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Et l’AP créa... L’insécurité

mercredi 5 juin 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

L’ordre du jour du Comité Technique de l’Administration Pénitentiaire de ce jour est révélateur du décalage effarant, et ce à tous les niveaux entre les politiques menées par l’administration pénitentiaire et la réalité des terrains.
Ce décalage criant se manifeste dans le manque d’anticipation et de réactivité de l’administration. L’inertie mêlée à l’opacité est sur trop de sujets une méthode bien rôdée.

Nous allons examiner aujourd’hui des projets de texte relatifs à des sujets qui relèvent d’enjeux importants pour les personnels de l’administration : les recrutements réservés des agents non titulaires et la sécurité dans les SPIP. Pour ces deux sujets, il aura fallu plus de deux ans pour envisager un début de concrétisation !

En effet, le protocole du 31 mars 2011 concernant la résorption de l’emploi précaire au sein de la fonction publique devait permettre aux administrations d’anticiper le repérage des agents éligibles, leur information et la préparation des dispositifs qui devaient s’appliquer dès la promulgation de la loi Sauvadet, le 12 mars 2012. Pendant tout ce temps, le ministère de la justice, mauvais élève de la fonction publique a laissé les agents non titulaires dans le flou le plus total. Il aura fallu encore plus d’une année avant qu’une déclinaison ne nous soit soumise, le temps nécessaire sans doute pour diriger vers la sortie un nombre important d’agents contractuels.

Ce décalage se mesure surtout au vu des attentes des professionnels. Les agents non titulaires mais aussi les agents dans leur ensemble espèrent depuis trop longtemps qu’il soit mis un terme à cette situation de précarité source d’une grande insécurité pour les intéressés, pour les équipes. Le constat sur le terrain est qu’il est plutôt mis fin à la précarité par la voie du licenciement que par celle de la pérennisation des personnels et ce contrairement aux préconisations de la loi Sauvadet ! Nous sommes malheureusement habitués au manque de reconnaissance de notre administration, habitués également à la mise en difficulté volontaire de nos services.

La question de la sécurité dans les SPIP est quant à elle restée en suspens sans qu’aucune information ne soit communiquée aux organisations représentatives pendant plus de deux ans. Un rapport, une réunion et puis silence radio…

Que dire du moment choisi pour un projet de circulaire sur la sécurité dans les SPIP ? L’insécurité dans les services tient surtout de la maltraitance institutionnelle, du manque de moyens et des conditions de travail déplorables. Encore une fois, on répond à côté des enjeux pour esquiver les débats de fond, on reporte la responsabilité sur les agents et on crée les conditions de l’insécurité dans les SPIP. La ficelle est vielle comme le monde : quand on n’a rien à proposer, il est plus facile d’agiter les peurs que de remettre en cause des politiques qui ont conduit à la situation que l’on sait.

A l’heure où la probation est mise en avant, notamment dans le projet de loi qui verra le jour probablement à l’automne, les perspectives offertes par l’administration sont plus celles d’une « bunkérisation » des milieux ouverts qu’à leur ouverture sur la société civile. Cette fuite en avant vers un recentrage purement sécuritaire et un cloisonnement pénitentiaire est très inquiétante pour l’avenir des SPIP dans le champ de la probation !

L’administration est responsable de l’intégrité physique et psychique de ses personnels : elle s’en affranchit honteusement en mettant la pression sur les agents sous diverses formes. Les personnels des SPIP n’ont en aucun cas vocation à devenir des agents de sécurité.

La mère de toutes les insécurités, c’est la précarité !

Montreuil, le 5 juin 2013

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