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ESCORTES : CA VA MAL FINIR !

lundi 23 juillet 2012  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

La diversification de nos missions de service public est portée par certains comme un symbole. Les extractions judiciaires et médicales, pudiquement qualifiées de « nouvelles missions » pénitentiaires, devaient à grand renfort d’assermentation et autres faux-semblants, incarner l’évolution valorisante et hypocrite d’une pénitentiaire présentée comme étant la troisième force de sécurité publique.

La CGT dénonçait en son temps, en toute responsabilité, une dérive contraire à nos vocations et à notre savoir faire. Selon nous, les pénitentiaires n’ont pas compétence à se substituer aux forces de l’ordre. Le recul et l’état des lieux après maintenant X mois d’exercices, confirment objectivement notre réserve et notre hostilité exprimée alors.

Définitivement incapable d’assumer ses ambitions, c’est dans l’improvisation la plus totale, sans moyens ni réflexions, que la pénitentiaire hérite de missions aussi contraignantes que rébarbatives et dangereuses, dont les syndicats de Police se flattent par ailleurs de s’être débarrassés.

Outre l’insuffisance prévisible et manifeste de moyens, la CGT Pénitentiaire entend dénoncer l’explosion en nombre des extractions médicales, bien plus conséquentes aujourd’hui que du temps où la police et la gendarmerie les honoraient.

Alors que certains syndicats projetaient l’adhésion massive du personnel vers « cette alternative à la détention » que sont ces nouvelles missions, la réalité entérine l’affectation dès la sortie de l’ENAP, avec ses conséquences pour les établissements, de nos jeunes collègues stagiaires vers des fonctions que les agents plus expérimentés rejettent.


Bien plus alarmant, la CGT Pénitentiaire s’inquiète de la multiplication des incidents graves et notamment des évasions et tentatives lors des extractions médicales. D’autant que l’usage d’armes à feu se banalise. Il est le reflet de la détermination de complices extérieurs nullement impressionnés.

Si la CGT Pénitentiaire exige de l’administration un état des lieux et un recensement transparent de l’ensemble des incidents ayant émaillé ces missions depuis leur création, nous mettons en garde autant l’AP que d’autres syndicats, de la tentation simpliste d’une surenchère sécuritaire identifiant le port d’armes comme la solution à l’intolérable progression des violences.

Sans compétences ni qualité sur la voie publique, un personnel pénitentiaire dans le cadre d’une mission d’escorte ne dispose d’aucune autorité à l’égard de personnes autre que la PPMJ.

Quel que soit l’estimation des agents, y compris s’ils devaient juger suspect le comportement d’un individu, le contrôle d’identité ainsi que toute autre injonction formulée à l’égard de l’intéressé est inconcevable et contraire à la loi, les pénitentiaires ne disposant d’aucune autorité de police.

Dans ces conditions, être armé ne présente aucune valeur ajoutée et pire, ne ferait qu’accroître plus encore les risques qu’encourent des personnels pénitentiaires mal formés.

Au vu des derniers évènements survenus dans les DI de Strasbourg ou Marseille, etc, où le scénario de la tentative d’évasion cible les escortes médicales avec le recours banalisé d’arme à feu, La CGT revendique l’encadrement policier lors des différentes extractions.
A chacun son métier !

Montreuil, le 23 juillet 2012

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