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Déclaration Liminaire CTAP du 24/11/2016 : La CGT Pénitentiaire exige l’arrêt immédiat des poursuites disciplinaires concernant Mylène

jeudi 24 novembre 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Le comité technique de l’administration pénitentiaire est réuni ce matin pour discuter du guide d’utilisation des outils d’aide au repérage pluridisciplinaire d’un risque de radicalisation violente en détention.

Ce texte passe donc une nouvelle fois au sein de ce comité de replis, suite à un vote négatif unanime en première séance. Pourtant, et comme d’habitude, rompant ainsi avec l’esprit des accords de Bercy sur le dialogue social, aucune modification substantielle n’a été apportée au texte malgré les réserves émises par les différentes organisations syndicales représentatives.

Une fois de plus, cela démontre le peu de cas accordé aux propositions et remarques faites par la représentation syndicale et donc, de surcroît, aux personnels qu’elle représente.

Nous l’avons déjà dit et écrit, le CTAP ne peut pas être une simple chambre d’enregistrement. C’est dans l’intérêt même d’une conception contractuelle du dialogue social. Et malgré cela, c’est au risque de rompre une telle démarche que ces temps derniers, nous remarquons que plusieurs textes et non des moindres, nous sont transmis devant ce comité comme étant à prendre ou à laisser. Ce n’est pas acceptable. Il n’y a donc aucune raison nouvelle visant à ce que le vote de la CGT Pénitentiare soit différent aujourd’hui.

Par ailleurs, nous profitons de l’examen de ce point d’ordre du jour pour évoquer une situation particulière, en lien justement avec ce sujet, qui dépasse de par son importance et sa gravité, la sphère pénitentiaire.

Notre camarade Mylène, élue CGT et collègue CPIP a été convoquée en conseil de discipline le 13 décembre 2016 pour avoir dénoncé, dans un article du journal « l’Humanité » intitulé « cochez la case djihadiste » et paru au mois d’avril 2016, les dérives potentielles de l’administration quant au repérage de la « radicalisation ».

En s’exprimant en tant que représentante syndicale, Mylène n’a fait que relayer les questionnements et inquiétudes de toute une profession face aux décisions confuses et précipitées de l’Administration en matière de « lutte contre la radicalisation ».

La volonté de cette administration à poursuivre Mylène démontre bien, s’il en était besoin, l’omerta dressée autour du sujet de la « radicalisation ».

Plutôt que de s’enrichir d’un débat constructif en puisant dans les suggestions des professionnels sur les terrains - chaque syndicat avait fait venir des experts le 4 novembre 2016 – mais aussi des représentants syndicaux et modifier ainsi le guide, vous vous arc-boutez sur vos positions, cherchant à faire taire toute critique. Peu vous importe de bafouer certains droits fondamentaux. Peu importe également que les annexes d’aide au repérage soient efficaces ou non sur les terrains en tant qu’outils professionnels venant au soutien des collègues. Tout nous donne le sentiment qu’il faut ratisser large afin que le pouvoir politique démontre que personne ne peut passer au travers du filet. Et si « quelqu’un » y passe, à qui incombera la faute devant un tel guide qui apparaitra ainsi « extrêmement complet… »

Alors que la liberté d’expression syndicale est un droit universel et constitutionnel reconnu et protégé, une valeur fondamentale consacrée par l’Organisation internationale du Travail, l’administration pénitentiaire s’assoit dessus et envoie notre camarade au disciplinaire.

La CGT Pénitentiaire s’insurge contre cette atteinte à la liberté d’expression syndicale et condamne cette pratique indigne de notre époque.

Parce qu’il s’agit d’une atteinte intolérable à la liberté d’expression, parce qu’il s’agit d’une atteinte insupportable aux libertés syndicales, parce qu’il s’agit d’une volonté manifeste de museler les agents sur un sujet qui dérange, la CGT pénitentiaire affirme tout son soutien à notre collègue CPIP et exige l’arrêt immédiat des poursuites disciplinaires.

Montreuil, le 24/11/2016

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