Accueil > Communiqués > Nationaux > « Être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses (...)

« Être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaines ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ». NELSON MANDELA,

mardi 11 février 2014  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Dans une France en proie à d’importants soubresauts réactionnaires, le courrier en date du 8 janvier 2014 du directeur de l’ENAP (Ecole Nationale de l’Administration Pénitentiaire) a de quoi laisser dubitatif et alimenter cette ambiance délétère.

A priori, il s’agit d’un courrier de gestion interne concernant les noms de promotion choisis de deux promotions à venir celle des Directeurs Pénitentiaires d’Insertion et de Probation N° 6 et celle des Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation N° 18.

Le directeur ne voudrait pas que les deux promotions aient le même nom. Jusqu’ici tout va bien, on peut le comprendre. Cela ferait peut-être confusion des genres… Pourtant, le nom de Nelson MANDELA est pour le moins un contrepoint à cette actualité réactionnaire.
L’argumentaire est assez démonstratif d’une administration vieillotte pour le moins…Le directeur reconnait que Nelson Mandela "était très certainement une personnalité exceptionnelle aux qualités rares". Cela débute plutôt bien, mais, car il y a un "mais", il ne faut pas plaisanter avec cela…Il sera peut-être sacrifié sur l’autel de l’histoire comme aimait à le dire le philosophe Friedrich Hegel, car en effet "le recul historique permettra de mieux évaluer son action". Voici le directeur de l’ENAP qui s’essaie à l’historiographie, sans grande réussite, jugez-en plutôt : "Ce pays l’Afrique du Sud détient de tristes et incomparables records mondiaux de criminalité. Sur ce plan c’est l’anti-modèle".

Parlant des commissions de conciliations dirigées par Desmond Tutu, sur l’initiative de Mandela, le directeur de l’ENAP ajoute : "Toutes les commissions Vérité et Réconciliation…sont la résultante de conflits politiques et/ou coloniaux. C’est assez loin de nos réalités pénitentiaires".

Donc, il faut un nom de promotion en lien avec des réalités pénitentiaires. L’histoire ne manque pas de références : Pinochet, Franco, Salazar, des hommes en proie avec les réalités pénitentiaires de leurs époques.

Mais l’argument massue est le suivant :" Il faut se rappeler que l’Afrique du Sud a un taux d’incarcération parmi les plus élevés du monde". Oui c’est vrai, on est loin de Mandela l’humaniste. On parle statistique criminelle, le temps n’est plus à l’humanisme.
Ce qu’oublie le directeur de l’ENAP c’est qu’en 2006 nous avions 60 771 détenus, en 2013 68 569 détenus or la population française elle n’a évolué que de 63,4 à 65,5 millions d’habitants pas de quoi expliquer cette hausse si ce n’est la volonté d’incarcérer plus et d’insérer moins…

Rappelons juste qu’une promotion de l’ENA (2001) du temps où Nelson Mandela était encore vivant s’est nommée Nelson MANDELA. Le directeur de l’ENA de l’époque n’est pas allé vérifier si ce nom était compatible avec le taux de corruption des cadres de l’Etat. Lui a mis en avant les qualités humaines du président de l’Afrique du Sud, mais surtout de l’ancien combattant contre l’Apartheid.
Désespérément notre administration pense avoir dix années avances en ayant dix années de retard…

Montreuil, le 11 février 2014

La CGT (CGT-PJJ, Chancellerie et SJ CGT, UGSP-CGT, )

Plan du site | Infos légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page