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DES MOYENS MAINTENANT !

mardi 22 février 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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DES MOYENS MAINTENANT !

Les dernières évolutions de l’affaire de Pornic montrent à quel point la mobilisation des personnels est plus que jamais légitime. Sarkozy voulait un coupable, c’est fait… Le DISP de Rennes a été sanctionné pour satisfaire la volonté du chef de l’Etat.
Cette décision a pour objectifs de diviser l’unité des acteurs de la justice, et de faire retomber la pression des médias, qui commencent sans doute à entr’apercevoir d’un peu trop près la réalité : la pénurie de moyens humains et d’intervention des SPIP et des juridictions.

Dans les services, l’afflux de mesures à prendre en charge suite aux réponses scandaleuses du Ministère et de l’Administration, révèle chaque jour un peu plus un paysage sinistré. L’explosion du nombre de personnes à suivre, qui n’a pas encore fini de faire trembler tous les services, témoigne d’une réalité qui fait froid dans le dos.

Comment en est on arrivé là ?

  • Depuis des années, l’administration s’est occupée de la question des SPIP de manière ponctuelle et conjoncturelle, uniquement à des fins d’affichage, sans se donner les moyens d’un projet pérenne, viable et partagé par la profession ;
  • Depuis 2008, l’administration n’a jamais pris en compte les mises en garde et les cris d’alarme lancés des terrains. Elle a préféré s’orienter vers un projet idéologique, en dépit du bon sens et sans se soucier du prix à payer (sous effectifs des services, gestion des RH sur des critères relevant plus du copinage que du pragmatisme, accroissement constant de la charge de travail, réduction des budgets d’intervention, réduction des personnes suivies au rang de variables d’ajustement, généralisation de programmes de prévention vides de contenu sans aucune évaluation objective en terme d’efficacité, repli des services sur eux-mêmes et dépréciation de la qualité des relations partenariales, bureaucratisation galopante mise en lumière par le contrôleur général des lieux privatifs de liberté, etc.) ;
  • Depuis 2008, l’administration ne cherche qu’à satisfaire aux discours sécuritaires d’un gouvernement aux abois, qui n’a pas d’autre projet de société à proposer qu’une illusion prédictive aux fins de pénalisation généralisée de l’ensemble du champ social.

Aujourd’hui, les services se retrouvent abandonnés et accablés par les annonces de ces dernières semaines et les conséquences de l’inconsistance de l’administration, qui n’a rien trouvé de mieux que de garder le silence et de reporter la responsabilité de ses politiques désastreuses sur les personnels.

La DAP, en dépit du bon sens mais acculée à répondre après des semaines de silence, va chercher à imposer au forceps ses organisations bureaucratiques, à défaut d’être en capacité de proposer autre chose. En l’état des expérimentations et des ressources humaines, les méthodes d’évaluation et d’organisation, validées on ne sait trop comment, ne sont rien d’autre qu’une bureaucratie légitimant la pénurie des moyens. Mais qui peut croire qu’une telle méthodologie pourra nous protéger, alors que tout le monde en constate aujourd’hui avec effroi l’échec patent ?

La CGT Pénitentiaire refusera que les SPIP deviennent
une vitrine vide de la « prévention de la récidive » !

Dans l’immédiat, il n’est pas acceptable de répondre à la crise structurelle avec des annonces ridicules et insultantes pour les personnels. La CGT Pénitentiaire le dira haut et fort lorsqu’elle sera reçue avec les autres organisations syndicales le 25 février au Ministère.

La seule réponse acceptable face à l’ampleur du désastre est l’annonce dans les plus brefs délais d’un plan d’urgence, qui devra prioritairement s’engager sur un plan de recrutement à court et moyen terme. Toute tentative de temporisation ou de diversion ne pourra qu’aboutir à une radicalisation de la mobilisation. Hors de question qu’en lieu et place de renforts, on vienne nous expliquer comment les organisations de services mises au point par des cabinets d’audit vont nous sauver la mise !

Il est donc primordial que sans attendre, le Ministère modifie l’arrêté du 08 février 2011 (qui prévoit le recrutement de seulement 29 travailleurs sociaux en 2011). En effet, ce recrutement ne couvrira pas les départs à la retraite. Nous parlons donc de fermetures de postes, ce qui est hallucinant au regard de la situation !

Combien de rapports faudra t-il encore, combien de drames, avant que nos technocrates élevés à la RGPP comprennent que la prévention de la récidive passe prioritairement par des moyens humains, seuls à même d’assurer un accompagnement socio-éducatif adapté aux problématiques et aux besoins des personnes condamnées ?

Il faut donc plus que jamais maintenir la mobilisation sur les terrains, continuer d’informer les élus et les citoyens pour leur démontrer de la réalité de la situation, mettre la DAP et le Ministère face à la réalité et à leurs responsabilités, et préparer les manifestations qui permettront de faire valoir nos attentes légitimes.

La CGT Pénitentiaire réaffirme avec force que notre savoir-faire et notre expertise concernent l’accompagnement socio-éducatif et l’exécution de la peine, comme le prévoit l’article 1er du nouveau statut de CPIP, et pas la prédiction du risque de récidive ou sa neutralisation. Nous refusons d’êtres instrumentalisés de la sorte. Nous ne serons pas les acteurs involontaires de cette illusion. En revanche, nous affirmons que nous pouvons travailler sur la prévention de la récidive, sur la réinsertion des personnes suivies, à condition de disposer du temps nécessaire pour cela.

La CGT Pénitentiaire tient à saluer le sang froid, la ténacité et la solidarité dont ont fait preuve les collègues de Nantes, lâchés par leur administration après avoir été injustement accusés devant l’opinion publique. Aujourd’hui, pour faire écho à ce courage, le mouvement dans les SPIP continue de s’amplifier.

Il nous appartient maintenant de rester mobilisé pour faire aboutir nos légitimes revendications, pour redonner tout son sens et sa
crédibilité à l’intervention du service public pénitentiaire.

Montreuil, le 22 février 2011

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