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DECLARATION LIMINAIRE à LA CAP des SA des 14 ET 15 NOVEMBRE 2013

vendredi 15 novembre 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Depuis des années la situation sociale des agents de la fonction publique (les petites mains) ne cesse de se dégrader.

Baisse des moyens pour faire fonctionner les services, absence de perspective de carrière, réduction des volumes de promotion, réduction des effectifs, diminution des garanties statutaires, baisse du pouvoir d’achat, valeur du point d’indice bloquée, départ à la retraite
retardé.

Dans ce contexte difficile, nous avons pu observer dans une première phase : la montée en puissance de la démotivation des agents pour leur travail.

Depuis plusieurs mois, nous identifions une deuxième phase qui semble s’être enclenchée.

Celle d’une véritable souffrance au travail exprimée par de plus en plus d’agents. La rupture est inquiétante, nous vous alertons sur les risques de débordement dans les rapports collectifs et individuels. Il y a urgence à traiter ces questions qui abordent tous les aspects en lien avec les conditions de vie au travail.

Disant cela, nous avons tous en mémoire les faits d’actualité sur les nombreux gestes de désespoir dans tous les secteurs des activités humaines du secteur privé et public.

Les agents nous disent avec force combien le travail a changé, qu’ils ne se construisent plus au travail mais qu’au contraire le travail les déconstruit. C’est une grande source de mal-être. Parmi toutes les choses qu’ils nous ont explicitées, nous avons relevé les principaux axes :

Ils n’ont plus la satisfaction de faire du bon travail faute de moyens.

Il s’agit aussi de méthodes managériales dont aujourd’hui beaucoup d’experts de la santé et du travail reconnaissent la nocivité des effets sur la santé mentale des salariés.

Des méthodes axées sur l’individualisation et la mise en concurrence des individus ; la quantité prime sur la qualité.

Des méthodes qui ne visent et ne valorisent que le résultat obtenu. Les managers passent de plus en plus de temps dans les réunions, à faire des comptes-rendus, à rédiger des notes, à remplir les indicateurs, et ont conscience d’être trop éloignés de la réalité du travail de leurs
équipes.

La pression sur le travail est de plus en plus forte. Les méthodes de management culpabilisantes en raison d’évaluation individuelle touchent les agents au plus profond de leur être, mettent en doute leur savoir-faire et leurs relations humaines.
Ils ne réussissent plus à mettre du sens dans leur travail.

Trop souvent, ne leur sont renvoyés professionnellement que les aspects négatifs et les objectifs non atteints… Pourtant leur besoin de reconnaissance est grand et chacun sait l’importance à valoriser un travail bien fait.

Ils expriment l’instabilité liée à des réorganisations incessantes entraînant la confusion des tâches.

Les fonctions ne correspondent plus à celles décrites sur la fiche de poste pour lesquelles ils ont été recrutés.

L’absence de formation - (en dépit du décret du 15 octobre 2007 relatif au droit à la formation professionnelle tout au long de la vie pour les agents de l’Etat) et notamment la formation d’adaptation au poste, pourtant indispensable d’une direction à une autre au sein
du Ministère de la Justice, tellement les spécificités sont importantes sur une même catégorie - et d’accompagnement sur un nouveau poste, plonge les agents concernés dans un grand désarroi, et une remise en question profonde quant à leurs compétences et capacités professionnelles.

C’est la culpabilisation qui domine et fait douter les agents de leur propre estime.

Culpabilisation de ne pas avoir atteint ses objectifs malgré l’absence de moyen ;

Culpabilisation de n’avoir pu faire sa mobilité faute de pénurie de personnel malgré les possibilités très limitées ;

Culpabilisation de n’avoir pu se trouver de poste et être en instance d’affectation malgré les candidatures déposées…

Nous soulignons combien la communication des spécialistes de la Gestion des Ressources Humaines est incomprise tant le vocabulaire est en décalage avec le travail réel et la vraie vie.

Nous attirons votre attention également sur des situations critiques connues et l’absence de mesure de prévention pour éviter les débordements.

Nous sommes inquiets des situations de souffrance dans de nombreux services du Ministère de la justice toutes directions confondues.

Malgré les promesses électorales faites par nos nouveaux dirigeants, nous ne pouvons que constater l’absence de mesures allant dans ce sens.

Hélas, le changement n’est pas pour demain. Toujours le même objectif à tenir LA PERFORMANCE coûte que coûte ; même s’il faut déshumaniser la fonction publique.

Est-ce réellement le prix à payer pour réussir la Modernisation de l’Action Publique !

Les représentants des secrétaires administratifs pour la CGT

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