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Les syndicats européens demandent moins de prisonniers, et des meilleures prisons

mardi 31 mai 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Les syndicats européens demandent moins de prisonniers, et des meilleures prisons

Un grand rassemblement des syndicats européens du personnel pénitentiaire s’est réuni à Athènes du 11 au 13 mai 2011, afin de travailler ensemble sur les différentes problématiques et conditions de travail que rencontrent les établissements pénitentiaires en Europe.

Une délégation de la fédération syndicale européenne des services publics (FSESP), dont la CGT Pénitentiaire, a visité la prison de Korydallos, l’une des plus grandes prisons grecques et d’Europe.

La délégation, composée de représentants de 17 pays européens, a été consternée par les conditions de détention épouvantables et leurs conséquences pour le personnel.

La surpopulation carcérale et le manque de personnel affectent la santé et la sécurité du personnel comme des personnes incarcérées et hypothèquent la réinsertion des personnes détenues. Ceci est la conséquence de l’échec du gouvernement grec. Les problèmes sociaux ne sont pas traités, le seul recours est l’emprisonnement de façon expéditive.

Korydallos est initialement prévue pour de l’encellulement individuel. La réalité est tout autre : 2500 détenus y sont incarcérés pour une capacité de l’établissement de 900 places !!!
De plus, 2 surveillants gèrent 500 détenus par aile la journée … et un seul agent pour 280 détenus la nuit ! A tout moment, il n’y a qu’une seule infirmière de service pour 2500 personnes détenues ; imaginez donc le suivi médical des personnes incarcérées !!!

« La situation est dramatique dans Korydallos, et bien inférieure aux normes minimales des règles européennes. Face aux réductions sans précédent des dépenses publiques en Grèce ainsi que dans d’autre, nous ne voyons pas comment les gouvernements vont redresser la situation ni investir dans le personnel nécessaire pour mener à bien la mission de service public de la sécurité et de la réinsertion » a affirmé un camarade belge.

Ce fut aussi l’avis du professeur au centre international d’études pénitentiaires (Royaume-Uni) et corédacteur des Règles pénitentiaires européennes ainsi que d’un membre du parlement grec. La situation est aggravée par l’absence d’une politique européenne d’immigration cohérente et humaine. Cela signifie que les établissements pénitentiaires sont utilisés comme des parcs pour les personnes qui ne sont qu’à la recherche d’une vie meilleure.

Le jour de la conférence, les délégués ont aussi discuté de la privatisation des prisons à laquelle les gouvernements peuvent être tentés de recourir en raison des déficits et des dettes publiques, un choix auquel s’oppose la FSESP / OSYE au même titre que la CGT Pénitentiaire.

Montreuil le 31 mai 2011

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