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Déclaration liminaire CGT au CTPSE du 20 juillet 2010

mercredi 21 juillet 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Monsieur le président, mesdames et messieurs,

Le CTPSE de ce jour est important, puisqu’il vient directement en réponse au mouvement social de mai-juin 2008. A l’époque, votre administration avait présenté une réforme statutaire qui revalorisait une nouvelle fois exclusivement l’encadrement, sans rien proposer de sérieux aux travailleurs sociaux.

Cette réforme, innentendable, a jeté toute une profession dans la rue et vous a contraint à revoir votre copie. Alors que les projets de la DAP étaient considérés comme inamovibles, ce mouvement historique et légitime a forcé l’administration à accorder aux travailleurs sociaux la
revalorisation qui leur était dû depuis de trop nombreuses années. En ce sens, les décrets statutaires, qui marquent aujourd’hui une progression significative des rémunérations des CIP et du reste de la filière sont le fruit de la lutte des collègues, sur le terrain, syndiqués et non syndiqués, qui auront pris leur responsabilité pour imposer le rapport de force.

Cette victoire ne masque pas la supercherie à laquelle s’est livrée l’administration pénitentiaire.

La revalorisation du corps des travailleurs sociaux de l’administration pénitentiaire était un du.

Rien ne justifie en revanche la dérive constatée quant à leurs missions, la volonté de réorganiser les services sur des principes bureaucratiques, ou le choix d’axer leur formation sur une criminologie aux bases scientifiques discutables, en oubliant ce qui constitue notre culture professionnelle. Le chantage auquel s’est livrée ’administration pénitentiaire, en liant la question des missions à une revalorisation statutaire n’était pas acceptable, et la CGT a refusé et refuse toujours de cautionner ce jeu de dupe. Les caractéristiques des publics qui nous sont confiés font de nous des travailleurs sociaux de première ligne, et rien ne justifie votre obsession à nier l’importance de l’accompagnement éducatif qui constitue aujourd’hui notre réel coeur de métier.

Par ailleurs, le cynisme dont vous faites preuve à l’égard des Assistants de service social est tout à fait insultant pour des agents qui servent le service public pénitentiaire depuis de nombreuses
années. Aujourd’hui, et malgré les interpellations répétées de notre organisation, l’administration ne daigne pas leur faire part du sort qui leur est réservé. Certes, la possibilité d’intégration dans le nouveau corps est répétée, mais en revanche, les autres hypothèses sont délibérément laissées sous silence.

Quid des ASS qui ne feraient pas le choix d’intégrer ? Le dernier memo SPIP est à ce sujet particulièrement navrant puisqu’il se contente d’une information laconique dont on ne peut tirer aucune conclusion. C’est pourquoi nous avons inscrit ce point à l’ordre du jour. Il en va de
votre responsabilité, aujourd’hui, d’expliquer aux personnels ce qu’ils sont en droit d’attendre. Le mépris adressé à ces personnels doit cesser.

La situation aujourd’hui dans les services est extrêmement préoccupante. Entre les effets catastrophiques de la préaffectation, la mise en place de la loi pénitentiaire dont on redoute les conséquences sur la charge de travail, le sous-effectif permanent, les contraintes de plus en plus lourdes et les injonctions de plus en plus nombreuses qui pèsent sur les agents, la ligne d’horizon qui verrait un fonctionnement satisfaisant s’approcher aura rarement paru aussi éloignée. Sans
compter que le non-renouvellement de contractuels, à des postes stratégiques et pour des besoins pérennes, sans procéder à des recrutements de titulaire, risque d’engendrer toujours plus de
dysfonctionnements.

La charge de travail n’est pas non plus allégée par les multiples expérimentations en cours, dont une bonne partie de délirantes. La CGT soutiendra touts les innovations au service des agents ou
des publics pris en charge. Mais aujourd’hui force est de constater qu’il y a tellement de sites pilotes sur l’ensemble du territoire que les SPIP ressemblent de plus en plus à des circuits de formule 1.

A Montreuil, le 21 juillet 2010

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