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Communiqué intersyndical Nantes

vendredi 4 février 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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L’enquête sur la disparition de Laetitia Perrais se poursuit dans un climat pour le moins malsain.

L’instrumentalisation cynique par le Président de la République et son gouvernement d’un drame humain
et de la douleur légitime des victimes à des fins uniquement politiques ne peut être admise.

Une fois encore, Monsieur Sarkozy jette le discrédit sur le service public de la justice dans toutes ses
composantes, et particulièrement, à l’occasion de la disparition tragique de Laëtitia Perrais, sur le service
pénitentiaire d’insertion et de probation ainsi que les magistrats de l’application des peines de Nantes.

Les inspections des services diligentées dans la précipitation ont pour seule finalité de désigner des responsables,
évitant par la même de s’interroger sur le lien direct entre les missions confiées et les moyens
alloués.

Les personnels du service pénitentiaire d’insertion et de probation de Nantes interpellent régulièrement
depuis de nombreuses années, et notamment depuis trois ans, l’ensemble de la hiérarchie, et principalement
le ministère de la justice, sur l’impossibilité de faire face à l’augmentation constante des mesures de suivi.

Le ministère sait pertinemment qu’à Nantes, trois juges de l’application des peines doivent prendre en
charge près de 4 000 personnes condamnées, dont environ trois mille devraient être suivies hors détention
par seulement 13 travailleurs sociaux à temps plein, ce qui est humainement et matériellement totalement
impossible !

Professionnels de la justice — magistrats, avocats, greffiers, pénitentiaires —, nous voulons dire notre
profonde amertume quand, le plus haut responsable de l’État désavoue ainsi les personnels qui au quotidien
participent au fonctionnement de la justice avec des moyens dérisoires, reconduits année après année,
plaçant la justice française au 23e rang européen sur le plan budgétaire !
Il est indigne qu’un responsable politique et a fortiori le Président de la République, garant de la cohésion
sociale, laisse entendre de façon totalement démagogique que l’absence de prise en charge d’un suivi pour
des seuls faits d’outrage à magistrat puisse avoir un lien déterminant avec la commission d’un crime aussi
grave.

Il est manifeste que cette instrumentalisation insupportable de ce drame a pour objectif essentiel de masquer
les carences gouvernementales à appréhender la question de la récidive, malgré cinq lois successives.
Le gouvernement doit maintenant prendre ses responsabilités en donnant les moyens à la Justice d’assumer
les missions qui lui sont confiées.

Nantes, le 4 février 2011

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