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La CGT Pénitentiaire rencontre les personnels de Martinique et de Guadeloupe

mercredi 21 août 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le secrétaire général de la CGT pénitentiaire accompagné des responsables des sections CGT locales ont visité les établissements et SPIP de Martinique et de Guadeloupe.

Lors de ces visites, la CGT s’est entretenue avec les personnels et la direction des différents établissements et services.

Au regard des nombreuses difficultés rencontrées sur les terrains, la CGT a systématiquement relayé les inquiétudes et les revendications des personnels auprès des directions.

Il est à déplorer en détention une montée de phénomènes de violences et d’agressions liée au conditions de surpeuplement. Les personnels constatent dans le même temps que la population pénale est de plus en plus jeune. Il est à souligner que le département de la Guadeloupe connaît une recrudescence importante de la délinquance.

La CGT Pénitentiaire adresse son soutien inconditionnel aux personnels actuellement en accident de travail et restera très vigilante quant au suivi de ces différents dossiers.

Parmi les difficultés rencontrées dans ces établissements et ces SPIP, nous soulignerons plus particulièrement les suivantes :

- Une grande vétusté de l’établissement de Basse-Terre où les conditions de détention et de travail sont indignes et d’un autre temps.

- Une surpopulation ayant atteint un record historique au Centre Pénitentiaire de Ducos et de Baie Mahaut.

- Des conditions de détention indignes avec plus de 230 matelas au sol sur les deux départements.

- Un manque d’effectifs de tous les corps professionnels notamment dans les SPIP, où chaque travailleur social a en charge plus d’une centaine de mesures.

- Un nombre considérable de projections d’objets prohibés (Alcool, stupéfiants, téléphones etc...) et la découverte d’armes artisanales en grand nombre.

- Des personnes détenues seules sans surveillance, livrées à elles mêmes aux ateliers du CP Baie-Mahault et ayant ainsi accès à différents objets pouvant mettre en péril la sécurité de l’établissement.

- Les locaux des antennes SPIP de Guadeloupe sont inadaptés et ne répondent pas aux normes antisismiques pour les différentes antennes SPIP de Guadeloupe, et un nombre insuffisant de bureaux afin de recevoir le public.

- L’absence d’agents dédiés et formés à l’accueil dans les antennes SPIP. Afin de pallier cette carence d’effectifs, les CPIP assurent eux-mêmes l’accueil.

- Une déficience au niveau de la prise en charge des détenus avec peu d’activités, peu de travail et de formation professionnelle.

- Des difficultés de transferts de détenus qui multiplient les agressions et les incidents.

La CGT Pénitentiaire a pu obtenir auprès des directions certains engagements tels que :

- La demande des effectifs équivalents aux besoins liés à l’extension de Baie Mahaut et de Ducos.

- La demande d’un personnel technique supplémentaire à la maison d’arrêt de Basse Terre pour les cuisines.

- La demande de filets anti projection au CP de Baie Mahaut.

- Le transfert d’un détenu posant des problèmes particuliers.

- Le renouvellement des gilets par balle au CP Baie Mahaut.

- La demande de remplacement de gradés sur les établissements.

La CGT Pénitentiaire se félicite de l’ouverture enfin, du service SMPR du CP Baie Mahaut, et a fait savoir dors et déjà à la direction locale, qu’elle contestait l’hospitalisation uniquement de jour des détenus, ce qui augmentera la surcharge de travail des personnels affectés à ce service.

La CGT Pénitentiaire demande à nouveau au gouvernement la construction d’un nouvel établissement en Martinique et d’un établissement en Basse-Terre.

La CGT Pénitentiaire félicite l’ensemble des personnels pénitentiaires Martiniquais et Guadeloupéens pour leur professionnalisme, leur solidarité, leur courage dans l’exercice de leurs fonctions.
La CGT pénitentiaire soucieuse des difficultés pénitentiaires ultra marines, remercie les personnels rencontrés qui n’ont pas hésité à faire part de leurs préoccupations.

La CGT pénitentiaire suivra avec intérêt ces différents points localement et nationalement.

Les revendications plus générales sur les effectifs, les conditions de travail et charges de travail, et la construction de nouveaux établissements seront portées à tous les niveaux possibles.

La CGT Pénitentiaire ne manquera pas d’interpeler à nouveau la Mission Outre Mer ainsi que les ministères de la Justice et de l’Outre Mer. La CGT Pénitentiaire portera bien évidemment tous ces sujets auprès d’Isabelle GORCE qui prend ses fonctions en tant que directrice de l’administration pénitentiaire le 22 août.

Les réalités vécues entre outre-mer, tout comme en métropole doivent amener des réactions politiques à la hauteur de la situation.

Les arbitrages incertains et les calendriers parlementaires reportés indéfiniment en ce qui concerne le projet de réforme pénale ne sont pas de nature à nous rassurer sur un changement radical de paradigme pénal.

La surpopulation pénale atteint des records qui ne peuvent qu’intensifier les tensions et rendre les conditions de détention et de travail encore plus indignes. Dans les SPIP, les conditions d’intervention (locaux, accueil, charges de travail, budgets de fonctionnement et d’insertion sacrifiés) en milieu fermé et milieu ouvert sont déplorables et il est impératif d’enclencher des réflexions pour ne pas faire de la probation un mode de contrôle social généralisé au détriment d’autres réponses (prévention en général, éducation, santé, emploi, formation…).

La CGT Pénitentiaire exige les moyens nécessaires et une réelle ambition progressiste.
La CGT Pénitentiaire rappelle l’urgence d’une nouvelle politique pénale en rupture avec les politiques sécuritaires du « tout carcéral ».

Montreuil, le 21 août 2013

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