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Déclaration des syndicats UFAP – SNP FO – CGT : CTPI du mardi 29 juin 2010

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Les représentants UFAP UNSa – SNP FO et CGT ont, d’un commun accord, pris la décision de boycotter le comité technique paritaire interrégional des services pénitentiaires de Rennes du 29 juin 2010.

Les Organisations syndicales entendent ainsi dénoncer la dégradation du dialogue social sur notre région depuis un certain temps, ainsi que les mesures prises à l’encontre de 9 sites Rennais, et dont la ligne directrice insupportable vous appartient,

Concernant le dialogue social, le mécontentement des uns et des autres vise le fonctionnement de l’exercice paritaire dans un certain nombre de sites :

  • Décisions prises hors CTPS ou CTPD, convocations et documents transmis trop tardivement, déficit global de prise en compte de la parole des personnels, etc.
  • Au niveau régional, on constate une évolution néfaste qui transforme le CTPI en une réunion d’information où les thématiques importantes, pour lesquelles il doit y avoir débat, sont le plus souvent, d’initiative syndicale.

Pourtant, notre Ministre et les Organisations Syndicales, ont contracté une charte du dialogue social qui considère les représentants des personnels comme étant de vrais partenaires sociaux. Il apparaît comme paradoxal que son contenu ne soit pas respecté et que le niveau administratif inférieur appauvrisse aussi « efficacement » le dialogue.

Concernant les heures supplémentaires, vous nous avez informé, le 2 Juin dernier, de l’injonction de la DAP portant à diminuer le nombre d’heures supplémentaires sur notre région. Pour cela vous avez, d’autorité, ciblé 9 établissements considérés, sans doute, comme les mauvais élèves de la région, et leur avez fixé un quota d’heures supplémentaires au-delà duquel la rémunération serait supprimée.
Les lettres « cadre » adressées aux chefs de ces établissements, sont sans ambiguïtés sur les mesures qu’ils doivent prendre pour se rapprocher de ces quotas :

  • Diminution du service de nuit
  • Service de détention soir et matin se transformant en poste de journée
  • Diminution de l’amplitude horaire de certains postes
  • Persécution des postes fixes -* Suppression de certains postes fixes
  • Suppression de surveillants disponibles, etc.…

De cette volonté « économique » à l’encontre de nos collègues, sans prendre en compte les charges de travail supplémentaires générées par un certain nombre de missions nouvelles et par la surpopulation carcérale récurrente, va naitre une souffrance professionnelle dont vous aurez la responsabilité, avec toutes les conséquences qu’elle entrainera.

Les heures supplémentaires qui sont générées dans les établissements, reflètent un manque cruel de personnels. A aucun moment, elles n’ont été décrétées par les agents mais permettent bel et bien d’accomplir un travail ou une mission.
Les heures frictionnelles, que vous considérez comme des heures supplémentaires ont une histoire à laquelle vous seriez bien inspiré de vous référer et d’en tirer les leçons.

Dans le même esprit, vous avez décidé de ne plus avoir recours aux vacataires dans les services Administratifs et les SPIP qui sont également en proie à une charge de travail débordante et harassante, dans le cadre d’un manque d’effectifs criant.

La lutte anti gaspi est sans aucun doute nécessaire, sa définition étant une dépense qui n’a pas lieu d’être ou qui ne sert à rien, elle ne peut donc pas avoir pour cible, les personnels, les services, les établissements ou nos missions.

Les Représentants des personnels dénoncent des décisions stigmatisantes ainsi qu’une politique Nationale et Régionale qui :

  • Vont ramener notre Administration plusieurs dizaines d’années en arrière
  • Vont alourdir les missions qui nous sont confiées
  • Vont mettre nos collègues en grande détresse physique et psychologique
  • Vont compliquer très dangereusement le fonctionnement des établissements
  • Vont faire resurgir l’insécurité pour les personnels et nos concitoyens
  • Vont mettre en danger les missions de service public que nous devons à la société

Bien sûr, dans le même temps, elles continueront à protéger les bons petits soldats et les responsables sous leurs « parapluies » habituels et anti-risque.

Le discours, beaucoup plus prudent, tenu par la DAP est divergeant du vôtre notamment sur la question de la sécurité et sur le maintien du service public.

Les Représentants des personnels n’accepteront pas que l’Administration Pénitentiaire, par votre voix, valide une mise en place d’un dysfonctionnement généralisé dans nos établissements, qui bien loin de faire des économies, provoquera détresse et situations dramatiques.

Enfin, les syndicats siégeant au CTPI vous informe que cette initiative n’est qu’une première action qui trouvera son prolongement dans d’autres manifestations revendicatives plus fortes s’il advenait que nous ne soyons pas entendu ou pour le moins ignorés comme il est devenu d’usage pour vous de le faire.

Rennes le 29 juin 2010

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