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Contrats précaires métiers précaires

vendredi 8 avril 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Le plan de recrutement des agents contractuels voulu par le Ministère et orchestré par la DAP se déploie avec une célérité qui force l’admiration. Il est vrai qu’il fallait réagir bien vite pour masquer la situation sinistrée de bon nombre de services, restaurer l’illusion de leur bon fonctionnement, et éteindre l’incendie médiatique en faisant croire à une réponse ministérielle.

Les annonces de recrutement de vacataires se multiplient à l’ANPE et dans les revues spécialisées. L’appel aux qualifications de « travailleurs sociaux », souvent « exigée », laisse songeur quant à l’incohérence de la DAP et son incapacité à faire autrement que de reconnaître la réalité. Par ailleurs, la multiplicité des rémunérations et des compétences requises donne un bon aperçu du sérieux de l’entreprise…

Ainsi à Versailles, l’heureux salarié précaire sera rémunéré 1513€ nets « selon expérience » pour 35 heures hebdomadaires, alors qu’à Dax il bénéficiera de 1813€ pour une qualification de « cadre », et à Marseille 2026€ pour 25 heures hebdomadaires. Il est vrai qu’à Marseille on en demande un peu plus qu’ailleurs, puisque l’exercice du « métier de CPIP » est conditionné à une « utilisation experte » des tableurs et des traitements de texte, outils sans lesquels le suivi des personnes condamnés n’aurait plus aucun sens.

Quant à la durée des contrats, elle varie tout autant : de 5 mois à Nantes (mais il y avait urgence !) à 12 mois à Epinal, en passant par 10 mois à Caen, etc. Et après, on fait comment ???

La répartition est elle-aussi révélatrice de l’incapacité de l’administration à répartir équitablement les ressources humaines en fonction des besoins. En effet, pour cela, encore faudrait-il qu’elle ait une connaissance réelle des situations locales, ce qui semble être toujours aussi impossible. Au lieu d’entreprendre une discrète tournée des services pour venir expliquer aux travailleurs sociaux comment travailler, l’administration ferait mieux de compter un à un les dossiers maintenant sortis des armoires, et exiger un état précis des ressources humaines.
Sur les 94 contractuels recrutés ou en passe de l’être, 38 le seront pour exercer des tâches administratives, 22 pour exercer celles des travailleurs sociaux, auxquels il faut rajouter les 34 pourvus au titre du « plan d’exécution des peines » dont seuls 11 services bénéficient actuellement (sur quels critères ???). 20 contrats vont être proposés pour les DISP de Paris et Lille, 2 seulement ont été prévus pour celle de Toulouse (SPIP Gard Lozère), et 3 pour celle de Marseille, régions qui ne connaissent pas la crise… Quant à celles de Bordeaux, Lyon et Rennes, elles se contenteront respectivement de 8, 6 et 11 contrats (dont 8 pour le seul SPIP de Nantes). Les services des départements d’Outre Mer, dont la situation est certainement envieuse, auront la chance de se voir renforcer par 5 vacataires perdus au milieu de l’océan.

Cette tartufferie médiatisée par le Ministère, et hâtivement mise en œuvre par l’Administration Pénitentiaire, en dit long sur la considération que nos décideurs se font de nos métiers et des personnels qui l’exercent.
Elle témoigne à elle seule du mépris pour les personnels légitimement mobilisés, de leur travail et de leur sens du service public qui, lui, ne s’arrête pas aux seules injonctions statistiques et à l’obéissance aveugle.
Mais il était devenu vraiment urgent de cacher la misère et l’inconséquence des pouvoirs publics, seuls responsables de la situation des SPIP sous le papier glacé des communiqués de presse ministériels.

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