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L’EMPLOI AU COEUR DE TOUTE REFORME

vendredi 2 mai 2014  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

La CGT l’écrivait récemment, 2500 emplois de personnels de surveillance sont nécessaires aujourd’hui dans l’administration pénitentiaire pour compenser les heures supplémentaires faites au niveau national. Ces heures ne sont pas volées, elles correspondent au quotidien à l’effort demandé aux collègues pour que les établissements fonctionnent à minima. Elles doivent être payées.

Ces emplois sont l’urgence et l’impératif indispensable pour remettre à niveau les organigrammes.}

La question des effectifs est complexe, elle dépend de nombreux facteurs dont l’un, qui n’est pas le moindre, touche à la politique pénale menée. En effet, qui dit moins de détenus dans une politique pénale ambitieuse, dit qu’il faut examiner à la loupe le nombre d’effectifs de personnels de surveillance qu’il faudra alors dans les établissements mais également le nombre de CPIP et de surveillants qu’il faudra en SPIP pour exécuter les mesures d’alternatives à l’incarcération ou d’aménagements de peine.

Ceci étant dit, cette question seule ne résoudra pas tous les problèmes. Sécuriser les missions, repenser les métiers de la surveillance, mettre au coeur la santé des collègues sont tout autant de facteurs déterminants.

C’est pourquoi la CGT estime qu’il faut ouvrir ce débat en grand. A l’heure où « théoriquement » le projet de réforme de la politique pénale passera à l’assemblée nationale en juin 2014, il serait aberrant qu’un tel chantier ne soit pas ouvert, laissant une nouvelle fois penser que si rien ne change et ne se fait avant dans les prisons pour les collègues et le service public, c’est que la réforme proposée par Mme TAUBIRA sera d’une maigre ampleur.

Pour la CGT, sous quelque forme que ce soit - conférence nationale pourquoi pas – la ministre doit impulser ce débat avec les partenaires sociaux, les terrains, les acteurs politiques et judiciaires, les partenaires, des chercheurs, etc, autour des questions saillantes visant à mettre en place une politique pénitentiaire dans le cadre de la réforme pénale annoncée. S’il y a des questions complexes à aborder, il y a aussi des questions simples et non simplistes à résoudre :

- Remettre à flot les organigrammes et garantir le remplacement à
chaque CAP
des départs à la retraite ;

- Repenser les métiers de la surveillance, tant dans leurs missions de sécurité que de réinsertion. L’encadrement des détenus doit être novateur et sécurisant. Le travail pluridisciplinaire autour du projet de sortie également, l’emploi est à nouveau sollicité ;

- Relever significativement le TCCBS afin d’abaisser le ratio surveillant – détenu, sécuriser les gestes professionnels et certifier une réelle formation continue dans tous les domaines, professionnels ou sportifs ;

-  Relever le nombre d’emplois permettant de figer dans le marbre deux jours de RH réels après un RG. La santé des collègues en dépend, tout comme en dépendra également la nécessaire réflexion sur les rythmes de travail ;

- Repenser le dialogue social qui ne peut pu être unilatéral en faveur de la stricte administration. Tout comme doit être refondue la démocratie locale par la mise en place de réels espaces de discussions sur les terrains entre les collègues et leurs hiérarchies. Il suffit des bons petits soldats qui obéissent sans mot dire.

-  Ouvrir des droits nouveaux pour les collègues en mettant au coeur du débat la question du statut spécial qui est un frein aux réformes. Il est possible de dépoussiérer cet anachronisme en conservant un décret solide en faveur des collègues mais en remettant en cause le non droit de grève et la possibilité de sanctions disciplinaires sans la mise en place des droits de défense élémentaires ;

-  Relever également le nombre d’emplois de personnels techniques qui ont un savoir faire et des compétences utiles et importantes pour l’encadrement et la formation des détenus ;

- Relever le nombre de personnels administratifs sans lesquels aucune administration ne peut tourner convenablement. C’est crucial tant sur les RH avec notamment la gestion des dossiers des collègues que sur les questions d’administration, de comptabilité et de finances publiques.

Certains pourront dire que la CGT égrène ici un inventaire à la PREVERT. C’est selon nous pourtant une liste restreinte qui correspond pour l’essentiel à ce qu’au minimum, il doit être mis en oeuvre pour réformer la pénitentiaire et sortir de l’ornière.

Bien sûr, la CGT n’oublie pas la question fondamentale des salaires. Le point d’indice doit être « dégelé », un rattrapage doit s’opérer et les niveaux indiciaires revus à la hausse : Ce n’est pas une vue de l’esprit, chacun d’entre nous finit de plus en plus mal les fins de mois !

Enfin, la question des finances publiques est tout aussi importante. De baisse de budgets en baisse de budget, plus, 50 milliards à économiser sur trois années, les temps à venir risquent d’être difficiles pour le fonctionnement de nos établissements et services, leur entretien et leurs moyens de fonctionner !

C’est autant de questions que la CGT va rapidement poser à Mme TAUBIRA qui doit enfin agir et être la ministre de l’administration pénitentiaire et notamment de ses prisons !

Montreuil, le 2 mai 2014