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Cycles de travail : La santé des personnels Comme alibi !

jeudi 28 avril 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Dans le cadre du relevé de conclusions signé avec Madame TAUBIRA le 14 décembre
2015, a été déconcentrée au niveau régional, une réflexion relative aux régimes de
détention et aux cycles de travail.
Ces questions sont liées à l’attractivité des métiers, à l’évolution des missions des
personnels de surveillance et aux questions de santé au regard des rythmes de travail
actuels.

Les différentes réunions tenues à la DAP sur l’ensemble de ces thématiques posent des questions à la CGT. D’une part, l’expérimentation de nouveaux régimes de détention est essentiellement adressée aux centres pour peine. Certes, il faut bien débuter par un biais.
Mais d’autre part, l’axe de travail cycles et santé nous parait tronqué d‘avance. Enfin, il apparait que peu de terrains s’emparent des sujets, ce qui pourra fausser la mise en
commun nationale qui devra trouver sa place lors du séminaire de juillet 2016.

Mais ce qui nous préoccupe le plus est la partie « cycle et santé » : des travaux ont été menés par M. MOLLARD, professeur d’ergonomie à l’université de Paris-Descartes. Alors que l’ensemble des partenaires sociaux s’attendait à un rapport scientifique extrêmement élaboré sur les questions de santé au travail en lien avec les cycles, tout le monde fut consterné de constater que de rapport, il n’y avait pas et que, pour seul outil à notre disposition, un diaporama très schématique nous a été présenté en réunion le 17 mars 2016. D’ailleurs ce diaporama est sobrement intitulé « résultats des travaux de… ». En fait, comme cela n’est pas un rapport, cela ressemble plus à une commande politique….

A la vue et lecture du diaporama, le malaise a été très soudain : rien de scientifique dans ce résultat des travaux. Les critères des établissements et des personnels retenus pour valider l’enquête sont méconnus, les résultats et les propositions qui en découlent, sont perturbants. En effet, nul besoin d’être grand clerc ni Professeur pour arriver à la conclusion que les rythmes de travail que nous connaissons en l’état des emplois sont usants, éreintants.

Plus inquiétantes sont alors les préconisations faites par M. MOLLARD qui considère qu’il faut finalement moins de types de service (tiens, comme la DAP et la Cour des
comptes !!!) donc, plus de bibliothèque de cycles de travail comme instaurée par Jean-
Louis BOCQUET (SD2) en 2001. Le professeur propose du 3X8, la fin des cycles 3 X2, du 4 X 2, du service Mixte, des LJ avec Nuit ou encore LJ sans Nuit. Il suggère également deux équipes de 7H et une équipe de 10H. Terminé donc les services Longues Journées en 12 heures ou 13 heures !!! Si les personnels font le choix d’un service Longues Journées, c’est qu’ils y trouvent leur compte avec des repos en conséquence. En conclusion, M. MOLLARD enfonce des portes ouvertes en indiquant qu’il faut trouver un équilibre entre plage de repos et plage de travail. Ça, c’est trop fort !!!!

Ce serait presque drôle si la DAP ne demandait pas dans sa note du 19 février 2016, que les expérimentations menées sur ces bases, « doivent entrainer, à termes, une réduction des cycles de travail et une évolution de la bibliothèque nationale des cycles » !

Inquiétant, disons le haut et fort car sous couvert de la santé des collègues comme alibi suprême et cynique, il n’y a rien de moins derrière ce projet, à nouveau, que le
dépassement des organigrammes et les économies de personnels ! Ou alors, qu’on nous explique : Que ce soit un 12h ou 4 X 2 ou 3 X 2 ou 3 X 8, le volume horaire à effectuer est le même. La seule réponse à cela, ce sont des créations d’emplois pour couvrir l’ensemble des postes à tenir dans le cadre d’organigrammes revus et corrigés à la hausse !

Ou bien, c’est simple, la seule façon de rogner toujours plus et plus d’agents pour la DAP, consistera, dans le cadre d’un 3 X 8 par exemple, de faire tenir deux postes par un seul collègue ou encore de supprimer des postes de nuit ! Les personnels connaissent déjà cette situation dans le cadre de la lutte des heures supplémentaires opérée en 2014 par la mise en place de mode dégradé et donc de découverte de postes. Un état de fait au détriment des missions, de la sécurité et de la santé des collègues. Il n’y a pas de miracle et la bibliothèque de cycles a le « dos large » sur ce dossier, coupable injustement de tous les maux !

L’administration ferait mieux de reconnaitre son but réel au lieu de s’appuyer sur la
question de la santé des personnels pour arriver à ses fins. Elle ne doit pas mettre la
charrue avant les boeufs !!! Elle se doit de respecter la durée légale de travail hebdomadaire des 35 heures dans notre pays et mettre ainsi des organigrammes de
référence à flot avec cette condition sine qua non.

La CGT appelle ses militants à la plus grande vigilance sur ce dossier !
Il ne faut pas laisser faire ! Appuyons nous, nous-mêmes, réellement,
sur les liens entre rythmes de travail et santé des collègues, en
proposant nos propres organigrammes sur chaque établissement et
service.

Montreuil, le 28 avril 2016

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