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La CGT Pénitentiaire rencontre la Garde des Sceaux

vendredi 24 mai 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

La CGT Pénitentiaire a été reçue par madame Taubira, ministre de la justice, le 22 mai 2013 dans le cadre d’une consultation relative à la sécurité dans les établissements pénitentiaires. Monsieur Masse, directeur de l’administration pénitentiaire, était aussi présent à cette rencontre.

Lors de cette audience, nous n’avons pas manqué de revenir sur les derniers événements graves qui ont fait l’actualité : la prise d’otage à la maison d’arrêt de Lille-Sequedin, la tentative d’assassinat à Tarascon, ainsi que les agressions de Nîmes, Liancourt et Douai.

Aussi, nous lui avons indiqué que nous assistons à une recrudescence d’entrée d’objets prohibés dans les établissements pénitentiaires. Cette réalité met en péril la sécurité de l’ensemble des personnels et de la population pénale.

La CGT Pénitentiaire dénonce à nouveau ces événements graves et traumatisants pour les personnels.

Nous avons d’ailleurs réaffirmé que la CGT Pénitentiaire n’est pas favorable à la suppression des fouilles à corps tant que les établissements ne sont pas dotés d’outils technologiques performants pour assurer la sécurité des établissements.
Mais aussi, nous avons rappelé que nous souhaitons nous inscrire dans un dialogue constructif, en précisant que le manque des personnels, les établissements à taille inhumaine et la surpopulation carcérale font partie des problématiques qui aggravent l’insécurité.
Nous avons aussi revendiqué de nouveau la non-fermeture des miradors, ainsi que la mise en place de filets anti-projections dans les établissements ayant un fort taux de projections.

La ministre nous a annoncé l’achat de 5 portails à ondes millimétrique (Scanner corporel) prévu cette année. C’est déjà un début, mais nous réclamons plus !!!
Elle nous a aussi fait part de la préparation d’une convention nationale entre la justice et l’intérieur concernant des modalités d’action contre les projections d’objets de l’extérieur à l’intérieur des prisons.

Nous lui avons indiqué, une fois de plus, la dégradation des conditions de travail des personnels pénitentiaires, tout corps confondu. Nous avons rappelé que l’insuffisance du nombre de personnels et la surpopulation pénale ne permettent pas aux agents d’assurer correctement leurs missions, qu’elles soient de sécurité ou de réinsertion.
Nous lui avons donc demandé, dans ce contexte, de prendre rapidement les mesures nécessaires afin de répondre au désarroi et surtout aux besoins des agents placés sous sa responsabilité.

La CGT Pénitentiaire a profité de cette audience pour alerter la ministre sur le protocole d’accord signé par l’UFAP. Nous lui avons signifié qu’il ne répond pas aux attentes des personnels, qui subissent depuis de nombreuses années des réformes contraires à leurs intérêts.

Pour la CGT pénitentiaire, le compte n’y est pas ! Nous exigeons mieux.

La fusion des grilles surveillant/brigadier et premier surveillant/major aurait été une avancée appréciable pour les personnels. Nous avons aussi rappelé notre revendication première, qui est la catégorie B pour les personnels de surveillance.

La CGT Pénitentiaire a dénoncé la manière dont les négociations ont été menées.

L’administration pénitentiaire a fait mine durant plusieurs semaines d’entamer un dialogue de qualité. La CGT y a pris toute sa place en proposant de multiples avancés. Le retournement de situation démontre que l’UFAP, en signant ce protocole, n’a fait au final que relayer les projets de l’administration.

Nous avons rappelé, que la CGT Pénitentiaire est une force de propositions sur les différentes thématiques tels que les missions, la souffrance au travail, la santé au travail, la formation, les rythmes de travail.

Nous avons expliqué à la ministre que le fait d’évincer les organisations professionnelles non signataires de ces groupes de travail est, de sa part, un mauvais signe en direction des personnels et que les conséquences peuvent être graves. Ainsi, nous avons fait valoir que nous sommes en effet un interlocuteur incontournable et qu’il n’est plus question d’être écartés des discussions. La CGT Pénitentiaire a demandé à la garde des sceaux de nous inscrire dans ces groupes de travail afin d’établir un dialogue constructif dans l’intérêt de l’ensemble des personnels.

Devant notre insistance, la ministre s’est engagée à étudier la possibilité de nous inclure au comité de suivi du protocole.

Nous lui avons fait part des difficultés relatives au dialogue social au sein de la direction de l’Administration Pénitentiaire.

A cette occasion, la Ministre nous a rappelé son attachement au dialogue social. Nous indiquant qu’elle avait porté une attention particulière au rapport Lacambre, elle nous a dit avoir bien acté le fait que les personnels avaient subi l’absence de dialogue social pendant de longues années.
Enfin, la CGT Pénitentiaire a alerté la ministre sur l’état de délabrement des établissements de l’outre-mer, la dégradation des conditions de travail des personnels et le manque d’effectifs, la surpopulation pénale et les mauvaises conditions de détention dans ces établissements. Nous lui avons indiqué qu’il y avait urgence à se pencher aussi sur ces problématiques. Les personnels exerçant les missions dans les départements d’outre-mer sont des personnels au même titre que ceux de la métropole et qu’il faut aussi répondre à leurs exigences.

La ministre nous annonce l’ouverture d’un nouvel établissement pour Basse-Terre en Guadeloupe et que c’est l’une des priorités pour le prochain triennal.

L’audience a duré plus d’une heure. La garde des Sceaux a écouté avec attention nos propos et nos revendications.

Cependant, nous restons très vigilants et attendons des gestes concrets et forts.

Les quelques annonces qu’elle nous a faites ne sont pas suffisantes pour améliorer nos conditions de travail.

Si la CGT Pénitentiaire continue à vouloir s’inscrire dans un dialogue social constructif, elle ne se privera pas de mener des actions avec les personnels pour être entendue.

Les paroles ne suffisent plus, Nous exigeons des actes !

Montreuil, le 24 mai 2013

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