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ENAP : Des perspectives et Un budget en deçà des enjeux !

vendredi 2 décembre 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Il reste seulement quelques mois au gouvernement et au Président pour démontrer aux pénitentiaires toute l’importance qu’il porte à nos métiers et à leurs évolutions. Nous avons eu les discours, nous attendons les actes !

Pour la CGT Pénitentiaire, les questions d’attractivité des métiers, de leur enseignement de qualité pour répondre aux missions pour former d’une façon optimale les jeunes collègues, passent aussi par un projet structurel cohérent, adossé à une perspective à long terme, visant à ce que l’ÉNAP soit l’outil approprié et efficace.

Pour l’instant, il ne l’est plus, ou moins, d’une manière inquiétante. Les professionnels de l’ÉNAP font l’impossible avec les moyens du bord !

Quelques causes essentielles et des pistes proposées par la CGT Pénitentiaire :

 Il faut mettre en perspective la capacité d’accueil avec les projections d’entrées : Sur les 850 chambres possédées par l’ÉNAP, 611 ont été doublées. La capacité d’hébergement est de 1375 lits ! La capacité pédagogique en salles de cours ou en amphi est de 1532 places.

 Les promotions massives de tous corps qui s’y côtoient placent l’école en état de surpopulation permanente et les collègues dans des situations de promiscuité indignes ! Plus aucune promo n’échappe désormais au doublement en chambre. Ceci induit le pire en matière d’étude.
Pareillement, les cours surchargés entrainent des séances saturées d’élèves en amphithéâtre dans lesquelles, il n’est ni aisé d’enseigner, ni d’étudier. Cette obligation de faire interroge d’autant plus que la plupart des élèves n’ont pas l’habitude de prendre des notes en amphi. Ce n’est tout de même pas la fac ! Pourtant, tout le monde sait que les 2/3 des collègues de la 191ème promotion, par exemple, ont déjà eu une autre carrière avant de réussir le concours !

 Rien n’indique que l’école baissera en volume de recrutement, tout au contraire : 850 élèves surveillants forment la 191ème promotion ; 3 promotions de 760 élèves surveillants chacune sont attendues en 2017 ;
Sous les dix ans, 1300 surveillants partiront à la retraite, il faudra bien les remplacer ; Les 10 000 places de prisons prévues généreront forcément des emplois supplémentaires ; Les nouvelles missions également sans compter l’introduction tôt ou tard des enseignements sur le port de l’arme, etc ; Et sans oublier l’ensemble des autres corporations pénitentiaires à former : PIP, PA, PT, Officiers,1ers Svt et DSP.

 Un budget 2017 inquiétant : Sans noyer de chiffre nos lecteurs et collègues, il est un indicateur révélateur de la sous dotation budgétaire endémique de l’ÉNAP. La subvention DAP pour charges de service public baisse d’année en année. Cette dotation est structurée sur la base d’un ratio en fonction du nombre de journées élèves (NJE). Le coût de la journée élève était de 200,43 € en 2013. Il sera de 132,80 € en 2017 ! La baisse du ratio est donc de 67,63 € par NJE en 4 ans, soit une baisse de – 33,7 % !

 Pareillement, alors que les recrutements se densifient, le plafond d’emploi stagne : 239 ETP envisagés en 2017 contre 236 en 2015. Soit 3 en plus, dus essentiellement au PLAT (Projet de loi antiterroriste). La direction de l’école nous avoue qu’il faudrait au bas mot 30 ETP supplémentaires de tous corps !

 Le contrôleur du budget de l’ÉNAP a jugé le projet de budget de l’école pour 2017, de « soutenable mais fragile ». A nouveau, nos dirigeants considèrent que les dépenses obligatoires « pèsent trop » dans le budget. Salaires, frais de déplacement, hébergement, restauration, fluides et contrats d’entretien représentent 94,3 % du budget. Et alors, vont-ils à nouveau rogner sur la restauration ou autre ?

La CGT Pénitentiaire demande au Ministre des clarifications :

 Quid d’une extension massive du nombre de places d’hébergement et d’études sur Agen avec un objectif clair de un étudiant par chambre ? Ou alors, quid d’une nouvelle école en un autre lieu ? A quand un arbitrage gouvernemental ? Sachant que la CGT Pénitentiaire n’a pas une vision éclatée des corporations. Nous souhaitons une présence « Énapienne » multicatégorielle sur site.

 A quand l’ouverture d’un débat transparent sur ces questions avec les
partenaires sociaux ?

Les personnels pénitentiaires n’attendent pas des discours flatteurs ni des promesses : Ils veulent des actes concrets !
L’urgence est absolue ! La CGT Pénitentiaire appelle le Garde des Sceaux à faire
de l’école, l’une de ses grandes priorités de fin de mandat. Il doit attribuer les crédits nécessaires pour faire face aux enjeux considérables que représentent les missions de service public pénitentiaire et leurs évolutions. Et ainsi, l’enjeu que représentent la qualité d’accueil, d’hébergement et d’enseignement pour y répondre !

Montreuil, le 2 décembre 2016

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