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La CGT Pénitentiaire rencontre François BAYROU, Ministre de la Justice

mardi 13 juin 2017  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Une délégation de la CGT Pénitentiaire a été reçue, Lundi 12 Juin, Place Vendôme, par François Bayrou, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, nouvellement nommé. Il était accompagné, lors de cet entretien, par son directeur de cabinet, Edouard Geffray, ainsi que du directeur de cabinet adjoint.

Cette rencontre avait pour objectif d’établir un premier échange avec le Ministre depuis sa nomination à cette fonction. Après une courte présentation des différents intervenants, la CGT Pénitentiaire a souhaité rappeler le cadre spécifique dans lequel évolue le personnel pénitentiaire de tous corps et de tous grades (Personnels de Surveillance, Personnels Techniques et Administratifs, Personnel d’Insertion et de Probation).

Conditions de travail démentes, vacances d’emplois, manque de considération, faible niveau de rémunération, surpopulation pénale, charges de travail, heures supplémentaires, etc… sont le quotidien des personnels au sein de cette administration.

Et le futur ne nous laisse, à ce jour, rien à présager de bon.

L’Administration Pénitentiaire est en pleine évolution avec l’arrivée, très prochaine, des Equipes de Sécurité Pénitentiaire et des Equipes Locales de Sécurité Pénitentiaire. Pourtant, aucune réponse de la DAP à ce jour sur nos sollicitations concernant ce sujet. Comme par exemple, les nouveaux moyens humains qui nous seront alloués pour effectuer ces nouvelles missions ?

La CGT Pénitentiaire a donc demandé au Ministre un arbitrage rapide sur cette question, faisant de cette réponse, un préalable à un retour à la table des discussions.

La CGT Pénitentiaire a également évoqué sa volonté de voir évoluer notre cœur de métier. En effet, aujourd’hui, le surveillant est « cantonné » à l’ouverture et la fermeture de portes. Il est invraisemblable, que le personnel, au plus proche de la population pénale, ne soit pas le maillon principal de cette chaîne pénale. Pour ce faire, la CGT Pénitentiaire a proposé d’élever le champ de compétence de nos collègues avec la mise en place par notre administration d’une réelle politique de formation, qu’elle soit initiale et continue.

La CGT Pénitentiaire a également mis l’accent sur l’attractivité de notre métier. Pour information, au dernier concours, plus de 16000 inscrits pour à peine plus de 6000 présents le jour du concours. Rajoutons à cela le nombre de nos collègues qui fuient l’Administration Pénitentiaire entre leur date d’entrée et les trois premières années… Le cocktail en devient explosif…

Il est donc urgent de faire évoluer notre métier et d’augmenter notre niveau de rémunération pour rendre le métier de surveillant pénitentiaire attractif. Cela nous permettrait de nous confronter, à armes égales, avec nos homologues des autres forces de sécurité.

Pour cela, la CGT Pénitentiaire a rappelé au nouveau Ministre de la Justice, sa revendication de passer l’ensemble des personnels du Corps d’Encadrement et d’Application en catégorie B, tout en maintenant la surindiciation.

Concernant la surpopulation pénale, la CGT Pénitentiaire a indiqué sa volonté de changement. La politique pénale engagée ces dernières années nous mène droit dans le mur. Le tout carcéral appliqué jusqu’à présent nous montre bien les limites de cette philosophie. Bien loin de là l’idée de libérer « tout le monde », il est grand temps que nos dirigeants s’occupent d’une partie de la population qui n’a rien à faire en prison. Pour information, plus de 36% des détenus condamnés, incarcérés en Maison Arrêt, exécutent une peine inférieure à un an. Que dire également des personnes incarcérées ayant de réels troubles psychiatriques ?!!

La question n’est pas d’être stricte ou laxiste, mais surtout celle d’être efficace !

La CGT Pénitentiaire a également rappelé son attachement à la mise en place de petite structure, à taille humaine, contrairement aux usines carcérales construites ces dernières années.

Pour conclure, le Ministre nous a évoqué sa volonté de travailler en bon terme et en toute transparence avec les différentes organisations syndicales, qui a ses yeux, sont les relais indispensables de la vision des personnels. Cependant, au delà des expressions « de bonne figure », les dernières attaques établies par l’Administration Pénitentiaire et l’ancien Ministère, ne nous démontrent guère une volonté de « travailler ensemble ». La stricte application de la note DAP concernant la non-attribution des ASA 13 et 16 sur les RH en est une preuve flagrante.

Car au delà des belles paroles, la CGT Pénitentiaire ne jugera qu’aux actes accomplis.

Ce sera donc au pied du mur qu’on verra le maçon !!!

Montreuil, le 13 Juin 2017

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