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FESTIVAL INTERNATIONAL DU GROUPE DE TRAVAIL

mercredi 23 mars 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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FESTIVAL INTERNATIONAL DU GROUPE DE TRAVAIL

Depuis le début de la mobilisation des personnels suite à l’affaire criminelle de « Pornic », le Ministère et la DAP rivalisent d’ingéniosité pour multiplier les annonces ineptes, les manoeuvres dilatoires et les diversions en tout genre.

En ce début de printemps fleurissent donc les groupes de travail et autres « missions », dont le nombre et la soudaineté révèlent un fort sentiment de panique. En effet, ce ne sont pas moins de 6 groupes de travail et missions diverses qui doivent, en quelques semaines, aborder la question des SPIP et rendre leurs conclusions :

  • Une mission confiée au progressiste de renom Eric Ciotti, concernant la classification des établissements, le TIG, le PSE, ... (cherchez la cohérence).
  • Une mission confiée à Mme Moreau, visant à trouver une utilité à « l’office » opérationnel de suivi des délinquants sexuels ou violents. Le but étant, après avoir décidé de créer cette structure, de déterminer sa fonction.
  • Une groupe de travail initié par la DAP dans l’objectif de lister les missions des CIP pouvant être délégués à d’autres corps de métier, voire aux retraités de la réserve civile, voire aux adolescents du service civique, voire aux bénévoles des associations.
  • Un groupe de travail initié par la DAP concernant la « pluridisciplinarité dans les SPIP », notion qui concoure pour le titre du concept le plus galvaudé de l’histoire de la pénitentiaire.
  • Un groupe de travail confié à M. Lemaire et M. Camus pour établir des référentiels de suivi des PPSMJ, faisant notamment le bilan de la segmentation et du DAVC (ou comment faire toujours en sorte que les personnes qui évaluent soient celles qui expérimentent – méthodologie brevetée ministère de la justice).
  • Un groupe de travail ministériel sur le fonctionnement des services (avec toujours l’inégalé bilan du tandem segmentation/DAVC, l’organisation des services,…).

Notons par ailleurs que la quasi-totalité de ces groupes de travail doit rendre ses conclusions avant la fin avril, ce qui est tout à fait réaliste. Commandes confuses, temps limité, personnalités peu ou pas qualifiées, finalités douteuses, on peut le voir, ce ne sont pas ces groupes de travail qui vont lever le discrédit sur l’action de l’administration.

La manoeuvre est grossière : elle vise à demander aux personnels de se prononcer sur les missions qu’ils sont prêts à brader, notamment au secteur associatif et privé, pour justifier d’une restructuration des services permettant de donner l’illusion d’un suivi effectif des personnes confiées, le tout à moyens constants.

Elle vise aussi et surtout à gagner du temps, à donner le change, face à une mobilisation qui dure et s’amplifie dans les terrains.

Et ce n’est pas la mise en place des premières annonces gouvernementales qui va améliorer les choses. Les premiers courriers sont en effet partis en direction des collègues retraités de la pénitentiaire, leur proposant de se manifester pour candidater à la réserve civile, essentiellement destinée à « renforcer » les SPIP. Par ailleurs, les recrutements de contractuels s’organisent dans nombre de services pour venir grossir les rangs des précaires de la fonction publique.

Mission accomplie. Si le but de tout cela est de décrédibiliser encore plus l’action des SPIP et de leurs personnels, c’est réussi. Le message envoyé est le suivant : vous faites un métier qui demande suffisamment peu de compétences et de professionnalisation pour qu’on en fasse une activité secondaire pour un retraité en difficulté financière. Les missions dont vous avez la responsabilité sont suffisamment anecdotiques pour qu’on les confie à des travailleurs précaires, sans aucune garantie statutaire ni pérennité quelle qu’elle soit.

A noter au passage que dans ces circonstances particulières, les profils des recrutés sont directement issus du travail social (éducateurs, ASS), comme quoi même en y mettant de la mauvaise volonté, il est difficile d’échapper à la réalité.


Ce que nous disons depuis plusieurs semaines,
c’est que ces réponses sont une insulte au regard de la gravité de la situation. Par ailleurs, nous disons aujourd’hui que le seul but affiché de l’administration pénitentiaire et du ministère est de trouver, par tous les moyens, des alternatives aux recrutements. En plein dans l’idéologie aveugle de la RGPP, il faut déléguer au privé, réorganiser pour gérer la pénurie, utiliser la précarité comme variable d’ajustement du sous-effectif.

Sinon, comment croire que le ministère n’ait pas fait la seule annonce sensée pour les SPIP : modification de l’arrêté qui fixe le nombre de postes ouverts au concours de CPIP, et recrutement des personnels administratifs. Comment comprendre que le point de départ de ces groupes de travail ne soit pas de s’accorder sur un objectif partagé de 50 suivis maximum par travailleur social, pour en tirer les conséquences sur le plan budgétaire ?

Face aux gesticulations paniquées du ministère, les personnels continuent de se battre. Face à l’incompétence et la lâcheté, le mouvement s’ancre dans les services, gagne du terrain petit à petit, et s’exprimera de manière spectaculaire le 29 mars. Face à l’irresponsabilité, et aux politiques de destruction du service public, notre réponse, c’est la lutte.

Montreuil, le 22 mars 2010

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