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Déclaration liminaire de la CGT Pénitentiaire au CTPAP du 02 septembre 2011

vendredi 2 septembre 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Déclaration liminaire de la CGT Pénitentiaire au CTPAP du 02 septembre 2011

Monsieur le directeur,

Depuis plusieurs années, la politique gouvernementale consiste à réduire coûte que coûte les dépenses publiques. Ces réductions se traduisent par un désengagement de l’Etat pour certaines missions, une diminution du nombre de fonctionnaires, des restructurations de service qui entament, avec certitude, la qualité du service public.

Les budgets du ministère de la justice, malgré une augmentation en trompe-l’œil, subissent de plein fouet ces choix politiques.
En plus des réductions des dépenses, nous endurons aussi les conséquences d’une politique pénale répressive. Il est en effet intolérable de voir qu’à côté des restrictions budgétaires et du désengagement de l’état, coexiste une politique de sur-incarcération intensifiée depuis les déclarations accusatrices du chef de l’état suite à l’affaire dite de Pornic ! Depuis ces accusations irresponsables portées par le Président vis-à-vis de l’ensemble des acteurs de la chaine pénale, les taux d’incarcération connaissent une augmentation considérable ! Juillet 2011 : 73 320 personnes placées sous écrous soit 6.8% de plus qu’en 2010 ! Effet immédiat : les conditions de travail et de détention sont plus que dégradées ! Tout le monde en a assez !

L’agrandissement incessant du parc pénitentiaire est un gouffre financier pour les contribuables alors que le gouvernement leur fait croire que la privatisation des prisons ferait réaliser des économies à l’Etat. Les dernières constructions de prisons du plan 13200 places ont un coût faramineux, que ce soit en termes de location ou de gestion quotidienne… Et malgré les soit-disantes restrictions budgétaires, de nouveaux plans de construction sont envisagés. L’état français ne compte certainement pas réduire le nombre de détenus ! Plus les places de prisons augmentent plus le taux d’incarcération s’accroit, et plus augmentent les profits réalisés par Bouygues, Eiffage et autres amis du gouvernement…

Il faut croire que si cette politique coute cher en terme social et financier à la population, elle rapporte de l’argent aux investisseurs privés et aux entreprises du CAC 40 ! D’ailleurs, Pierre Berger, nouveau PDG d’Eiffage ne se trompe pas ! Les prisons doivent se revendre à bon prix, puisque dans une interview accordée au Figaro (29/06/11) sur la réorganisation de l’entreprise, il déclare : « Cette année, nous comptons réduire notre dette en vendant quatre prisons que nous avons en partenariat public-privé ».

D’aillleurs, Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des Finances de l’Assemblée nationale dans son commentaire du rapport annuel de performance de la mission « Justice », publié le 21 juin 2011 écrit : « Les loyers versés dans le cadre des partenariats publics privés progressent toujours : de 31 millions d’euros versés en 2009, ils passent à 58,7 millions d’euros en 2010 », « La part prise par les loyers au sein des crédits de fonctionnement s’accroît, réduisant la marge de manœuvre pour l’entretien des établissements pénitentiaires gérés en régie et les autres dépenses telles la santé des détenus ».

Comme nous l’avons dit maintes fois, la CGT pénitentiaire souhaite certes une rénovation de certains établissements mais certainement pas un agrandissement du parc pénitentiaire. De plus nous demandons une gestion publique qui est à la fois plus économique et plus éthique !
Nous ne voulons pas que les partenariats public-privé continuent à grever le budget. Vous devez recentrer les finances sur le recrutement des personnels, la formation et la reconnaissance statutaire, sur les moyens alloués pour la mise à exécution des décisions de justice.

Le budget étant en discussion jusqu’à la fin de l’année, je vous demande de tout faire pour que les emplois budgétisés soient à la hauteur des besoins de chaque service, de chaque prison.

La CGT vous rappelle l’estimation minimale des besoins urgents en personnels :
Conseillers d’Insertion et de Probation (CIP) : 1000 emplois conformément à l’étude d’impact de la loi pénitentiaire ;
Personnels Administratifs (PA) : 800 emplois ;
Personnels de Surveillance (PS) : 2000 emplois pour seulement les missions actuelles ; Concernant d’éventuels transferts de missions, il est hors de question de ponctionner sur l’existant ;
Personnels Techniques (PT) : 147 emplois.

Face à cette grande pénurie, face au manque de moyens alloués à la justice, il serait inconvenant que certains multiplient les transactions financières en vendant des prisons. Pouvez nous expliquer, monsieur le directeur, comment Eiffage compte réduire ses dettes en vendant 4 prisons ?

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