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LA CGT Pénitentiaire reçue par le directeur de l’AP

mercredi 26 mai 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Convoquée ce jour pour un Comité Technique Paritaire Central, la CGT pénitentiaire s’est présentée à l’administration centrale pour porter différents amendements sur les décrets d’application de la loi pénitentiaire.

Grande fut alors notre surprise lorsque nous nous aperçûmes que les syndicats FO et UFAP n’étaient pas présents à cette instance paritaire. Aucunement avertis par ces organisations, nous n’étions pas avisés d’un quelconque boycott.

Quel dommage d’ailleurs d’afficher une telle division syndicale au vue de la situation actuelle. En effet, la très mauvaise situation financière de l’administration pénitentiaire, les annonces gouvernementales sur les futures mesures prises à l’encontre des personnels (gel des salaires, allongement de la durée de cotisation et recul du départ à la retraite), une carte pénitentiaire toujours pas clairement redéfinie, de nouvelles restrictions budgétaires pour les années suivantes, nous laissent présager un avenir très sombre pour les personnels.

L’actualité donc très inquiétante ne doit pas être occultée et les personnels ont tout intérêt de se serrer les coudes et de s’unir pour protester d’une même voix contre les injustices actuelles.

S’il est de coutume, aujourd’hui, de faire payer la crise d’un système en échec aux salariés, la CGT n’entend pas courber l’échine face à de telles aberrations.

Aussi, la CGT pénitentiaire a demandé une audience immédiate au directeur de l’administration pénitentiaire pour lui faire part de différentes inquiétudes et mécontentement.

Ainsi, nous avons demandé des explications claires et précises sur le déficit actuel de l’administration, sur les mesures envisagées pour résorber ce manque. La CGT pénitentiaire a aussi fait part de son mécontentement face aux sanctions prises à l’encontre de certains cadres qui révèlent l’emploi de méthodes ancestrales n’ayant pour but que de maintenir une chape de plomb sur notre administration.

Nous avons dénoncé dans le même temps :

  • l’agrandissement incessant du parc pénitentiaire qui est un gouffre financier pour l’administration pénitentiaire, en terme d’emplois, de location de murs, de gestion quotidienne ;
  • le non renouvellement des contractuels ;
  • le retard du paiement des avancements d’échelons ;
  • l’apparition de nouvelles organisations de travail avec la boule dynamique ;
  • les postes de sécurité découverts dans certains établissements pour faire baisser les heures, les postes supprimés en service de nuit (exemple à Fresnes) ;
  • le manque de concertation sur la redéfinition de la carte pénitentiaire (fermeture d’antennes SPIP et des petites prisons).

Le directeur de l’administration nous a bien confirmé les difficultés financières rencontrées actuellement. Il reconnaît qu’il existe une « tension sur la masse salariale ». Le déficit constaté sur ce chapitre s’élèverait, à peu près, à 80 millions d’euros sur une somme totale de 1,7 milliard d’euros. Ce manque pour l’année 2010 est, selon l’administration, dû à plusieurs facteurs : budget voté inférieur à celui demandé, sous-évaluation des heures supplémentaires,…

Le directeur de l’administration affirme que pour pouvoir combler ce manque, ils ont transmis au cabinet du garde des sceaux plusieurs hypothèses. La DAP a refusé de s’exprimer sur les choix qui seront opérés. Il a indiqué qu’il n’y aurait ni report des mesures catégorielles, ni report des avancements d’échelon, ni suppression des différentes primes. Cependant, le silence demeure sur l’ampleur des arbitrages qui seront rendus.

Dans l’immédiat, deux premières décisions semblent prises : d’une part, le report des entrées en formation des nouvelles promotions, et d’autre part la volonté de baisser le volume global des heures supplémentaires. Nous avons soulevé que ces deux premières décisions posent déjà difficulté dans la mesure où elles se traduisent par une augmentation de la charge de travail et des problèmes de sécurité et de conditions de travail. A cela, le directeur a affirmé ne pas avoir demandé aux directeurs de découvrir des postes pour supprimer les heures supplémentaires tout en indiquant, malgré tout, étudier au plus près les organigrammes afin de diminuer certaines heures supplémentaires.

Pour le reste, il a affirmé qu’il ne pouvait, à ce jour, nous informer d’éventuelles mesures prises pour baisser ce déficit car aucune n’a encore été arbitrée par le garde des sceaux. Par contre, il a garanti que, jamais, le versement des salaires, des heures supplémentaires et des primes ne seraient suspendus.

La nature des réponses apportées est loin d’être satisfaisante. Les retards déjà constatés sur le paiement des frais de déplacements et des avancements d’échelon ne pourront pas être continuellement mis sur le compte d’un problème de logiciel informatique. La DAP semble vouloir s’engager, elle aussi, sur une politique « d’austérité » dont on connaît malheureusement souvent les premières victimes : les personnels !

Il est grand temps que les directeurs d’établissements, dans leur volonté de faire du zèle, arrêtent de faire des économies sur le dos de la sécurité et des conditions de travail.

Il est grand temps que le ministère et la DAP accordent leur discours et joue la transparence vis-à-vis des personnels.

Il est grand temps que le cabinet du garde des sceaux communique sur les causes réelles des problèmes budgétaires rencontrés et annonce comment il compte les résoudre.

Il est grand temps que les dirigeants politiques fassent en sorte d’engager des budgets qui correspondent aux politiques qui sont menées.

Il est grand temps que le gouvernement cesse de rogner sur les dépenses publiques dans le seul but de satisfaire les ambitions du MEDEF et les exigences des spéculateurs.

Pour toutes ces raisons, nous serons dans la rue dès demain,
Jeudi 27 mai 2010, de manière unitaire.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons toutes les initiatives visant à défendre les personnels et entamer un rapport de force nous permettant d’obtenir rapidement des réponses claires et satisfaisantes.

Montreuil, le 26 mai 2010

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