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DAVC / segmentation, Emploi, Budget, Statut Spécial.

lundi 10 octobre 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

DAVC / SEGMENTATION

La DAP avait annoncé une généralisation du « diagnostic à visée criminologique » au 15 juin 2011. L’administration avait même décidé de se passer de la présentation devant les comités techniques, considérant que la négociation clandestine avec le SNEPAP servait de concertation. Il aura fallu que la DAP se rende compte que jamais APPI n’avait été homologuée pour en repousser la mise en place, en attendant l’avis de la CNIL et du Conseil d’Etat. Depuis, personne ne donne de date, mais nul doute que la volonté d’imposer coûte que coûte le DAVC est intacte.

La CGT a déjà effectué, au mois de juillet 2011, un recours administratif contre la procédure employée par l’administration. Nous attendons des développements rapides et tiendrons les personnels informés. De plus, nous poursuivrons le combat sur le plan juridique dès que les textes seront sortis.

Par ailleurs, il appartiendra aux personnels de décider collectivement de l’accueil à réserver à cette nouvelle machine bureaucratique. Pour la CGT, il est clair que le DAVC est un outil lourd et bureaucratique, qui ne correspond pas aux besoins des personnels et entraîne les travailleurs sociaux vers une déqualification professionnelle. Il pose des énormes problèmes de confidentialité et fait de la saisie des données et de l’étiquetage des suivis le socle de notre intervention .
Pire, voilà comment le présente le ministre de la justice dans sa « promotion » du budget 2012 :

C’est dire que la CGT Pénitentiaire avait raison en disant que ceux qui promeuvent cet outil jouent avec le feu. Tous ces « visionnaires » qui vendent une tambouille pseudo-criminologique ont l’attention bienveillante des politiques qui adhèrent à l’illusion prédictive et à un SPIP qui « neutraliserait » le risque de récidive. Ce Diagnostic à Visée Criminologique en est l’illustration. L’administration, en s’entêtant dans cette voie, et en choisissant d’ignorer les syndicats qui ne partagent pas ses orientations, est en grande partie responsable de cette situation.

STATUT SPECIAL

Comme annoncé dans le journal « expressions pénitentiaires » de juin dernier, la CGT a décidé de porter plus haut que jamais sa revendication d’abrogation du statut spécial, et d’obtention du droit de grève. Là aussi, le terrain juridique et le terrain politique sont les deux moteurs de nos revendications.
Ainsi, il est clair que la lutte récente des camarades du Havre, qui pourrait contribuer à une reconnaissance implicite du fait de grève, ainsi que les combats gagnés à plusieurs reprises contre les sanctions prononcées à l’occasion des mouvements , sont autant de pierres jetées dans le jardin du statut spécial.
Nous continuons donc, combatifs et sereins, à donner corps à notre volonté d’abroger un statut spécial archaïque, qui nous prive d’un outil essentiel : le droit de grève.

EMPLOI


La politique gouvernementale
menée depuis plusieurs années par le gouvernement est une catastrophe pour le service public, et l’administration pénitentiaire n’est pas épargnée. Dans les SPIP, le manque de personnels administratifs, de travailleurs sociaux, de surveillants PSE, n’est plus un mystère pour personne, et encore moins depuis le mouvement de ce premier semestre.

Là encore, tout ce qui peut constituer une alternative au recrutement de titulaires est accueilli avec joie par le gouvernement : Une restructuration (segmentation – projet DAP) plutôt que des recrutements. Plus de flexibilité (disparition des Résidences administratives – proposition IGF) plutôt que des recrutements. Des retraités (réserve pénitentiaire – décision gouvernementale) plutôt que des postes ouverts au concours. Des contrats précaires (contractuels – décision gouvernementale) plutôt que des titulaires. Des aides ponctuelles (CIP « placés » - proposition IGF) plutôt que des renforts permanents.

BUDGET

L’administration aurait pu s’appuyer sur le mouvement des personnels de la Justice au premier semestre pour franchir une étape historique dans la reconnaissance du travail effectué par les personnels des SPIP. Pour mettre fin à 30 ans de sous-effectif. Au lieu de ça, elle aura continué à prôner la pose de pansements sur des jambes de bois ! Combien de DSPIP capables d’évaluer précisément les effectifs nécessaires dans leurs services ? Combien de Directeur interrégionaux reconnaissant l’urgence de la situation ? Pire, l’administration entretient l’absurdité du système, comme en témoigne sa proposition d’indicateur pour les budgets des années à venir :

La performance du service public (donc des agents qui le servent), sera mesurée au pourcentage d’avis « favorables » ! Si telle est vraiment la proposition formulée, c’est vraiment un grave signe d’abrutissement idéologique et une vision d’une pauvreté inouïe des missions et des pratiques professionnelles des travailleurs sociaux.

Tiraillés entre une vision comptable, qui promeut l’aménagement de peine comme indicateur statistique d’efficacité, et une vision sécuritaire, qui fait de la mesure d’aménagement de peine un passeport de « non-dangerosité », voilà des personnels placés dans un contexte professionnel rassurant !

Face à ce rouleau compresseur idéologique, qui se nourrit grâce à la collaboration consciente ou inconsciente de différents acteurs pénitentiaire, la seule et unique manière efficace de combattre est celle dont nous faisons régulièrement la démonstration lors de nos mobilisations. De poursuivre ces mobilisations en multipliant les interventions politiques, comme actuellement. De saisir toutes les opportunités sur le plan judiciaire. De maintenir la pression par le militantisme quotidien dans les services.

Montreuil le 10 octobre 2011

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