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Introduction faite par l’UGSP devant la commission de l’Assemblée Nationale sur les questions des filières djihadistes en prison.

mardi 17 mars 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Mesdames et Messieurs les membres de la commission

Avec tous les français nous avons été profondément choqués et meurtris par les terribles évènements survenus à l’hebdomadaire Charlie ainsi qu’au magasin Hyper Casher de la Porte de Vincennes.

Avec tous les républicains, les laïcs, nous nous interrogeons sur l’intolérance religieuse et sa place de plus en plus prégnante dans notre démocratie.

Avec tous les pénitentiaires, c’est encore pour nous le moment du témoignage de notre solidarité envers toutes les victimes de ces attentats, les salariés et dirigeants du journal, les clients et les personnels de l’Hyper Casher, nos collègues policiers, les communautés juives et musulmanes.

Mais être pénitentiaire, c’est aussi être en responsabilité, et se questionner sur la possibilité, pour quelques individus, de se radicaliser en passant par la case prison.

En tant que syndicalistes, nous devons participer à aider le pays quant à la détection et la prévention des risques touchant à la radicalisation.

Nous avons quelques idées mais nous l’affirmons également, être syndicaliste, ce n’est pas avoir un avis éclairé et certain sur toute chose. Particulièrement sur cette question, où pas ou peu d’échanges pénitentiaires, ont eu lieu avant que la réalité nous rattrape.

Permettez-moi une parenthèse un peu hors sujet mais il y a des radicalismes autres en prison, certes différents, dont il faudrait sepréoccuper, et pourquoi pas dans les projets de loi qui vont arriver. Telle la question des témoins de Jehova qui désormais, sont identifiés comme un culte banal. C’est grave, prévenons la aussi l’avenir.

Pour circonscrire mon propos à l’objet de cette table ronde, La CGT ne commentera pas forcément les crédits budgétaires de fonctionnement et d’emplois accordés à l’administration pénitentiaire. Il nous a été dit que ceux-ci étaient des moyens nouveaux. Dont acte, nous suivrons cela.

Quelques remarques cependant :

- Selon nous, lutter efficacement contre le radicalisme religieux, islamiste en l’espèce, c’est, indépendamment des personnes qui nous seraient signalées, être en capacité de détecter les entrants en prison et avoir la capacité de les suivre.

- Sur la détection, qui me parait un enjeu majeur pour le service public pénitentiaire, il faut vraiment que chacun se rende compte que la surpopulation pénale est un frein considérable. Nos collègues au coeur des détentions sont déjà sur tous les fronts. Leur nombre au coeur de celles-ci ne leur permettent déjà pas d’être en capacité d’assurer convenablement les missions de prévention autres, la surveillance et le suivi individualisé. Il y a donc forcément à s’interroger sur le nécessaire impact que doit avoir la politique pénale votée sur la diminution du nombre de personnes incarcérées. Il y a donc aussi à s’interroger sur le nombre d’emplois à injecter au coeur des détentions.

Pour la CGT, ce sont deux enjeux essentiels afin que nous soyons capables de former nos collègues à la détection des risques islamiques radicaux. Aujourd’hui, ils ne sont pas armés à cela

Il faut former l’ensemble des collègues et non pas quelques-uns comme sous-entend le plan. Et bien les former pour ne pas courir le risque de l’amalgame ou de passer à travers.

- Selon nous, il faut également repenser le travail pluridisciplinaire en interne, que je pourrai si vous le souhaitez développer ci-après.

- Enfin, il devient urgent de repenser l’harmonisation des différents services de renseignements de l’état, la pénitentiaire n’étant pas suffisamment prise en compte pour les autres services.

Voilà Mesdames et Messieurs d’une manière trop condensée quelques pistes de travail.

Pour la CGT, c’est en améliorant les rôles et missions des personnels de surveillance et de commandement, en leur redonnant de la capacité à travailler, que nous réussirons une action publique pénitentiare digne de ce nom.

Nous prévenons tout le monde : il ne suffira pas d’ajouter des agents de renseignements ici ou là, de créer des quartiers ou des équipes nouvelles. Tout ceci sera peu sans la participation des agents qui se trouvent au coeur des détentions.

Montreuil, le 17 mars 2015

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