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Déclaration liminaire élus CAP des CIP des 27, 28 et 29 juin 2011

lundi 27 juin 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Déclaration liminaire élus CAP des CIP des 27, 28 et 29 juin 2011

Monsieur le président

Vous conviendrez largement avec nous de l’extravagance de la situation dans laquelle nous nous trouvons au moment de l’ouverture de cette CAP de CPIP. En ayant tenté cette année la saisie des informations sous logiciel « harmonie » (au manque de fiabilité légendaire), pour une CAP de mobilité très importante, il paraissait évident que nous nous trouverions face à un abîme insurmontable. En nous transmettant seulement le 10 juin les documents nécessaires aux travaux, nous pressentions la préparation hasardeuse de cette CAP. Le fiasco était inévitable.

Cette situation est la conséquence de la déliquescence dans laquelle se trouve la direction de l’administration pénitentiaire depuis un an et demi, situation particulièrement inquiétante pour les personnels.
Nous n’osons imaginer ce qui se passerait dans un SPIP si une telle incurie et un tel degré d’irresponsabilité devaient régner localement. L’administration centrale n’hésiterait pas à sortir l’artillerie qu’elle manie si bien quand il s’agit de pressuriser les personnels.

Nous sommes également abasourdis par le délitement de la rigueur que des fonctionnaires sont en droit d’attendre d’une administration qui les emploie. En effet, l’échec de la préparation de cette CAP est également symptomatique de la manière dont les SPIP sont gérés d’un point de vue administratif. Il faut savoir qu’aujourd’hui il s’écoule environ un an entre le moment d’une décision et la signature de l’arrêté par l’agent. Sans entrer dans les détails, nous pouvons vous affirmer que les dossiers administratifs des agents dans les SPIP sont traités de façon particulièrement approximative et fantaisiste, et cela à tous les échelons : du service, des DISP comme de la centrale. Quand nous affirmons que notre filière est méprisée par cette administration, il ne s’agit pas d’une posture. C’est dans les faits, concrètement, notamment par ce qui vient de se produire, que cela se vérifie.

Notre organisation n’a eu de cesse de vous alerter depuis janvier sur les moyens alloués à RH4, section SPIP. Aussi la CGT exige que des moyens humains et en formation soient octroyés à ce service, pour enfin permettre une gestion acceptable des corps de la filière insertion et probation.

Nos collègues sont fatigués de l’approximation avec laquelle ils sont traités :

  • plus de six mois de retard dans la mise en place de la nouvelle grille indiciaire ;
  • aucune réponse sur la publication des résultats d’un tableau d’avancement non-conforme aux travaux issus de la CAP de janvier ;
  • pas plus de réponse sur nos questionnements sur la nomenclature des résidences administratives
  • sans compter toutes les questions en suspens

Les absences de réponses des services de la DAP, le manque de diligence, en nous renvoyant systématiquement à d’hypothétiques réponses des services juridiques ou à un arbitrage hiérarchique — toujours impossible tant il est soumis lui-même à une autorité supérieure — ne sont pas sans nous interroger sur l’efficience d’une administration qui ne cesse pourtant de louer les “process qualité” dans ses documents de propagande interne.
Pour les personnels et leurs représentants, cette inconsistance et cette vacuité de l’administration centrale deviennent insupportables. Un tel décalage, notamment au regard des efforts consentis par les personnels sur les terrains, n’est plus acceptable.

Nous devons également revenir sur la manière dont les assistants sociaux ont été traités depuis la fin de l’année dernière. L’administration a fait le choix de laisser pourrir une situation sans informer clairement, par des éléments réalistes et précis, ces agents quant à leurs missions et leurs résidences administratives, laissant aux organisations syndicales le soin d’interpréter les différents textes pour tenter de les éclairer sur les conséquences du choix qu’ils devaient effectuer. L’amertume est grande chez un grand nombre de ces collègues qui n’ont pas eu toutes les cartes en main pour se positionner. Amertume d’autant plus grande qu’aujourd’hui, suite à la mobilisation des travailleurs sociaux, la question d’une validation au niveau licence de leur formation, et d’un éventuel reclassement en catégorie A, est évoqué. Si cette hypothèse venait à se concrétiser, la rancœur dans la filière insertion et probation serait énorme vis-à-vis d’une réforme statutaire dont aucune évolution financière n’est perceptible, au contraire de la perte de sens du métier. Comment croire aujourd’hui les arguments des signataires du protocole qui affirmaient que seul un « décrochage du social » autoriserait une évolution statutaire ? Cette imposture a déjà été démasquée par notre combat, couronné de succès, pour obtenir la reconnaissance de notre expertise en accompagnement socio-éducatif, et donc notre rattachement au travail social. Mais nous voyons aujourd’hui qu’elle risque aussi de conduire à une déqualification des travailleurs sociaux pénitentiaires. Le risque est en effet grand de les voir devenir des opérateurs de saisie dans un « SPIP pluridisciplinaire » fantoche, plutôt que de se concentrer sur leur réel savoir-faire.

Enfin dernier point, et parce que l’affaire de Pornic a explosé après la dernière CAP de janvier. Nous devons vous dire notre écœurement face à l’attitude des hauts responsables de l’administration pénitentiaire durant toute la tempête médiatique engendrée par cette affaire. Des collègues, et plus généralement un service entier, ont été vises d’une manière hallucinante et particulièrement agressive par les plus hautes autorités de l’Etat. Dès le départ, l’administration s’est refermée comme une huître, laissant seuls les personnels dans la tourmente médiatique. Dès le 22 janvier notre organisation syndicale s’est activée pour construire une intersyndicale qui a connu le succès que vous savez, démontrant l’irresponsabilité qu’il y a de toujours vouloir chercher un bouc-émissaire, et révélant aux Français incrédules la réalité des charges de travail du monde judiciaire et le fonctionnement de la chaîne pénale. Cinq mois après le début de cette affaire, les rapports qui se succèdent aux précédents, répètent les constats connus : délabrement de l’ensemble de la filière en terme de charge de travail, manque de personnels dans les SPIP, personnels administratifs et d’encadrement compris, instabilité professionnelles dues à la multitude et à la confusion des réformes depuis 2002.

Il est temps que tout cela change. Notre organisation s’y attellera de manière ferme et combative, sans hésiter à hausser le ton.

Les élus CAP, le 29 octobre 2010

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