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Extractions Judiciaires : La longue descente aux enfers…

mercredi 7 décembre 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Huit mois après la mise en place des Pôles de Rattachement des Extractions Judiciaires (PREJ) sur la DISP de Rennes à savoir Caen (site pilote depuis septembre 2011), Le Mans, Lorient, Nantes et Rennes, le bilan est plus que catastrophique. Le PREJ Val-de-Reuil sera intégré au 01 janvier 2017 sur la DISP de Rennes et sa situation est tout aussi inquiétante. C’est véritablement une faillite du système. Malheureusement, ce constat donne raison à la CGT Pénitentiaire qui avait dénoncé que ce transfert de missions était fait à la va-vite. En effet, les moyens humains, matériels n’étaient pas à la hauteur des enjeux et que la sécurité des personnels n’était pas d’une garantie des plus absolues. La passation de ces missions entre les Forces de Sécurité Intérieure (FSI) et l’Administration Pénitentiaire a été plus que difficile. Police et Gendarmerie se réfugiant sur le fait que les moyens leurs ont été retirés et qu’ils ne peuvent plus aider ou assister l’Administration Pénitentiaire. Le discours fait mouche puisque les agents pénitentiaires sont désormais armés.

- Les difficultés se succèdent sans cesse. Déjà, lors du Comité Technique Interrégional du 31 mai 2016, la CGT Pénitentiaire avait mis en avant que celles-ci ne faisaient que débuter et que l’institution allait droit dans le mur. La CGT indiquait au Directeur Interrégional qu’elle était pessimiste sur la situation des PREJ, que la situation risquait certainement de se dégrader. En effet, à l’ouverture des PREJ, les agents exerçant au PREJ avaient conscience des difficultés (sous-effectif, agents non validés), la solidarité entre personnels avait pris le dessus en attendant des jours meilleurs, la motivation restait intacte mais aujourd’hui, le ras-le-bol a atteint son paroxysme. En effet, les PREJ sont de petites équipes, l’accumulation d’heures supplémentaires, les journées de travail à rallonge ont conduit à une fatigue, à une usure, à une souffrance au travail. Ces maux ne sont pas négligeables dans les missions exercées par ces personnels. Les agents ne sont pas des robots. La vigilance, le sang-froid, la réactivité en sont les maîtres-mots.

Aujourd’hui, les conditions de travail se sont considérablement détériorées et l’avenir s’annonce plus que sombre.

- L’harmonisation des niveaux d’escortes est défaillante : il n’est pas rare de constater que le niveau d’escorte établi par l’ARPEJ est différent du niveau d’escorte opéré par l’établissement pénitentiaire. Le niveau d’escorte doit être strict. Cerise sur le gâteau : la DAP envisage de passer les missions à 2 agents !!! Serait-ce dans un souci d’économie de personnels ? On parle beaucoup de sécurisation des établissements mais là pour le coup, on fait totalement abstraction de la sécurisation des agents lors de leurs missions (audience, repérage, gestes professionnelles, etc…) ;

- Les missions quotidiennes « doublées » voire « triplées » avec des déplacements conséquents créant une mise en danger délibérée de la vie d’autrui, des temps de conduite inconsidérés, etc… ;

- L’éternel problème de la charte des temps et des amplitudes horaires qui implique des heures supplémentaires considérables, ne permet pas d’avoir des rythmes de travail réguliers et des conditions de vie familiale ; Pour preuve, les 73 agents affectés sur les PREJ cumulent 15 000 heures supplémentaires sur la période du 01 mai au 31 octobre 2016 ;

- Le sous-effectif de ces pôles est d’autant plus contraignant que les équipages se déplacent sur l’ensemble du territoire de la DISP de Rennes en fonction des disponibilités de certains ;

- Force est de constater que toutes ces difficultés ne sont pas sans conséquence : l’absentéisme a fait son apparition et que bon nombre d’agents souhaite quitter les Extractions Judiciaires.

Faut-il un drame pour que les choses bougent, c’est à se demander ???

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