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DÉCLINAISON DU BUDGET 2011 DANS LES SPIP : ORGANISONS LA RIPOSTE !

mercredi 6 octobre 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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DÉCLINAISON DU BUDGET 2011 DANS LES SPIP : ORGANISONS LA RIPOSTE !

La déclinaison du budget 2011 annoncée le lundi 4 octobre 2010 annonce un véritable désastre dans les SPIP comme pour tous les personnels de l’administration pénitentiaire !

En 2011, ce sont 74 personnels pour toute la filière insertion et probation qui seraient recrutés. L’administration s’étant engagée à recruter 37 DIP pour assurer le passage des CSIP dans le nouveau corps des DPIP dans des délais raisonnables, il resterait… une promotion de 37 travailleurs sociaux pour l’année 2011 !

Ce même budget prévoit également la création de 81 postes de personnels administratifs, pour l’ensemble de l’administration. Lorsque l’on connaît les besoins dans les services et les difficultés dans lesquelles se trouvent ses agents, le chiffre annoncé est très loin de satisfaire au minimum vital pour les terrains et les agents.

Le niveau de recrutement affiché ne permettra pas de combler les besoins en personnels, et ne comblera même pas les départs à la retraite, les détachements, et autres fuites des agents vers des horizons plus sereins. Les conséquences immédiates seront :

  • l’augmentation spectaculaire d’une charge de travail déjà insupportable
  • de nouvelles missions et de nouvelles contraintes que va notamment imposer la Loi Pénitentiaire sous peu, et qu’il faudra remplir sans nouveaux moyens (aménagements de peines à échelle industrielle, PSE fin de peine, assignation à résidence sous surveillance électronique, etc.)
  • l’impossibilité de travailler dans des conditions acceptables et toujours plus de souffrance au travail.
  • l’abandon du sens de notre intervention pour une logique de gestion des flux, sous prétexte du « recentrage sur le coeur de métier », organisée autour de principes technocratiques, de gadgets technologiques et d’une criminologie de comptoir
  • des possibilités de mutation extrêmement réduites, des fermetures de postes, des ouvertures d’établissement en sous effectif

Dès lors, si ce budget était acté en l’état, il consacrerait un grave retour en arrière pour l’administration pénitentiaire, et notamment pour les SPIP. Le nombre de personnes écrouées a augmenté de 10% en 3 ans. Le nombre de suivis en milieu ouvert connaît une croissance annuelle à deux chiffres. Dans ces conditions, recruter aussi peu de personnels reviendrait à mettre en difficulté professionnelle l’ensemble des agents, et à abandonner en rase campagne toute prétention à la mission de réinsertion ou à une soi-disant « prévention de la récidive ». Cela reviendrait finalement à acter de l’incapacité de l’administration pénitentiaire à appliquer la loi.

Nous exigeons donc que le budget 2011 soit revu à la hauteur des besoins. Nous exigeons donc qu’au
lieu d’enrichir les marchands de béton et de plateaux repas, et qu’au lieu de satisfaire les appétits des
chasseurs de subventions publiques, le ministère s’attache à donner aux personnels les moyens de
travailler.

Dans ce contexte, nous n’irons pas cautionner cette politique de casse du service public. Nous refusons de participer comme si de rien n’était aux réunions qui étaient prévues dans les jours qui viennent. Pas question d’aller travailler sur les organigrammes, ce qui aujourd’hui reviendrait non pas à réfléchir sur les besoins mais sur les critères de répartition des fermetures de postes. Pas question d’aller nourrir le débat sur le PSE fin de peine, mesure emblématique de la manière dont les politiques conçoivent l’accompagnement des justiciables, et sans aucun moyen supplémentaire. Pas question de siéger en CTPSE ou en CTPAP pour entériner une réforme comptable de la formation continue, qui a pour unique but de réaliser des économies sur le dos des agents.

La CGT pénitentiaire estime que seul la construction d’un rapport de force permettra de faire échec à cette politique mortifère. C’est donc désormais aux personnels sur les terrains réunis en assemblées générales de déterminer les réponses à apporter à cette provocation.

Seule une riposte unitaire, multi-catégorielle, solidaire et combative pourra nous permettre de contrer la destruction programmée du service public pénitentiaire et des conditions de travail des agents.

UGSP-CGT — 263 RUE DE PARIS — CASE 542 — 93 514 MONTREUIL CEDEX — Tél. 01 48 18 82 42 BUREAU TS : 01 48 18 32 56 — UGSP@CGT.FR

A Montreuil, le 6 octobre 2010

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