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Gestion des détenus radicalisés : Un an après les attentats du 13 novembre : Où en sommes-nous dans la pénitentiaire ?

lundi 14 novembre 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Voilà tout juste un an que les terribles évènements ont eu lieu au Bataclan et au Stade de France. Ils sont venus bousculer le quotidien de nos concitoyens et le mode de fonctionnement des différentes forces de sécurité dont l’Administration Pénitentiaire fait partie.

Après une année de réformes, d’annonces et d’expérimentations qui ont bercé le quotidien des professionnels pénitentiaires, il nous paraissait opportun de faire un premier bilan :

Le 25 Octobre 2016, M. Jean Jacques URVOAS, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, présentait son « plan d’action contre la radicalisation violente ». Celui-ci était censé enfin répondre aux difficultés de gestion des détenus radicalisés en détention (Osny, Dijon etc…) et renforcer la sécurité des établissements pénitentiaires.

Mais qu’en est-il vraiment ?

-  Abandon des unités dédiées actuelles. Elles seront remplacées par des quartiers d’évaluation de la radicalisation (QRE). Elles viseront à évaluer et orienter ces détenus sur différents établissements qui auront un niveau de sécurité adapté à différents profils.
-  Poursuite du plan de sécurisation des établissements pénitentiaires.
-  Création d’équipes de sécurité pénitentiaire (ESP), et armement des agents pénitentiaires effectuant des missions à l’extérieur des structures.
-  Un plan pluriannuel de recrutement afin de renforcer l’évolution de ces nouvelles missions (ESP, Renseignement pénitentiaire etc…)

La CGT Pénitentiaire avait critiqué la mise en place des unités dédiées voulues par Christiane TAUBIRA. La CGT doutait de leur efficacité en termes de prise en charge des détenus radicalisés. Nous soulignions à l’époque notre crainte quant au regroupement de détenus ayant le même profil fanatique au sein d’une même structure. La CGT préférait l’isolement et la dispersion sur plusieurs sites, afin d’éviter la surenchère possible de ces individus lorsqu’ils sont rassemblés et donc, le danger possible en matière de porosité qu’offre un tel regroupement. Les décisions rectificatives prises par M. URVOAS semblent selon nous aller dans le bon sens.

Concernant le plan de sécurisation, les évènements survenus au CP Meaux-Chauconin ou plus récemment au CP Nantes, nous montrent le manque de sécurité aux abords des sites pénitentiaires. Il est donc vital que ce Ministère renforce enfin la sécurité de nos collègues dans et au dehors de nos établissements avec les 58,6 millions d’euros qui y seront affectés.

La sécurisation des missions extérieures est une thématique également importante, issue du relevé de conclusions signé le 14 Décembre 2015 par l’unité syndicale CGT – UFAP et FO. Pour autant, nos politiques ont tranché trop rapidement, sans retour de concertation, avec l’annonce de la création d’équipes de sécurités pénitentiaires (ESP). Nous aurions souhaité auparavant être destinataire du rapport remis au Ministre sur ces questions et en débattre, rapport que nous attendons toujours… A vouloir aller trop vite….

Lors de notre dernière rencontre du jeudi 3 novembre 2016 relative aux suites du séminaire métier, l’administration nous a listé les actions prévues pour cette mise en œuvre : La préparation d’un plan de formation, l’élaboration d’une doctrine d’emploi commune à l’ensemble des agents réalisant ce type de missions, et la projection d’une organisation territoriale adaptée aux nouvelles missions. Le début de ces travaux devrait débuter courant décembre 2016 pour une mise en application courant 2017.

La CGT Pénitentiaire n’est pas dupe. A ce jour, aucun crédit budgétaire pour ces nouvelles missions n’est prévu au PLF 2017. Il nous paraît donc inconcevable de discuter de la mise en œuvre des ESP sans que, parallèlement, aucune annonce sur les moyens qui nous seront alloués pour exécuter ces nouvelles missions ne nous soit faite et garantie. Les personnels n’accepteront pas que leurs syndicats signent un chèque en blanc. La CGT Pénitentiaire refuse que les pouvoirs publics rééditent « le coup des EJ ». Ils doivent nous donner avant les emplois supplémentaires nécessaires et tous moyens pour fonctionner à la clef !

Alors que nos établissements s’embrasent un peu partout ces derniers mois, d’une manière répétitive inquiétante, la CGT Pénitentiaire refusera que nos dirigeants s’entêtent à sous doter nos détentions pour répondre à des commandes politiques visant à satisfaire l’opinion publique et préparer les futures échéances présidentielles de 2017.

Si la question du prosélytisme religieux radical et violent en prison ainsi que la gestion des détenus radicalisés est pour la CGT Pénitentiaire un enjeu considérable, la sécurité de nos collègues dans l’exercice de leurs fonctions est notre priorité. Nos collègues méritent d’être respectés. Cela passe par la sécurisation de leurs missions.

Au delà des annonces faites par le Ministre, il est grand temps que des changements s’opèrent, car les personnels pénitentiaires de tous corps en ont « ras le bol » ! Ils attendent des moyens supplémentaires !

Montreuil, le 14 novembre 2016

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