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L’Unité Syndicale exige une réaction immédiate du gouvernement. L’administration pénitentiaire et ses Personnels ne doivent être ni exclus ni traités au rabais !...

mercredi 18 novembre 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Les attentats barbares du vendredi 13 novembre 2015 ont plongé notre pays et ses Concitoyens dans une émotion considérable. Une nouvelle fois, l’Unité Syndicale UFAP-UNSa Justice, SNP-FO Personnels de Surveillance, SNJ-FO Personnels Administratifs et CGT Pénitentiaire, représentants plus de 86 % des Personnels, entend témoigner son soutien total aux familles des victimes.

Les Personnels pénitentiaires sont comme tout un chacun, bouleversés par ces tueries sauvages.

C’est donc tout naturellement, sans calcul, ni stratégie, que l’Unité Syndicale a décidé de suspendre son mouvement. Il en va de notre responsabilité républicaine, il est digne de le faire !... L’administration pénitentiaire est un service public, notamment de sécurité publique. Nous devons concourir à la sécurité du pays et de ses institutions, au même niveau que l’investissement des services de Police, de Secours et de Santé qui oeuvrent depuis vendredi. Qu’il nous soit ici permis de leur rendre un hommage appuyé pour le travail colossal accompli dans des contextes difficiles et dramatiques.

Pour autant, l’unité nationale ne doit pas être à géométrie variable !... En effet, nous constatons une forte dissonance politique sur les questions prégnantes qui découlent du 13 novembre 2015. Décidemment, nos politiques sont plus prompts à donner des directives sur les questions d’unité et de solidarité qu’à ne se les appliquer à eux-mêmes. L’esprit républicain n’est pas que pour les uns tandis que les autres s’en arrangent à leur guise.

L’Unité Syndicale espère que nos gouvernants n’oublient pas que les thématiques et revendications portées par l’Unité Syndicale au nom des Personnels pénitentiaires visent à mettre à niveau le service public pénitentiaire afin de rendre conforme sa mission régalienne aux attentes de sécurité de nos Concitoyens et des Personnels.

Il est surprenant qu’à cette heure, la Ministre n’ait pas déjà pris l’initiative de réunir les Organisations Syndicales représentatives qui composent l’Unité Syndicale pour partager avec elles les pistes politiques tracées par le Président de la République le 29 octobre et affermies par les actes de guerre commis vendredi dernier et leurs répercussions sur le fonctionnement de l’administration pénitentiaire.

L’Unité Syndicale, appelle quant à elle, le gouvernement à agir rapidement pour régler les questions pénitentiaires primordiales portées par les Personnels en action. Elles ne sont pas corporatistes mais s’inscrivent dans une vision globale des moyens de sécurité de l’Etat.

Les évènements du 13 novembre 2015 montrent clairement que nos homologues policiers sont happés par tant de missions, qu’il faut arrêter de tourner en rond et se mentir : les extractions judiciaires (EJ) relèveront forcément dans leur globalité de l’administration pénitentiaire. Ce n’est donc pas d’une nouvelle inspection dont a besoin le pays en la matière mais d’une décision politique rapide visant à créer, dès 2016, les emplois nécessaires pour atteindre à minima, les 1800 agents pénitentiaires requis pour les EJ, comme l’indiquait déjà la précédente inspection.

Pareillement, dès 2016, le gouvernement doit créer des emplois pénitentiaires visant à résorber les déficits d’agents dans les détentions et les services. Là aussi, ce n’est ni une revendication de confort, ni une revendication corporatiste !... C’est tout simplement, l’enjeu immédiat pour que nos Collègues puissent remplir l’ensemble de leurs missions auxquelles s’ajoute la prévention des risques en lien avec les questions de radicalisation.

Dans le même temps, la Chancellerie et la DAP ne peuvent continuer plus longtemps à exposer les Personnels à un danger imminent en détention, en maintenant l’organisation des services "en mode dégradé" pour répondre à une logique de restriction budgétaire totalement incompatible avec les enjeux du pays. Le Président de la République a d’ailleurs été très clair en précisant que le pacte de sécurité l’emportait sur le pacte de stabilité.

Enfin, que ce soit sur l’ICP ou la PSS, nous demandons des revalorisations significatives, à la hauteur de la difficulté de l’exercice de nos métiers.

Si l’Unité Syndicale a fait le choix responsable de la suspension d’un mouvement qui s’annonçait très fort, elle demande au gouvernement de prendre la mesure de notre engagement républicain. Il serait insultant et inadmissible pour les Personnels que la ministre de la justice n’appelle pas cette semaine les représentants de l’Unité Syndicale afin d’ouvrir de réelles négociations sur la base des revendications portées par les Personnels pénitentiaires et les engagements réitérés par le Président de la République.

D’ores et déjà, l’Unité Syndicale se réunira jeudi matin afin d’évaluer l’ensemble de ces questions.

Paris, le 17 novembre 2015
L’Unité Syndicale.

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