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Déclaration Liminaire CTAP du 10 Février 2015

mardi 10 février 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs membres du CTAP,

C’est dans un contexte particulier que se réunit ce premier CTAP depuis les élections du 04 décembre 2014. Les événements dramatiques survenus début janvier 2015 ont remis une nouvelle fois l’administration pénitentiaire sous les projecteurs médiatiques.

En effet, la question de la radicalisation en prison n’a jamais été aussi prégnante. Les annonces faites le jeudi 5 Février 2015 par Madame TAUBIRA, Garde des Sceaux, demeurent encore floues.

Malgré les différents points énoncés lors de cette réunion, la CGT reste perplexe quant au discours de Mme la Ministre concernant son plan de lutte contre la radicalisation en prison.

La CGT ne cesse de marteler qu’il faut plus de personnels et moins de détenus afin de pouvoir travailler efficacement dans les structures pénitentiaires.

Ce ne sont pas les 483 emplois dévolus à notre administration qui vont résoudre les problèmes.

Le coeur de métier, qu’est le surveillant de coursive, est une nouvelle fois ignoré pour mettre en place, par pure affichage médiatique, des mesures qui s’avéreront inefficaces si aucun renforcement dans les détentions n’est priorisé.

Comment déceler les signes avant-coureurs d’une radicalisation alors qu’aujourd’hui le surveillant est submergé par une quantité de taches, ne lui permettant pas d’effectuer ses missions d’observation et d’écoute convenablement.

Ce pose également la question de la formation initiale et continue des personnels ?

Là aussi, ces formations sont bradées par le manque de moyens financiers et humains. Quels outils pédagogiques seront mis en place pour permettre aux personnels de remplir leurs missions dans de bonnes conditions ?!! Une fois de plus, des questions importantes survolées, par nécessité de temps et d’urgence, afin de satisfaire une commande rapide de notre gouvernement.

Pour la CGT Pénitentiaire, l’urgence n’est pas la meilleure réponse à des problématiques de fonds.

Enfin, il est urgent de repenser le travail pluridisciplinaire dans les détentions, en donnant la parole aux surveillants, premier maillon de la chaîne carcérale.

Le manque d’effectif couplé à une surpopulation pénale récurrente mettront à mal le dispositif prévu.

En conclusion, nous ne pouvons, une fois de plus, que déplorer que le coeur de métier soit ignoré dans des mesures prévus par le plan de lutte contre la radicalisation au sein du milieu carcéral. La réussite de ce plan ne peut que passer par de l’emploi nouveau au coeur de la détention et un plan de formation consistant.

Montreuil, le 10 Février 2015

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