Accueil > Communiqués > Nationaux > Déclaration liminaire de la CGT Pénitentiaire au CTP-AP (...)

Déclaration liminaire de la CGT Pénitentiaire au CTP-AP du 4 juillet 2011

mardi 5 juillet 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
PDF - 41.7 ko
Décalaration liminaire à télécharger

Pour ce premier CTPC depuis votre nomination comme directeur de l’administration, la CGT pénitentiaire entend vous exprimer ses inquiétudes et ses attentes quant aux conditions générales de travail des différents personnels pénitentiaires.

En effet, ces dernières années ont été marquées par une forte dégradation des conditions de travail des personnels pénitentiaires quelques soient leurs corps d’appartenance.

Les conséquences de certains choix politiques unilatéraux tels les restrictions budgétaires, la mise en œuvre de la RGPP, l’empilement législatif, ont des incidences directes sur les conditions d’exercice de nos missions et le service public pénitentiaire.

La volonté de fermeture des miradors, et les restructurations organisées par la mise en place des « plateformes interrégionales », sont les derniers exemples de la politique du gouvernement qui veut réduire les emplois au détriment de la qualité du service que nous sommes censés rendre.

La CGT pénitentiaire n’a de cesse de combattre cette politique de casse du service public, essaie, par tous moyens, de stopper ce rouleau compresseur qu’est la RGPP. Si à force de ténacité, nous avons obligé l’administration à reculer et à stopper certains projets tels des fermetures de prisons, la situation et l’avenir des personnels demeurent précaires.

Alors que le nombre de personnes sous main de justice augmente de manière démesurée, que le nombre de détenus atteint des sommets rarement égalés, le ministère de la justice :

- Refuse un renforcement pérenne des SPIP,
- Mutualise et délocalise différents services administratifs,
- Ferme des prisons à taille humaine et en construit des humainement ingérables,
- Impose de nouvelles missions à la justice comme les extractions judiciaires sans les moyens suffisants,
- Supprime des postes de sécurité pour faire des économies de personnels…

Attachés à un service public de proximité et de qualité, nous ne nous inscrivons pas dans cette démarche niant le fondement de nos missions.

La CGT pénitentiaire revendique d’ailleurs depuis de longues années une refonte statutaire de tous les personnels. Le niveau de recrutement, la formation, les conditions d’exercice, la pluridisciplinarité, le contenu des missions, sont les clés de voute de la transformation que nous souhaiterions voir mise en place dans notre administration.

Pour exemple, nous revendiquons pour les personnels de surveillance la catégorie B, ce qui induit une autre formation, de nouvelles responsabilités, une plus grande implication dans le suivi du projet d’exécution de la peine des personnes incarcérées, une participation active des personnels de surveillance dans un travail pluridisciplinaire, des prisons à taille humaine, une réflexion sur les actes professionnels liés à la mission de réinsertion…
Le morcellement des tâches, imposé par les dernières réformes statutaires (des personnels de surveillance, administratifs, techniques ou des travailleurs sociaux), nous éloigne considérablement de cette ambition d’évolution puisque réducteur pour les uns et les autres.

Les personnels souffrent énormément de ne pas pouvoir exercer dans de meilleures conditions, de ne pas accomplir leurs missions, de ne pas enrayer les fléaux de violence et de suicides dans les détentions, et de faire des quantités d’heures supplémentaires. Ils le paient très cher en termes de santé et de suicides ! La souffrance du travail est grande. La dernière étude de l’INSERM sur les suicides des personnels pénitentiaires est révélatrice du malaise ambiant dans notre profession. Lorsque le taux de suicide chez les personnels pénitentiaires est 35 % supérieur à celui de la population, l’urgence est bien à la prévention des risques psychosociaux et à la suppression des facteurs qui dégradent notre état de santé.

Nous espérons que vous prendrez rapidement conscience du délabrement de la condition pénitentiaire. Nous attendons de vous une réelle implication dans la réflexion sur le contenu de nos missions et sur les moyens à mettre en place pour que nous puissions remplir dignement nos différentes missions.

Pour cela, le dialogue social dans cette administration doit être repensé. Il doit évoluer selon les principes posés par les accords de Bercy. Un syndicat représentatif ne doit aucunement être écarté des discussions, des négociations ou des groupes de travail. L’administration ne doit plus limiter son champ de concertation à des organisations minoritaires.

Monsieur le directeur, rétablissez enfin la démocratie au sein de notre administration. Restituez les droits élémentaires aux personnels pénitentiaires.

A la CGT pénitentiaire, nous refusons d’être traités comme des sous fonctionnaires sans droits. Nous revendiquons le droit de grève, de manifestation, d’expression, de retrait, ainsi que les garanties disciplinaires accordées aux autres fonctionnaires. En ce sens nous vous demandons d’engager rapidement un travail sur ces questions essentielles puisqu’elles participent à la reconnaissance de notre professionnalisme et de notre sens des responsabilités.

Nous souffrons déjà d’une image parfois très déformée et caricaturale de la part de la population générale, subir la mésestime de notre administration nous insupporte d’autant plus.
L’abrogation du statut spécial est incontournable et marquerait une réelle évolution d’une administration encore trop rétrograde.

Monsieur le directeur, la CGT pénitentiaire a donc beaucoup d’attentes et de revendications. Jamais résignés ou fatalistes, nous menons continuellement des combats pour l’amélioration de nos conditions. Notre engagement est serein et tenace parce que nous le pensons juste et légitime. Nous espérons que le votre sera à la hauteur de nos attentes.

Plan du site | Infos légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page