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Conférence de consensus prévention :
La DAP se réveille... Un peu tard !

jeudi 20 décembre 2012  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le calendrier de la conférence de consensus sur la prévention de la récidive installée par la Ministre de la Justice le 18 septembre 2012 se précise et les inquiétudes que nous exprimions dès cet été tant sur la thématique que la méthode se confirment. Début janvier 2013, le comité d’organisation aura auditionné près d’une soixantaine d’organisations, associations concernées par la justice pénale, aura compilé une bibliographie sur le sujet et confié aux experts des travaux à effectuer dans un temps record. En effet, alors que dans le cadre d’une conférence de ce type, les productions demandées aux experts nécessitent plusieurs mois de travaux, ces derniers n’auront que quelques semaines pour préparer leurs contributions qui seront présentées lors d’une audience publique prévue les 14 et 15 février 2013. Désormais, toutes les donnes sont sur la table : programme des deux journées marathon, experts et enfin les noms des membres du jury qui ont été dévoilés le 18 décembre lors d’une conférence de presse. http://www.justice.gouv.fr/justice-penale-11330/prevention-de-la-recidive-12453/prevention-de-la-recidive-24918.html

Dans toute cette agitation, l’administration pénitentiaire tente de façon bien maladroite de reprendre la main et a prévu tout récemment de produire une contribution sur deux questions posées par le comité d’organisation concernant les facteurs de risques et de protection, les bonnes pratiques, et les réformes juridiques ou organisationnelles afin d’améliorer l’efficacité des réponses pénales. Chaque direction interrégionale y va de sa vision toute particulière de la « consultation » des terrains. Ici on organise une réunion de service où on effleure le sujet. Là on fait un appel à candidatures pour deux réunions qui se tiennent dans un timing incompatible avec les réalités d’organisation de travail dans les SPIP ou on sélectionne des collègues selon des critères obscures. Ailleurs, on laisse les DSPIP seuls s’exprimer sur le sujet et au mieux on laisse les collègues s’en « dépatouiller ». Cela risque encore moins d’arriver jusqu’aux établissements pénitentiaires et l’ensemble de ses personnels. La synthèse nationale des synthèses interrégionales promet dans ces conditions d’être très éloignée des réalités de terrains et des aspirations des professionnels… L’administration pénitentiaire fait mine de façon totalement hypocrite de s’inquiéter que la voix de ses agents ne soit pas entendue et que d’autres (associatif, privé, …) se positionnent sur des missions de service public dévolues à la pénitentiaire jusqu’alors.Pendant les 10 dernières années, l’administration a montré son total désintérêt pour les SPIP, ses agents et ses publics, les logiques gestionnaires appliquées à marche forcée sur des structures où les besoins des publics et la qualité du service public devrait primer, les réformes inadaptées imposées sans aucune concertation à tous les niveaux ont participé à une déqualification latente des professionnels et une entreprise de discrédit. La DAP récolte aujourd’hui ce qu’elle a semé et doit mesurer à quel point sa responsabilité sera engagée sur les choix politiques de demain. Dans ces conditions, il est impossible de faire confiance à notre administration pour mettre en valeur les pratiques des SPIP et faire remonter les besoins des publics et des agents.

La consultation dans le cadre de la conférence de consensus est assurément un rendez-vous manqué lorsque l’on sait que dans les services pénitentiaires d’insertion et de probation, de nombreux collègues n’ont même pas entendu parler de la conférence de consensus sur la prévention de la récidive alors que leurs pratiques professionnelles sont au coeur des débats qui vont orienter les recommandations finales. L’administration pénitentiaire persévère dans ses erreurs et ses errements : aujourd’hui, elle devra en porter la responsabilité pleine et entière.

Montreuil, le 20 décembre 2012

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