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La CGT boycottera Le CTAP du 20 février 2017

jeudi 16 février 2017  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

La CGT Pénitentiaire boycottera la réunion du comité technique paritaire de l’administration pénitentiaire (CTAP) du lundi 20 février 2017.

Il s’agira lors de cette séance, d’un CTAP de repli car l’ensemble des syndicats a voté contre trois projets lors du comité du 2 février. Lorsqu’un texte soumis dans cette instance est voté « contre » à l’unanimité « en première lecture », un nouveau CTAP dit « de repli » est convoqué, soit, lundi prochain. Dans ce cas, lors de cette « deuxième lecture », l’administration n’a besoin d’aucun vote pour adopter un sujet, ni de notre présence en terme de quorum !

Bien évidemment, la CGT siégerait lors de cette « deuxième lecture » si le dialogue social était tel, que nous pourrions faire bouger des lignes après avoir eu un réel débat. Or, rien de tout cela, car il faut, dans l’urgence, passer des textes « à la pelle », et ainsi prendre le risque d’aberrations à venir dans leurs contenus. Et bien sûr, sans étudier les moyens qui vont avec un projet donné. Sans compter les modifications d’ordre du jour, d’amendements de dernier instant présentés par l’administration, au mépris des délais. Cette même administration qui sait pourtant venir nous chercher lorsqu’elle souhaite monter un CTAP en 48h parce qu’il y aurait urgence !

Comme d’autres, la CGT avait demandé le 2 février, un temps supplémentaire de travail autour des projets « Quartiers d’Evaluation de la Radicalisation » (QER) et « binômes de soutien » dans le cadre de la détection des détenus radicalisés ou en voie de l’être. Ces sujets sont certes importants. Mais il y en a marre, comme pour les QER, que l’administration ouvre de nouveaux concepts sans étudier les besoins en moyens humains et sans prendre le temps de discuter organisation et missions. Ou comme sur le recrutement des binômes de soutien, sans même entendre qu’il faut une discussion statutaire sur les agents recrutés et sur leurs missions. C’est inadmissible d’embaucher des futurs psychologues et éducateurs spécialisés à 1800 € en CDD, sans perspective de carrière ! L’administration n’a même pas voulu entendre la nécessité d’écouter ce qu’auraient à dire les binômes déjà en fonction !

Enfin, sur le dernier texte relatif à la diminution des risques et dommages sanitaires en détention, aucune discussion n’est possible puisque le texte est imposé par « Matignon » en l’état ! Donc, sans débats ni amendements possibles !

Pour la CGT, il n’est pas question de voter des documents présentés comme à prendre ou à laisser…Dans ce cas, seuls des changements de virgules, points, titres ou mots sont acceptés ! Rien au fond n’est toléré !

Pour la CGT, il n’est pas plus question de cautionner la transformation insidieuse du CTAP en chambre d’enregistrement !
Quant au dialogue social, sa qualité ne doit pas être mesurée au nombre de réunions mais à la capacité réciproque et contractuelle à faire bouger les lignes et à faire réellement avancer les besoins des personnels et du service public. Tout comme ce n’est pas à la durée d’un comité qu’on mesure son efficacité. La dernière séance du 2 février a duré 10h, soit 10h d’un dialogue de sourds et de double jeu de la part d’une DAP irrespectueuse !

Par ce boycott, la CGT Pénitentiaire entend aussi montrer son ras le bol de la conception que se fait la DAP du dialogue social. Tout comme il n’est plus possible de supporter une administration bancale, où l’ensemble des collaborateurs « se barrent » dès qu’ils le peuvent. Et le prétexte du lieu géographique de la nouvelle DAP devient une piètre excuse. La crise de confiance est à tous les étages, le ministre doit ouvrir un débat serein pour résoudre une situation dégradée, délétère et porteuse d’énormes problèmes à venir !

Enfin et pour être polie, la CGT en a « plein le dos » du détricotage rampant des droits syndicaux. Bien qu’il s’y fût engagé, le DAP refuse de rouvrir la question de la gestion des articles 13. Pire encore, il couvre sans vergogne les DISP qui commencent à désosser les articles 16. Non, nous ne sommes pas des enfants gâtés ! Dans des boulots comme la Santé, la Police ou la Douane, là où des agents bossent 24h/24, les syndicalistes posent des jours syndicaux sur les RH. Pourquoi ? Parce qu’ils ont des administrations moins mesquines et moins revanchardes, qui ont compris qu’à partir du moment où un syndicaliste se rend à une réunion programmée alors qu’il est en RH sans article 13, s’il a un accident de trajet, il n’est pas couvert ! Ces administrations ont compris qu’elles seraient pointées du doigt le cas échéant !

Comme un curieux hasard, alors que le relevé de conclusion comportait un volet « droit syndical » (Une réflexion sera conduite sur l’amélioration et la qualité du dialogue social dans le respect des droits syndicaux au sein de l’administration pénitentiaire…), c’est le seul point qui ne fait l’objet d’aucun débat !

Ce qui se passe en ce moment sur de nombreux domaines relatifs au dialogue social version DAP, relève sans nul doute de ce qu’elle comprend du mot amélioration !

La CGT appelle le Ministre de la Justice à remettre de l’ordre dans une administration pénitentiaire qui part à vau-l’eau, pour ne pas dire plus, au détriment des personnels pénitentiaires et de leur service public !

Montreuil, le 16 février 2017

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