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ENAP-Cérémonie promo CPIP 17
Fantaisie militaire

lundi 29 juillet 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le jeudi 25 juillet 2013 a eu lieu à l’Ecole Nationale d’administration pénitentiaire une désormais traditionnelle « cérémonie » pour la fin de première année de la 17ème promotion de CPIP. Ces cérémonies, d’inspiration militaire, concernent tous les corps de métier et sont devenues ces 5 dernières années les temps forts de ce qui reste de vie à l’ENAP.

Chaque année, on assiste donc au même spectacle de collègues contraints de se soumettre à ce « baptême pénitentiaire », mais en cet après-midi du 25 juillet 2013 à Agen, où les températures ont atteints leurs pics estivaux, le spectacle a été grandiose, les discours des officiels resteront à jamais dans les mémoires !

BILAN DE LA PARADE : 14 INTERVENTIONS DES SERVICES D’URGENCE POUR DES MALAISES ET DES PERTES DE CONNAISSANCE, 3 COLLEGUES HOSPITALISES !!!

Pourquoi avoir imposé cette mascarade un jour de canicule, en alignant en rang d’oignon des professionnels sous un soleil accablant ? Encore une fois, l’ENAP nous a gratifié d’un témoignage édifiant du mépris des personnels, tout juste considérés comme des futurs petits soldats, pour promouvoir artificiellement l’image de l’institution pénitentiaire et tenter vainement de faire oublier la réalité catastrophique des établissements et services pénitentiaires qu’il faudrait taire et accepter sans rien dire.

Manifestement, le changement de direction à l’ENAP n’a servi à rien : les cérémonies au drapeau inutiles et coûteuses restent de rigueur. La vocation du projet initial qui a conduit à la création de l’ENAP à Agen en 2000 est de transmettre les savoirs nécessaires aux professionnels pour exercer leurs missions. S’il fallait une nouvelle preuve de la mise sous tutelle qui ne dit pas son nom de l’établissement public par une administration centrale plus soucieuse de son image que des conditions dans lesquelles elle contraint les professionnels à exercer, pas besoin d’aller chercher plus loin…

La Cgt Pénitentiaire ne peut plus accepter que le renflement de ce décorum devienne le projet politique et pédagogique de l’ENAP, que l’école soit réduite à n’être qu’un vecteur de communication de l’administration pénitentiaire abolissant toute expression critique, quand nos missions de service public sont de plus en plus décrédibilisées et mises à mal par la concurrence privée, quand des réformes de fond auxquelles doivent être associées les professionnels sont en préparation. Toutes ces cérémonies s’accumulent depuis quelques années parallèlement à l’appauvrissement du contenu et de la qualité des formations proposées, et des budgets qui leur sont consacrés.

De là à dire qu’il y aurait une relation de cause à effet, il n’y a qu’un pas que nous franchissons : à défaut de se donner les moyens de promouvoir les compétences et une recherche indépendante, d’œuvrer à la reconnaissance des professionnels et au décloisonnement des savoirs, l’ENAP se replie de plus en plus sur des principes disciplinaires qui ne sont pas sans rappeler ceux à l’œuvre dans les casernes.

Voilà un nouvel exemple par l’absurde qui devrait enfin constituer le « point de rupture » à partir duquel les nouvelles modalités de formation des professionnels doivent être repensées pour répondre aux enjeux de demain. La nouvelle direction saura t-elle tirer les enseignements de ce fiasco et reconnaître sa responsabilité après avoir sciemment mis en danger la santé des personnels pour ne pas rater la dernière photo avant les vacances estivales ?

Il reste encore une semaine à passer avant le départ sur les lieux de pré-affectation, où les stagiaires auront le privilège de servir de variables d’ajustement dans les services les plus en difficulté à défaut de bénéficier une formation initiale répondant aux enjeux d’avenir de la profession.
La Cgt Pénitentiaire leur souhaite bon courage et bon rétablissement, et surtout de pouvoir profiter de leurs vacances avant leur arrivée dans les services, où ils sont attendus par les professionnels de terrain qui œuvrent quotidiennement et sans cérémonie au respect des valeurs du Service Public tout court.

Espérons maintenant pour eux que les cérémonies pompeuses, les discours creux et les enseignements vides ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

La prochaine fois, remplacez les saluts au drapeau par la remise d’un diplôme qualifiant : cela ne coûtera pas beaucoup plus cher, sera moins dangereux, et surtout beaucoup plus bénéfique à long terme pour la reconnaissance des professionnels et de l’action du service public…

Montreuil, le 29 juillet 2013

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