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Déclaration liminaire CTPSE du 5 septembre 2011

lundi 5 septembre 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Déclaration liminaire CTPSE du 5 septembre 2011

Monsieur le directeur,

Cette déclaration sera courte, car nous pouvons tous faire l’économie de bavardages en ce qui concerne la situation des SPIP. Tout a été dit, le temps est venu de procéder à des annonces fortes en la matière.

- Ce CTPSE, même s’il n’en finit pas de mourir, sera sans doute le dernier. Et pourtant il n’aura pas échappé au grotesque puisqu’il se tient après le CTPAP, rendant ainsi caduque toute velléité de vote sur les textes proposés. Ce qui prouve que votre volonté de formalisme est unilatérale, puisqu’elle vous autorise à refuser d’inscrire à l’ordre du jour la question de la pré-affectation, mais ne vous interdit pas d’inverser l’ordre de consultation des instances de dialogue social. Chacun appréciera cette vision à géométrie variable des textes règlementaires.

- Depuis le dernier CTPSE, les difficultés rencontrées dans le cadre de la gestion des RH ont connu un nouvel épisode, avec la décision incompréhensible de décaler la prise de poste d’un certain nombre de collègues mutés, et de les en informer au milieu de l’été, si possible juste après leur départ du service. Notre organisation syndicale ne peut accepter que les errements connus depuis début 2011 s’installent comme le fonctionnement désormais habituel de la direction de l’administration pénitentiaire. Nous continuerons donc, quand bien même cela vous est désagréable, à dénoncer, par tous les moyens possibles, les dysfonctionnements désormais chroniques. Et nous continuerons à rappeler à l’administration les engagements qu’elle avait pris, et en premier lieu la fin du système de pré-affectation des stagiaires CPIP.

- Nous tenions à vous rappeler le plus important. Pendant plusieurs mois, les personnels des SPIP se sont mobilisés suite à « l’affaire de Pornic » et aux accusations infondées et populistes de Sarkozy. Cette mobilisation aura permis de révéler au grand public le délabrement caractérisé des services d’insertion et de probation, en premier lieu en termes de moyens. Le ministère n’aura eu lui même d’autres choix que de reconnaître la « sous-administration » des SPIP, et d’admettre le manque d’effectif. De cette soudaine découverte, le ministère n’aura pourtant pas tiré immédiatement des conséquences. Les seules réponses apportées alors étant le recrutement de contractuels et de retraités, et une brusque appétence pour les rapports et autres groupes de travail. Pour donner le change à une opinion publique qui a découvert avec effarement la triste vérité, l’arrivée annoncée dans les services des réservistes est suffisamment scandaleuse pour que, même avec la plus mauvaise foi, l’administration ne puisse faire autrement que de le reconnaître. Recruter des retraités pour renforcer les SPIP ? En plus d’être ridicule, cette décision nuit au recrutement de personnels titulaires, qui plus est dans un contexte de chômage de masse et d’attaques contre le droit à la retraite. Elle remet en cause la reconnaissance de la pénibilité du travail des personnels de surveillance. Vous comptez procéder à l’embauche de 200 réservistes, alors qu’avec les 3 millions d’Euros que cela va coûter, c’est près d’une centaine de CIP et de personnels administratifs que vous auriez pu, dès à présent, recruter.

- Aujourd’hui, vous disposez donc d’une demi-douzaine de rapports produits au cours du premier semestre, allant du plus rigoureux au plus fantaisiste. Ces rapports sont parfois convergents, et souvent contradictoires (même sur des points fondamentaux). Bref, voilà plusieurs kilos de littérature supplémentaire sur les SPIP, pour venir se rajouter à l’abondante prose déjà existante. La seule question qui se pose désormais est la suivante : le ministère de la justice et l’administration pénitentiaire sont-ils décidés à garantir un service public de l’insertion et de la probation digne de ce nom ? Sont-ils décidés à permettre enfin aux personnels d’accomplir convenablement leurs missions ? Vont-ils décider d’enfin envoyer un signal fort en ce sens, ou décidez-vous d’attendre le prochain fait divers sordide pour à nouveau redécouvrir une réalité que les professionnels n’ont eu de cesse de rappeler à vos prédécesseurs ?

A Montreuil, le 5 septembre 2011

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