dangereuses à gérer et dévorantes en temps de travail au détriment de missions essentielles. Face à cette poussée carcérale qui augmente depuis des mois, il est temps de tirer le signal d’alarme : il est grand temps que la politique pénale évolue et fasse place à un réel projet de lutte contre les récidives et de réinsertion des personnes détenues. Sans vouloir « vider les prisons », il y a un premier axe à tenir en direction des courtes peines : au 1er janvier 2015, 36% des personnes écrouées condamnées exécutaient une peine de moins d’un an, cette proportion s’établissant à 65 % en y ajoutant les personnes exécutant une peine inférieure à trois ans. Nous sommes loin du quantum de peine prévisible pour les individus qui font la « Une » et qui pourtant, occupent toute la sphère publique et modèlent l’ensemble de la politique pénale « à leur image ». Si bien évidemment, les questions de sécurité sont prégnantes pour nos concitoyens, la CGT pense qu’il faut avoir le courage de poser publiquement la question des alternatives à l’incarcération et des aménagements de peine pour les peines les plus courtes. S’il ne s’agit pas de « mettre tout le monde dehors », il faut œuvrer pour retirer le caractère criminogène à la prison, donc lutter contre les récidives et permettre de baisser le niveau des détentions. Ce qui accroîtra la capacité de nos collègues à exercer mieux leurs missions de service public en direction des détenus qui posent le « plus de problèmes ». Ce gouvernement à deux options pour finir son mandat : - soit attendre juin ou juillet pour voir tomber le record du nombre de détenus en France et assister, impuissant, au prolongement de la dégradation des métiers, des missions, des établissements et de la santé des collègues. - Soit mettre en œuvre réellement une politique pénale sérieuse, qui ne nie pas les questions sécuritaires mais allant dans le sens du premier gouvernement AYRAULT. Il est encore temps de sortir la tête haute.

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