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INCOMPÉTENCE ET LÂCHETÉ

lundi 31 janvier 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Dans une note datée du 27 janvier 2011, le directeur de l’administration pénitentiaire feint de découvrir que les SPIP ne sont pas en capacité d’absorber l’ensemble des dossiers qui leur sont confiés. Etonné par cette découverte, il demande donc à ses directeurs de « sortir les dossiers des frigos », et de les affecter nominativement à des travailleurs sociaux.
Cette extraordinaire candeur révèle deux maux qui ne sont pas dignes de l’actualité : incompétence et lâcheté.
Incompétence car les difficultés des SPIP sont connues depuis de nombreuses années. On ne compte plus les rapports, recommandations, avis divers et variés, qui vont tous dans le même sens : le nombre de personnels dans les SPIP n’est pas suffisant au regard des besoins, il est donc urgent de remédier à cette situation. Qu’aujourd’hui le directeur de l’administration pénitentiaire « découvre » une situation connue de tous, depuis longtemps, et pour laquelle les organisations syndicales tirent sans relâche la sonnette d’alarme, est une grave preuve d’insuffisance à ce niveau de responsabilité.
Par ailleurs, en demandant à ce que tous les dossiers soient affectés en urgence, la direction de l’administration pénitentiaire fait preuve d’une indicible lâcheté. Elle tente de cacher la poussière sous le tapis plutôt que d’affronter la réalité. Ce tour de passe-passe ne cachera pas la brutale vérité : pas plus aujourd’hui qu’hier les SPIP ne pourront assurer correctement le suivi des dossiers. Pire encore : par un effet mécanique immédiat, c’est la qualité du suivi de l’ensemble des personnes condamnées qui va en pâtir. Les justiciables seront convoqués moins régulièrement, pour des entretiens plus courts, avec une attention moindre quant à leurs problématiques. Avec un nombre de personnes suivies par agent qui va exploser dans certains services, les conseillers d’insertion et de probation et les assistants de service social ne pourront pas faire face. L’administration décide donc délibérément de les mettre en difficulté, en situation d’insécurité professionnelle, en leur faisant porter une responsabilité qu’elle-même refuse d’assumer. C’est lâche et loin d’être à la hauteur de la situation.
Puisque la direction de l’administration pénitentiaire tente, dans l’urgence, de maquiller la réalité avec la caution du ministère, nous affirmons que nous n’accepterons pas que l’on montre du doigt des agents qui ne sont en rien responsables des dysfonctionnements générés par un système qui ne cherche qu’à s’accommoder de la pénurie des moyens.
La sordide affaire criminelle de Pornic exige que chacun réagisse avec discernement et prudence. L’attitude de l’administration pénitentiaire, du ministère de la justice et du chef de l’Etat n’est pas digne de ces exigences. Les décisions politiques ont des conséquences. Les choix budgétaires ont des conséquences. Il est lamentable de constater que le pouvoir politique est incapable de les assumer.

Montreuil, le 31 janvier 2011

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